Benoît XVI n'est pas le premier pape à se retirer

Benoît XVI a annoncé qu'il démissionnerait à la fin du mois de février. Un acte quasiment inédit dans l'histoire de l'Eglise.
07 août 2015, 10:59
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le pape Benoît XVI enverra son premier tweet le 12 décembre à l'occasion de Notre-Dame de Guadeloupe.

Le souverain Pontife Benoît XVI a annoncé ce lundi sa démission. Celle-ci devrait prendre effet le 28 février de la même année, à 20 heures. Il a expliqué que l'état de ses forces ne lui permettait plus d'assurer sa fonction. 

La décision de Benoît XVI de renoncer à son poste est un événement quasiment inédit dans l'histoire de l'Eglise.

Le seul précédent connu remonte à plus de sept siècles et à l'abandon volontaire du trône du pape par Célestin V en 1294.

Célestin V, unique précédent de pape démissionnaire

Le seul précédent connu remonte à plus de sept siècles et à l'abandon volontaire du trône du pape par Célestin V en 1294.

Saint Célestin V renonça à sa fonction l'année même de son élection. Il avait vécu en ermite jusqu'à sa désignation comme pape, et ne se sentait pas prêt à assumer ce rôle dans l'Eglise.

Né en 1215, d'origines modestes, Pietro del Morrone vit comme moine bénédictin dans les Abruzzes lorsque les douze cardinaux du conclave de Pérouse viennent lui annoncer son élection en juillet 1294. L'élection d'un inconnu devait mettre fin à la guerre entre Guelfes et Gibelins pour la succession de Nicolas IV, décédé deux ans auparavant.

Pietro del Morrone prend le nom de Célestin V et transfère la cour à Naples. Mais le nouveau pape expose très vite les raisons qui l'empêchent d'assumer sa fonction: son humilité et sa santé. Il abdique le 13 décembre 1294, en accord avec ses cardinaux.

Le 24 décembre, Benoît Gaetani est élu pour lui succéder sous le nom de Boniface VIII et il maintient Célestin de force à ses côtés. Le moine tente de s'échapper et de rejoindre son ordre, qui prendra le nom de "Célestins" mais il est rattrapé par les gardes du pape. Célestin V décède en 1296 et est enterré dans l'église de son ordre à l'Aquila.

D'autres départs

D'autres papes se sont retirés dans des circonstances historiques particulières plus ou moins connues, mais il ne s'agissait pas de démission à proprement parler.

Ainsi, Martin Ier, arrêté puis exilé en Grèce en 653 par l'empereur d'Orient, aurait approuvé tacitement l'élection faite de son vivant d'un autre pape, Eugène Ier. Trois siècles plus tard, en 964, Benoît V, souvent présenté comme un antipape, était déposé par l'empereur Otton Ier, et acceptait la sentence, renonçant de ce fait au pontificat.

On sait par ailleurs que le pape Jean XVIII est mort en 1009 à Rome comme simple moine de Saint-Paul-hors-les-Murs, que le pape Sylvestre III, expulsé par son rival Benoît IX en 1045, ne s'est plus occupé ensuite que de son diocèse, et que le même Benoît IX abdiqua quelques mois plus tard en faveur du pape Grégoire VI.

Enfin, après Célestin V, le pape Grégoire XII renonça lors du Concile de Constance en 1415, et se retira comme simple cardinal-évêque. C'était l'époque du grand schisme d'Occident, et l'Eglise se trouvait alors en présence de trois papes concurrents.