Attaque d'Orly: les enquêteurs cherchent à établir les motivations de l'assaillant

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France L'enquête suit son cours au lendemain de l'attaque à l'aéroport de Paris Orly. Le procureur le décrit comme un individu extrêmement violent, avec une intention terroriste.

  19.03.2017, 10:37
L'aéroport avait dû être évacué en totalité.

Un Français de 39 ans a été abattu samedi par les forces de sécurité à l'aéroport d'Orly-Sud, près de Paris, après avoir attaqué une patrouille militaire de l'opération Sentinelle. Dimanche, les enquêteurs cherchaient à établir les motivations de l'assaillant.

Ce braqueur multirécidiviste de 39 ans, signalé comme radicalisé en prison, s'est dit prêt à "mourir" au nom d'Allah en s'attaquant à une militaire en patrouille samedi matin dans le terminal Sud de l'aéroport, avant d'être abattu par deux autres militaires.

 

"Posez vos armes! Mains sur la tête! Je suis là pour mourir par Allah. De toute façon, il va y avoir des morts", a-t-il crié pendant l'attaque qui a provoqué une évacuation partielle de l'aéroport et un confinement de passagers.

Le gouvernement a expliqué qu'il n'avait pas réussi à prendre l'arme. Mais, selon des sources proches de l'enquête, il est bien parvenu à s'en saisir après un corps-à-corps, avant d'être abattu.

Témoignage du père

"Il se débat avec la militaire pour lui prendre son Famas. La lutte dure un temps assez long, peut-être 30 secondes ou une minute. Il arrive à faire passer le Famas au-dessus de la tête de la militaire et il met la sangle dans son dos", a détaillé une de ces sources.

Le trafic aérien avait été fortement perturbé, avec une suspension de plusieurs heures, samedi dans le ciel parisien après l'attaque. Dimanche, le trafic était revenu normal, selon son gestionnaire, Aéroports de Paris.

Le père de l'agresseur a exprimé son incompréhension, incriminant ses "fréquentations" et "la drogue". "Mon fils n'a jamais été un terroriste. Jamais il n'a fait la prière et il (buvait). Et sous l'effet de l'alcool et du cannabis, voilà où on arrive", a témoigné dimanche matin cet homme choqué sur la radio Europe 1.

Une autopsie devait avoir lieu afin de déterminer si l'assaillant était sous l'emprise de substances - alcool ou stupéfiants.

Casier judiciaire chargé

Une enquête a été ouverte notamment pour tentative d'homicide et d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Après l'attaque, le père, un frère et un cousin s'étaient spontanément présentés samedi à la police. Le frère et le cousin ont été relâchés dimanche soir . La garde à vue du père avait cessé dès samedi soir.

 

Pour l'heure, rien n'explique le passage à l'acte de ce Français d'origine tunisienne au casier judiciaire chargé - neuf mentions, principalement pour des violences et du trafic. L'agression a suivi une folle équipée entamée samedi tôt au nord de Paris pour s'achever à l'aéroport d'Orly, au sud de la capitale, moins de deux heures plus tard.

Arrêté peu avant 07h00 à un contrôle routier, il tire au revolver à grenailles sur des policiers, en blessant légèrement un à la tête, et prend la fuite. Il réapparaît à une trentaine de kilomètres de là, dans la banlieue sud, où il vole une voiture, pour gagner ensuite l'aéroport d'Orly-Sud.

La préméditation n'est pas établie

Entre-temps, il a appelé son père pour lui avouer avoir "fait une connerie", a raconté ce dernier, et lui a demandé son "pardon", que le père lui refuse car "il a touché à un gendarme". "On ne sait pas si le contrôle routier a été l'élément déclencheur du passage à l'acte ou s'il a pu y avoir une préméditation", a indiqué une source proche de l'enquête.

 

L'assaillant se trouvait dans "une sorte de fuite en avant avec un processus de plus en plus destructeur", a commenté samedi soir le procureur de Paris François Molins, qui a décrit "un individu extrêmement violent", avec une intention terroriste.

Pour le magistrat, plusieurs éléments désignent Ziyed Ben Belgacem comme un homme déterminé à "aller au bout de ce processus" mortifère: le choix de la cible, des militaires, "correspond aux mots d'ordre diffusés par les organisations terroristes djihadistes" et le profil de l'assaillant, "repéré comme radicalisé à l'occasion d'un passage en détention au cours des années 2011-2012".

Cette attaque à Orly est survenue à un mois de la présidentielle dans un pays confronté depuis deux ans à une vague d'attentats djihadistes ayant fait 238 morts et des centaines de blessés, et en plein débat sur le maintien de l'état d'urgence, en vigueur jusqu'au 15 juillet.

ATS

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