Bahreïn: l'arrestation du cheikh Salmane crée des violences

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Bahreïn L'arrestation du chef de l'opposition chiite à Bahreïn, cheikh Ali Salmane, a entraîné des heurts entre la police et les manifestants. Il est placé en détention pour incitation à un changement de régime.

  30.12.2014, 20:13
Des manifestants pro-Salmane ont eu des heurts avec la police de Bahreïn.

Des affrontements se poursuivaient en fin d'après-midi près de la résidence de cheikh Salmane, dans une banlieue chiite de Manama, la capitale, ont indiqué des témoins en faisant état d'au moins cinq blessés dans ce secteur. Dans le village de Bilad al Qadim, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des jeunes, et essuyé des jets de projectiles, a constaté sur place un journaliste de Reuters. Des incidents ont été signalés dans d'autres localités.

Incitation à la haine

Arrêté dimanche à Manama, cheikh Salmane, 49 ans, est accusé d'appel à la haine et à la violence pour changer le régime dans ce royaume du Golfe à majorité chiite dirigé par la dynastie sunnite des Al-Khalifa. Depuis, des manifestations sporadiques, émaillées d'incidents, ont lieu dans des quartiers chiites.

Le chef d'Al-Wefaq ("L'entente"), principal mouvement de l'opposition à Bahreïn, avait été convoqué au ministère de l'Intérieur dimanche matin. Lundi soir, il a été formellement inculpé "d'incitation à un changement de régime par la force, par des menaces et des moyens illégaux, et d'insulte publique envers le ministère de l'Intérieur".

Selon le procureur général, cheikh Salmane est également accusé d'avoir incité à "la haine envers un segment de la population", une référence à la communauté sunnite.

Confronté à des enregistrements

L'opposant, qui a pu voir quatre de ses avocats avant un nouvel interrogatoire mardi, a été "confronté à des enregistrements (de ses discours) comportant des appels et des incitations qui justifient le recours à la violence et impliquent une menace de recourir à la force militaire contre l'autorité de l'Etat", a affirmé le procureur général Nayef Youssef Mahmoud dans un communiqué.

Au terme de l'interrogatoire, il a été décidé de maintenir "l'accusé en détention pendant sept jours à titre préventif pour les besoins de l'enquête".

Portes "fermées"

Réagissant très vite, le Wefaq a estimé que cette mesure "grave" témoignait de "l'ampleur de la crise politique" à Bahreïn. Elle "ferme toutes les portes à un règlement politique", a ajouté le mouvement.

Mais le Wefaq a été rappelé à l'ordre par le ministère de la Justice qui l'a accusé dans un communiqué d'"utiliser des forums et des hommes religieux dans ses activités politiques, en contravention avec les principes de l'action politique".

Quant à la porte-parole du Haut-Commissariat pour les droits humains des Nations unies Liz Throssell, elle a exprimé mardi dans un communiqué sa "profonde préoccupation" face à cette arrestation, dénonçant "le harcèlement permanent et l'emprisonnement d'individus exerçant leur droit à la liberté d'expression et d'opinion dans le pays".

Poigne de fer

Proche allié des Etats-Unis et siège de la Ve flotte américaine, Bahreïn (1,3 million d'habitants) est secoué depuis février 2011 par un mouvement de contestation animé par la majorité chiite qui réclame une vraie monarchie constitutionnelle.

La dynastie sunnite des Al-Khalifa a jusqu'ici réprimé d'une poigne de fer toutes les manifestations violentes. Des élections législatives, organisées en novembre, ont été boycottées par l'opposition.


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