Le retrait de Swisscom n'a que peu d'influence sur le budget de Paléo

Les organisateurs du Paléo avaient manifesté leur inquiétude à l'annonce par Swisscom de la fin du sponsoring des festivals de musique. Mais les 170'000 francs en moins dans un budget de 24 millions n'ont que peu d'incidence réelle.
07 août 2015, 13:59
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Malgré le départ de Swisscom, les festivaliers ont le wifi gratuit et peuvent toujours recharger leurs téléphones.

Le retrait de Swisscom de la liste des sponsors n'aura eu que peu d'incidence sur le budget du Paléo Festival de Nyon (VD). Et les festivaliers continueront à profiter de bornes de chargement de téléphone, de l'application smartphone et même - et c'est une première - du wifi gratuit.

Tout y est. Les bénévoles plaisantins qui distribuent le programme à l'entrée, le doux fumet du kebab mêlé aux effluves de magret et de gaufres, le medley de djembés, soundchecks et concerts en toile de fond et même la boue. Tout, ou presque: la terrasse bleue qui abritait Swisscom devant la grande scène du Paléo Festival a pris la couleur orange de Migros.

Depuis cette année, l'opérateur historique ne sponsorise plus les festivals de musique. "Nous étions noyés au milieu de tant d'autres sponsors. Nous voulons concentrer nos ressources sur des événements où nous avons davantage de visibilité. Avec des partenariats exclusifs", explique Christian Neuhaus, porte-parole de Swisscom. Outre le Paléo, Festi'Neuch et Le Chant du Gros sont aussi concernés par cette décision en Suisse romande.

Pour le festival nyonnais, qui draine 230'000 spectateurs par an, ce retrait, après douze ans de partenariat, a eu peu de conséquences. "Le sponsoring représente 19% des 24 millions de francs de notre budget", indique Jacques Monnier, responsable du sponsoring du Paléo. "Et la part de Swisscom représentait moins de 0,7%". Un montant d'environ 168'000 francs "absorbable pour le festival".

"Au pire, le billet coûterait 20 francs de plus"

Une sécurité pour le Paléo, qui tient à une certaine indépendance. "Si, dans le pire des cas, nous devions nous retrouver du jour au lendemain sans sponsor, l'événement pourrait survivre. Mais les festivaliers devraient débourser une vingtaine de francs de plus pour chaque billet", explique Jacques Monnier.

Outre le soutien financier, l'opérateur offrait également un partenariat technique très pratique pour les festivaliers. Notamment une application mobile, avec programme des concerts, plans et horaires de bus et de trains.

"Nous avons continué à la développer, via la société canadienne Greencopper et grâce à nos trois principaux sponsors, La Mobilière, Migros et la Banque cantonale vaudoise". Son coût ? "Plusieurs dizaines de milliers de francs", glisse Jacques Monnier sans en préciser davantage.

Une start-up prend le relais

Le géant bleu offrait également un service de recharge de téléphones portables. "Nos festivaliers avaient intégré cette prestation, il était important qu'ils puissent compter dessus", explique Jacques Monnier. Une aubaine pour la start-up alémanique Strom Tank, qui a installé son stand à quelques mètres de la terrasse.

Son cofondateur Matthias Kyburz a flairé le filon. " Dès l'annonce du départ de Swisscom, nous nous sommes lancés et nous avons démarché tous les festivals concernés". Et le succès est au rendez-vous: sur les 800 bornes de chargement, il n'en restait qu'une poignée de libres, mardi, en milieu de soirée.

Devant le stand, bottes aux pieds et smartphone à la main, ces deux jeunes festivalières sont soulagées, elles pourront appeler le reste du groupe plus tard. "Mais c'est quand même un peu embêtant de devoir payer". Autrefois gratuite, la prestation coûte désormais 2 francs.

Surf gratuit entre deux concerts

Et puis, grande nouveauté cette année, les festivaliers ont accès au réseau Internet sans fil. Gratuit et illimité, dans des zones bien spécifiques, autour des tables, à l'écart des scènes. Là aussi, quelques dizaines de milliers de francs de mise en place du wifi et frais de fonctionnement. "Un cadeau du Paléo à ses festivaliers", sourit Jacques Monnier.

Ni Sunrise, ni Orange pour remplacer Swisscom

Malgré la renommée et les 230'000 spectateurs de l'événement, Orange et Sunrise n'ont pas souhaité prendre la place de l'opérateur historique.

"Le Paléo, c'est une belle plateforme pour un opérateur de télécommunications", selon Jacques Monnier, responsable du sponsoring du festival. Outre le fait de voir son logo associé à l'événement, c'est pour lui l'occasion d'étendre sa présence auprès de ses clients et un plus large public, à travers une série de prestations techniques. Le géant bleu offrait aux festivaliers une application smartphone et des stations de chargement de téléphone.

L'open-air nyonnais a donc logiquement cherché à le remplacer par l'un de ses concurrents. "Nous avons reçu une demande de leur part, mais nous l'avons déclinée ", confirme à l'ats Therese Wenger, porte-parole d'Orange. Le numéro deux des télécoms en Suisse souhaite approfondir ses partenariats existants, même s'il n'exclut pas d'en conclure de nouveaux à l'avenir.

Nom associé à l'événement

"Mais nous favorisons des événements auxquels nous pouvons directement associer notre nom et notre identité, sur le modèle d'OrangeCinéma", souligne Therese Wenger. "Il ne s'agit donc pas simplement de verser une somme d'argent". Mais bien de créer une marque. "Le Paléo, restera le Paléo. Et Orange ne serait qu'un sponsor parmi d'autres. Nous voulons davantage de visibilité".

C'est notamment ce manque de visibilité qui a poussé Swisscom à réorienter ses soutiens financiers, comme le rappelle Christian Neuhaus, porte-parole du géant bleu.

Sunrise est de son côté mobilisé par le lancement de deux nouveaux produits d'abonnements fixes et mobiles. "Nous concentrons actuellement nos efforts de marketing et de communication sur ces produits lancés ces derniers mois", relève Markus Werner, porte-parole du numéro trois de la téléphonie en Suisse.

"Nous renonçons pour le moment à sponsoriser des événements", indique-t-il encore, sans préciser davantage.