06.12.2017, 22:57  

Hommage d’un fils à sa mère

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D’abord connu comme humoriste, Patrick Timsit adapte aujourd’hui un texte sombre, «Le livre de ma mère»,  de l’écrivain Albert Cohen.

 06.12.2017, 22:57   Hommage d’un fils à sa mère

Par info@lacote.ch

MORGES Le comédien Patrick Timsit se dévoile en adaptant «Le livre de ma mère». Un seul en scène à voir le mardi 12 décembre à Beausobre. Interview.

Patrick Timsit n’a pas peur des grands écarts. D’abord connu comme humoriste, puis aperçu dans un grand nombre de comédies françaises, le comédien adapte aujourd’hui un texte sombre, «Le livre de ma mère», de l’écrivain Albert Cohen, paru en 1954. Il l’avait découvert il y a trente ans, lors de ses débuts sur scène. Il le portait en lui...

Patrick Timsit n’a pas peur des grands écarts. D’abord connu comme humoriste, puis aperçu dans un grand nombre de comédies françaises, le comédien adapte aujourd’hui un texte sombre, «Le livre de ma mère», de l’écrivain Albert Cohen, paru en 1954. Il l’avait découvert il y a trente ans, lors de ses débuts sur scène. Il le portait en lui depuis. A 58 ans, il dévoile son intimité dans un seul en scène qui rend hommage à sa propre mère et à toutes les mères. Grand écart toujours, le Français alterne en ce moment la promotion de la pièce et celle du film «Stars 80, la suite.» «Une bonne petite gymnastique très agréable. Je n’échangerais pas ma place», dit-il en décrochant son téléphone, quelques jours avant sa représentation à Beausobre, mardi prochain.

Tout part de cette rencontre avec «Le livre de ma mère» d’Albert Cohen, il y a 30 ans de cela. L’interpréter sur scène était donc un rêve de longue date…

C’est le texte qui m’a accompagné durant mes ateliers de théâtre. Je commençais déjà à sélectionner des passages que je récitais sur scène devant mes camarades. A ce moment-là, j’ai senti que ce livre et moi avions rendez-vous. J’ai attendu toutes ces années avant de me lancer car je voulais avoir la maturité d’un homme qui a fait un bout de chemin dans la vie, qui commence à avoir certaines réflexions. Et il fallait adapter ce livre en spectacle. C’est en rencontrant Dominique Pitoiset, le metteur en scène, que j’ai compris que ce moment était venu.

Si ce livre a été écrit par l’auteur après le décès de sa mère, au fond, il reste un hommage universel d’un fils à sa mère…

C’est un hommage à toutes les mamans du monde. Et en particulier aux «mères juives», ce qui est devenu une expression pour caractériser les mères «trop». Lorsque j’ai dit à ma propre mère de ne pas venir voir le spectacle par peur que cela me perturbe, elle n’a pas compris. Elle m’a répondu: «Je suis vivante! Je ne vois pas pourquoi je n’assisterais pas à cet hommage.»

Le spectacle redonne de l’importance aux relations familiales, notamment avec nos aînés. Pensez-vous que ces valeurs se perdent aujourd’hui?

Avant, les gens vivaient dans de grandes maisons car toute la famille y habitait. On n’abandonnait pas nos aînés. Aujourd’hui, c’est comme si chacun était trop occupé et avait ses raisons pour ne plus prendre le temps de voir ses parents. Je m’inclus aussi dans le lot! Ça peut se transformer en regret éternel d’être passé à côté de la douceur des moments passés avec eux. C’est tellement précieux. Comme je le dis dans le spectacle: «Ce que tu as fait à tes parents, tes enfants te le feront.»

Vous dévoilez beaucoup de votre intimité dans cette pièce. Vous diffusez notamment vos propres images d’archives, où l’on vous voit enfant aux côtés de vos parents. Pourquoi ce choix?

Ces images sont très fortes, elles permettent d’en dire beaucoup. Au début, j’avais gardé le secret, je n’avais pas révélé qu’il s’agissait de moi. Le but n’était pas de me montrer. Finalement, ça a été dévoilé lors d’une émission de télévision. Ces films sont témoins du temps qui passe, ils me permettent de rendre hommage chaque soir aux gens disparus que l’on voit à l’écran. Cela s’inscrit bien dans ce spectacle qui est profondément intime.

Malgré le sujet, il y a aussi beaucoup de légèreté. Comment avez-vous fait pour ne pas tomber dans le pathos?

Tout d’abord par les choix d’extraits de texte, mais aussi en changeant parfois le ton. On n’est pas dans un récit de l’ancien temps, mais dans une histoire racontée là, ici, maintenant. J’ai changé certains mots et certaines conjugaisons. Mais le texte avait déjà un ton léger lorsqu’il comparait la vie à une farce ou quand l’auteur écrivait dans un style direct ou dans un langage familier.

Parmi les différents métiers artistiques que vous exercez, que vous apporte le théâtre?

Le théâtre, c’est le rendez-vous au quotidien. C’est ça qui est fantastique. On n’est jamais dans les mêmes conditions que la veille. Nos humeurs sont différentes, alors le spectacle l’est aussi. On sait que les gens vont venir nous écouter pour une raison, car on a une histoire à leur raconter.

INFO +

«Le livre de ma mère», d’après le livre d’Albert Cohen Mardi 12 déc, 20h, Théâtre de Beausobre, Morges. Tarif: 68 fr./58 fr./48 fr. www.beausobre.ch


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