24.10.2020, 09:23

Bande dessinée: Lucky Luke s’attaque au racisme dans un nouvel album

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"Un cow-boy dans le coton", qui sort vendredi, est le troisième épisode de Lucky Luke signé du scénariste Jul et du dessinateur Achdé.

Littérature Dans le nouvel album «Un cow-boy dans le coton», sorti vendredi, Lucky Luke s’attaque au racisme. Selon les spécialistes de l’histoire américaine, c’est plus ou moins réussi.

Lucky Luke, l’homme qui tire plus vite que son ombre, est confronté à un ennemi coriace dans sa nouvelle aventure: le racisme. Selon les spécialistes de l’histoire américaine, c’est plus ou moins réussi.

«Un cow-boy dans le coton», sorti vendredi, est le troisième épisode de Lucky Luke signé du scénariste Jul et du dessinateur Achdé. S’il a été conçu bien avant la mort de George Floyd aux mains de la police à Minneapolis le 25 mai, le mouvement de protestation antiraciste Black Lives Matter le rend d’autant plus d’actualité.

«Les Noirs étaient quasiment absents de l’univers de Lucky Luke», remarque Jul dans le dossier de presse. Mais «la résonance avec des questions brûlantes aujourd’hui est fortuite».

 

 

Quelques années après l’abolition de l’esclavage (en 1865), Lucky Luke hérite d’une plantation de cotons en Louisiane, un Etat où ce cow-boy découvre une société très différente de son Far West, avec une élite blanche raciste qui terrorise ses ouvriers agricoles noirs. On croise une jeune femme noire révoltée appelée Angela et le Ku Klux Klan.

Concernant le réalisme, les avis d’universitaires français, spécialistes de la période, sont partagés. Elodie Grossi, maître de conférences à l’université Toulouse Jean-Jaurès, déplore «une image romantisée des plantations de Louisiane, semblables à de grandes demeures opulentes, sans montrer la violence routinière et les conditions de vie et d’habitation des esclaves ou anciens esclaves».

Mais selon Nicolas Martin-Breteau, de l’université de Lille: «Très vite on voit que les travailleurs noirs sur les plantations vivent dans la pauvreté et la peur. Le travail historique me semble très bien fait».

 

 

Pour son confrère Michaël Roy, de l’université de Paris-Nanterre, une bande dessinée de 48 pages ne peut pas montrer toutes les nuances que traque un historien. «Les auteurs s’en tiennent donc à quelques représentations connues, à commencer par la plantation de cotons, alors qu’en Louisiane, c’est la canne à sucre qui prédomine».

Certaines parties ont séduit ce chercheur. «La définition qui est donnée du KKK, une 'société secrète pour faire régner la terreur et maintenir la suprématie des blancs', est rigoureusement exacte».

«Ce qui serait formidable maintenant, ce serait que la série change de regard sur les Indiens. Là, elle reste un peu caricaturale. On est dans une période de guerre, de déportation et de pure et simple extermination. Lucky Luke, personnellement il est gentil, mais il appartient à un groupe social, les cow-boys, qui a participé à cette guerre», remarque M. Martin-Breteau.

ATS

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