Enchères: un bronze de Rodin adjugé 260'000 euros à Rouen

Dimanche, à Rouen, une sculpture en bronze d'un "Bourgeois de Calais" d'Auguste Rodin, a été adjugée pour 260'000 euros, soit près de deux fois sa valeur estimée.
07 août 2015, 15:19
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
La sculpture de bronze d'Auguste Rodin "Les bourgeois de Calais", lors d'une exposition.

Un bronze d'Auguste Rodin a été adjugé 260'000 euros (268'000 francs) hors frais au cours d'une vente aux enchères, dimanche à Rouen (ouest), a-t-on appris auprès de la commissaire-priseur. Il s'agit d'une réduction d'un des six "Bourgeois de Calais", Jean d'Aire.

La sculpture, signée Rodin sous le pied gauche et qui porte dans son socle le cachet du fondeur parisien Alexis Rudier, était évaluée à entre 100'000 et 150'000 euros, a souligné la commissaire-priseur Delphine Fremaux-Lejeune, de la maison de ventes Normandy Auction.

"C'était une pièce mythique, c'est un morceau d'histoire", s'est enthousiasmée Mme Fremaux-Lejeune. "Elle a été réalisée du vivant de l'artiste et on peut la dater entre 1910 et 1917", a-t-elle ajouté.

La sculpture est une réduction d'une cinquantaine de centimètres d'un des personnages du Monument des Bourgeois de Calais. Elle a été commandée en janvier 1885 par cette ville du nord de la France afin d'immortaliser le courage de six Bourgeois qui se sacrifièrent pour sauver leur ville en 1347, pendant la Guerre de cent ans contre les Anglais.

Succès du vivant de Rodin

"Les Bourgeois de Calais ont été faits grandeur nature", a expliqué Mme Fremaux-Lejeune. Après la réalisation du monument, "Rodin a dû avoir une commande du Jean d'Aire", a-t-elle ajouté. Les réductions en bronze des Bourgeois de Calais ont connu dès le vivant de Rodin un très grand succès, rappelle le catalogue de la vente.

Cette oeuvre-ci a appartenu au collectionneur Alphonse Kann, spolié en 1940 par l'occupant nazi, a expliqué Mme Fremaux-Lejeune selon laquelle "les Américains ont retrouvé le bronze en 1946 à Berlin et l'ont restitué à la famille d'Alphonse Kann". L'oeuvre est ensuite entrée dans une collection privée, en France, en 1950.

L'identité de l'enchérisseur final, à l'étranger, n'a pas été communiquée.