27.09.2017, 22:36  

«Il s’agit d’une grande histoire d’amour»

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La mère de Mathilde, 9 ans, va lui offrir une chouette....

 27.09.2017, 22:36   «Il s’agit d’une grande histoire d’amour»

«DEMAIN ET TOUS LES AUTRES JOURS» Une petite fille se confronte à la folie de sa mère. Signé Noémie Lvovsky, un conte cinématographique dont on sort bouleversé.

Après l’irrésistible «Camille redouble» en 2013, où elle remontait le temps, histoire de ravauder une vie partie en lambeaux, l’actrice et réalisatrice Noémie Lvovsky nous revient avec «Demain et tous les autres jours», où elle allie à la perfection sens du merveilleux et profondeur psychologique. Propos d’une cinéaste en état de grâce.

Comment vous est venue l’idée du film?

J’ai...

Après l’irrésistible «Camille redouble» en 2013, où elle remontait le temps, histoire de ravauder une vie partie en lambeaux, l’actrice et réalisatrice Noémie Lvovsky nous revient avec «Demain et tous les autres jours», où elle allie à la perfection sens du merveilleux et profondeur psychologique. Propos d’une cinéaste en état de grâce.

Comment vous est venue l’idée du film?

J’ai toujours eu envie de raconter une histoire d’enfance, mais j’ai mis beaucoup de temps à le faire, parce que l’enfance, c’est le pays de la solitude, du danger, de l’inquiétude et de l’imaginaire. Ce que je me suis dit dès le départ, c’est que j’allais raconter une histoire d’amour fou entre une petite fille et sa mère. Je ne voulais pas tomber dans la description de l’amour filial ou de ce que c’est que d’être mère, mais aborder le thème du point de vue de Mathilde (réd: prénom de la fillette) en montrant qu’à ses yeux, il s’agit d’une grande histoire d’amour!

La dimension du conte s’est-elle imposée d’emblée?

Avec Florence Seyvos, ma coscénariste, on s’est tout de suite dit qu’il fallait raconter cette histoire à hauteur d’enfant. Dès le moment où on était dans sa peau, le conte est venu naturellement. Je ne veux pas faire de généralités sur l’enfance, mais je crois que les enfants perçoivent le monde comme quelque chose de merveilleux et de dangereux à la fois. Et pour moi, le danger et le merveilleux sont forcément liés au conte.

Pourquoi avoir choisi une chouette comme confident de Mathilde?

Il lui fallait un ami pour qu’elle ne soit pas trop seule, mais aussi pour jouer le rôle du tiers au sein de son histoire d’amour avec sa mère. Sans tiers, cette histoire ne pouvait que mal finir. C’est comme ça qu’on a choisi un animal offert par sa mère. Comme si, dans un coin de son cerveau, elle avait l’intuition qu’il fallait un compagnon à sa fille pour l’aider, la secourir, comme dans la séquence de l’incendie. Que la chouette parle m’a alors semblé aller de soi!

Justement, cette séquence de l’incendie n’est-elle pas extrême?

Mathilde lutte tous les jours pour garder sa mère. Elle est vaillante et fervente et là je parle autant du personnage que de Luce Rodriguez, son interprète. Je pense qu’elle sent dès le départ qu’elle va perdre sa mère, mais sans savoir ni quand, ni comment. Elle veut que ça dure le plus longtemps possible et elle bataille pour la garder un jour de plus, puis un autre et encore un autre… L’incendie, j’y ai pensé en me demandant quelle pourrait être sa plus grande colère. Sa mère n’est pas là, elle a une fois de plus disparu, à Noël en plus, et sa fille s’exprime en mettant le feu.

Vous avez choisi de jouer le rôle de la mère de Mathilde, pour quelle raison?

J’ai senti pendant le casting que ça aidait Luce que je joue avec elle. Ça m’aidait également moi, en tant que réalisatrice, parce que je pouvais la guider encore mieux qu’en restant simplement spectatrice. Mais Luce me dirigeait aussi. Sans me donner d’indications, mais les niveaux de vérité qu’elle atteint m’ont obligée à être absolument juste.

Un jour, je lui ai demandé pourquoi elle tenait absolument à faire ce film parce que, normalement, c’est un travail d’adulte, et qu’on ne demande pas à un enfant de travailler. Elle m’a répondu qu’elle voulait passer du temps avec moi. Le plus précieux pour un film entre un acteur et un réalisateur, c’est leur union… Avec cette réponse, elle a montré qu’elle avait tout de suite intégré que jouer dans un film c’est entrer dans l’univers du cinéaste.

Maman est folle mais je l’aime

Septième long métrage de la toujours passionnante Noémie Lvovsky, «Demain et tous les autres jours» décrit la lutte obstinée de la petite Mathilde (formidable Luce Rodriguez) pour garder à tout prix sa maman auprès d’elle, alors que celle-ci est guettée par la déraison.

A la façon d’une comptine enfantine, ce grand film d’amour fou égrène les jours comme autant de chapitres, du lundi au dimanche qui tiendra lieu d’épilogue bouleversant. Consciente du dérèglement dont souffre sa mère, la fillette se risque souvent à entrer dans son jeu pour tenter de la ramener à la raison (et le plus souvent à la maison).

Son père (Mathieu Amalric) a pris ses distances, mais veille au loin comme une sentinelle bienveillante, respectueux du lien qui unit sa fille à son ex-compagne. Dans un moment de lucidité, celle-ci offrira à Mathilde un chouette symbole de clairvoyance et de sagesse… A la frange du conte fantastique, rarement cinéaste aura réussi à si bien restituer la psyché mystérieuse de l’enfance!

de Noémie Lvovsky, avec Luce Rodriguez, Noémie Lvovsky, Mathieu Amalric..., Durée: 2h08. Age légal/conseillé: 14/16


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