L'obsession de l'écriture

Dans "Un stylo dans la tête", à voir au Théâtre de Beausobre, un auteur s'inspire de ses amis pour écrire une comédie.
07 août 2015, 11:15
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
data_art_6972681.jpg

"Un stylo dans la tête" raconte l'histoire d'une déviance. Celle de mélanger son entourage à son travail lorsque l'on est auteur dramatique de renom. Dans cette comédie, l'écrivain en question est interprété par Francis Perrin, acteur issu de la Comédie française. Son personnage, Victor Aubrac, réunit ses meilleurs amis pour une soirée qui s'annonce festive et conviviale. Mais l'ambiance se gâte lorsque l'auteur annonce à ses convives que sa prochaine pièce, une comédie qu'il annonce hilarante, s'inspire de chacun d'eux. Les invités réagissent avec consternation. Un galeriste homosexuel, une avocate déprimée et deux soeurs névrosées, entre autres: le public va découvrir un éventail de personnages qui refusent que leur vie privée serve à alimenter des écrits comiques.

 

"Un vrai sujet"

 

Autour de la tête d'affiche qu'est Francis Perrin, cinq actrices et acteurs ont été réunis pour cette pièce, par le metteur en scène Jean-Luc Moreau. Egalement réalisateur et comédien, ce dernier n'a pas moins de 85 mises en scène à son actif. Ce n'est pas la première fois qu'il collabore avec Jean Dell, qui a signé "Un stylo dans la tête". Pour cette comédie, présentée au Théâtre de Beausobre jeudi, Jean-Luc Moreau parle "d'un vrai sujet" . C'est la raison pour laquelle la pièce l'a séduit.

"Le personnage vole la vie des gens pour un spectacle" , lance le metteur en scène. Peut-on faire rire avec le vécu de son entourage? Le metteur en scène se confronte à cette vaste question au quotidien dans son travail. Et a trouvé sa réponse: "Il faut se créer des frontières morales. Je ne suis pas d'accord d'attaquer le physique des personnes que l'on connaît, par exemple. Finalement, sur scène, on peut parler de tout, sauf de l'intime! La représentation sociale, c'est un jeu, on peut s'en moquer. Mais l'intime, ce n'en est plus un."

 

L'humour part du drame

 

Pour interpréter le personnage de Victor Aubrac, au coeur de cette comédie, le metteur en scène ne pouvait trouver meilleur candidat que le comédien Francis Perrin. "Il a un talent comico-dramatique particulier. Francis Perrin possède un ressort tragique très intéressant. Dans "Un stylo dans la tête", il se défend face à ses invités sur un ton très grave. Il n'est pas du tout sur le mode de la légèreté. Pourtant, le public rit. Peu d'acteurs savent faire cela." Pour Jean-Luc Moreau, le drame est le point de départ nécessaire pour monter une comédie théâtrale. "J'aime quand le comique s'appuie sur la vérité. J'incite toujours les acteurs à avoir un jeu dramatique et à s'appuyer sur des sentiments justes, pour faire rire."

Entre Francis Perrin et Jean-Luc Moreau, l'amitié ne date pas d'hier. Les deux hommes se connaissent depuis quarante ans. Du coup, sur les planches comme à la ville, ils se connaissent par coeur. "Nous sommes très complices. Et quand on est complice, on a confiance en l'autre. Dans le travail, je ne lui tendrai jamais de pièges et il le sait. Je tiens à ce qu'il se trouve dans de bonnes conditions pour jouer son rôle." Dans leurs parcours parallèles, l'un a dirigé l'autre et vice et versa. Du coup, les deux comparses vont très vite dans la création et se comprennent tout de suite. "Nous avons notamment été partenaires dans "Chat et souris" qui a été un grand succès, avec 450 représentations en deux ans. Et, prochainement, nous allons rejouer ensemble. C'est toujours un plaisir de se retrouver."

 

"Un stylo dans la tête"
Théâtre de Beausobre, Morges
Jeudi 18 avril, 20 h
Rens: 021 804 97 16.
www.beausobre.ch