"Nous ne faisons pas de recette avec les gobelets non récupérés"

Quelque 100 000 verres en plastique quittent chaque année la plaine de l'Asse, emportés par les festivaliers.
07 août 2015, 13:59
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Depuis leur introduction en 2009, les verres en plastique réutilisables font désormais partie intégrante de l'image d'Epinal du festival. Une gloire telle, que les fameux gobelets disposent même d'un groupe Facebook: Les amis du gobelet de Paléo. Certains en ont fait un objet de convoitise et guettent avec impatience l'arrivée de la nouvelle collection. Car les gobelets changent de robe chaque année, pour être en phase avec la thématique visuelle voulue par l'affiche du festival. "Suivant les années, nous les déclinons en six à sept motifs différents" , indique Stéphane Demaurex, chef de projet et responsable de ce secteur.

Sur les 850 000 verres en circulation - 550 000 lors du lancement de l'opération - un peu moins de 100 000 quittent définitivement la plaine de l'Asse, emportés (in)volontairement par les festivaliers dans leur besace. "En 2009, le nombre de gobelets non récupérés était plus important. Depuis, nous constatons une tendance à la baisse" , relève Stéphane Demaurex. "Les gens en collectionnent quelques-uns, puis ramènent ceux qu'ils aiment moins lors des éditions suivantes."

De quoi constituer une source de revenu supplémentaire non négligeable pour le festival? "Nous ne faisons pas de recette avec les gobelets non récupérés. Avec la location des machines, les 150 personnes qui travaillent au lavage et le rachat de 120 000 à 150 000 verres chaque année, pour remplacer ceux qui ont été abîmés, usés ou emportés, nous dépensons plus que ce que peuvent nous rapporter les verres non récupérés" , précise Stéphane Demaurex. "Nous ne poussons pas les gens à repartir avec leur verre, car nous aurions rapidement des problèmes à approvisionner les différents bars. Mais c'est un phénomène, dont nous tenons évidemment compte dans notre budget de 300 000 francs."

 

Couvrir les frais

 

Selon l'estimation de ce pionnier du récipient non jetable, la marge de plus de 150 000 francs dégagée annuellement par l'encaissement de la consigne - elle se monte à deux francs - couvre environ la moitié des frais engagés.

Si Paléo ne s'enrichit donc pas avec ce système, certains profitent-ils malgré tout de faire de l'argent? "Nous n'avons pas constaté une explosion de vols de gobelets, comme cela s'est produit aux Fêtes de Genève. Mais ceux qui délaissent leur verre, risquent bien de le voir disparaître", note Stéphane Demaurex. Un risque de chapardage ou de recel d'autant moins accru sur la plaine de l'Asse qu'environ 20 000 gobelets destinés aux zones privatives du festival ne sont pas consignés. DGO