Le prix Goncourt à Pierre Lemaitre, le Renaudot à Yann Moix

Le prix littéraire Goncourt a été attribué lundi à Paris à Pierre Lemaitre pour "Au revoir là-haut". Le Renaudot est allé à Yann Moix pour "Naissance".
07 août 2015, 11:58
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Pierre Lemaître fait partie des favoris avec son roman "Au revoir là-haut".

L'attribution du Goncourt et du Renaudot a été annoncée, comme le veut la tradition, au restaurant parisien Drouant.

Les jurés du Goncourt ne se sont mis d'accord qu'au douzième tour sur "Au revoir là-haut", édité chez Albin Michel, époustouflant roman sur une génération perdue, les démobilisés de la Première Guerre mondiale, sacrifiés par une France exsangue après quatre ans d'horreur dans les tranchées. L'auteur, qui était l'un des favoris, a été choisi par le jury par six voix contre quatre à Frédéric Verger pour son premier roman, "Arden" (Gallimard).

Le Renaudot au premier tour

En revanche, les jurés du prix Renaudot se sont mis d'accord dès le premier tour sur "Naissance" de Yann Moix, aux éditions Grasset, un ouvrage dense de près de 1200 pages qui débute par la venue au monde de l'auteur sous les insultes de ses parents.

"Naissance" a remporté 6 voix. Le reste des voix s'est réparti sur Etienne de Montéty pour "La Route du salut" (Gallimard), Charif Madjalani pour "Le dernier seigneur de Marsad" (Seuil), et Romain Puértolas pour "L'extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea" (Le Dilettante).

Manque de femmes

Avant l'annonce des prix, alors que journalistes et photographes se bousculaient, une petite dizaine de militantes du mouvement féministe La Barbe ont brièvement pénétré dans le restaurant Drouant pour lire un manifeste de protestation contre le manque de femmes dans les jurys et la liste des candidats.

"Messieurs de l'Académie Goncourt, La Barbe est à vos côtés pour célébrer la gloire du verbe masculin", a lancé une militante. "Chers jurys du Goncourt, en 110 ans, et 109 prix remis, vous avez honoré 99 fois de mâles et talentueux écrivains", ironisait le mouvement sur son compte Twitter.