Une taskforce décidera du sort de la collection Gurlitt

Un groupe de travail va faire l'inventaire des tableaux de la collection Gurlitt et déterminera quelles oeuvres resteront en Allemagne et quels tableaux seront amenés à Berne,
07 août 2015, 14:29
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
FILE - The Nov. 13, 2013 file photo shows a painting from Max Liebermann "Zwei Reiter am Strande" ("Two riders on the beach") that is projected on a screen during a news conference in Augsburg, southern Germany. A Swiss museum agreed on Monday, Nov. 24, 2014 to accept a priceless collection of long-hidden art bequeathed to it by German collector Cornelius Gurlitt, but said it will work with German officials to ensure any pieces looted by the Nazis from Jewish owners are returned. German authorities in 2012 seized 1,280 pieces from Gurlitt's apartment while investigating a tax case. Gurlitt died in May, designating Switzerland's Kunstmuseum Bern as his sole heir.  (AP Photo/Kerstin Joensson)

Le groupe de travail "Schwabing", mis sur pied pour déterminer l'origine des tableaux de la collection Gurlitt, décidera quelles oeuvres doivent rester en Allemagne et quelles oeuvres peuvent être transférées à Berne. L'examen a déjà commencé et devrait durer jusqu'en 2015.

Le groupe de travail, présidé par la juriste allemande Ingeborg Berggreen-Merkel et réunissant un panel d'experts nationaux et internationaux, a déjà commencé à faire l'inventaire des oeuvres et à déterminer qui sont leurs propriétaires d'origine.

Pour le moment, 499 oeuvres, sur un total d'environ 1600, ont une provenance qui est sujette à caution. Elles ont été rendues publiques sur le site de la taskforce, lostart.de.

Pas d'oeuvre sensible sur sol suisse

Le Musée bernois ne recevra aucune oeuvre soupçonnée d'avoir été spoliée ou vendue sous la contrainte durant la période nazie. "Aucune pièce sensible ne franchira le seuil du musée ni même la frontière suisse", a souligné avec force le président du conseil de fondation du musée, Christoph Schäublin. L'institution bernoise accueillera uniquement celles dont la provenance n'a pas été jugée problématique.

Si le groupe d'experts conclut qu'une oeuvre a bien été volée ou vendue sous la contrainte durant la période nazie, elle restera dans un premier temps en Allemagne. Les autorités allemandes se chargeront ensuite, à leurs frais, de restituer les oeuvres en question à d'éventuels ayants-droit.

Restitutions immédiates

Aujourd'hui, trois oeuvres peuvent faire l'objet d'une "restitution immédiate", a indiqué lundi matin lors de la conférence de presse la ministre allemande de la Culture, Monika Grütters.

Il s'agit du tableau "Femme assise" d'Henri Matisse qui appartenait au marchand d'art français juif Paul Rosenberg, grand-père de la journaliste Anne Sinclair. La deuxième est le tableau "Deux cavaliers sur la plage" de Max Liebermann qui appartenait au collectionneur juif David Friedmann. Enfin, un dessin de l'artiste allemand Carl Spitzweg, représentant une femme au piano, doit être rendu aux héritiers de l'éditeur de musique Henri Hinrichsen, assassiné à Auschwitz en 1942.

"Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour restituer dès que possible les oeuvres d'art pillées par les nazis aux descendants des victimes du régime nazi", a déclaré à ce sujet Monika Grütters.