Brexit: Londres et l’UE se donnent jusqu’à dimanche pour prendre une «décision ferme»

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Négociations Les discussions sur un accord post-Brexit entre Londres et l’Union européenne se poursuivront jusqu’à la fin du week-end. Ce délai a été décidé par le premier ministre britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

 10.12.2020, 07:35
Le Premier ministre britannique Boris Johson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se sont entretenus pendant plus de trois heures.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont décidé de se laisser jusqu’à dimanche pour prendre une «décision ferme» sur le sort des négociations post-Brexit.

Les positions de Londres et de l’UE demeurent «très éloignées» pour parvenir à un accord post-Brexit, a estimé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à l’issue d’une rencontre de plus de trois heures avec le Premier ministre britannique Boris Johnson.

«Nous sommes convenus que les équipes de négociation doivent se retrouver immédiatement pour tenter de résoudre les questions essentielles», a-t-elle déclaré dans un communiqué, se donnant jusqu’à «la fin du week-end» pour décider du sort des pourparlers.

 

 

M. Johnson était arrivé à la Commission européenne aux alentours de 20 h 00. Il s’est d’abord entretenu en tête-à-tête avec Mme von der Leyen, avant de dîner en présence d’une dizaine de convives, dont les négociateurs britanniques, David Frost, et européen, Michel Barnie.

«Allons-y!»

Alors que la pêche est l’un des sujets les plus controversés des tractations, coquilles Saint-Jacques et turbot vapeur étaient au menu.

Avant leur dîner, les deux dirigeants ont brièvement enlevé leurs masques anti-Covid, le temps d’une photo devant les drapeaux britannique et européen, avant de lancer «Allons-y !» en français, sourire aux lèvres.

 

 

Cette rencontre au sommet est intervenue à trois semaines à peine de la rupture définitive entre Londres et l’Union européenne, après des mois de pourparlers sans progrès et face à la menace accrue d’un échec aux lourdes conséquences économiques.

L’objectif d’un rendez-vous, à la veille d’un sommet européen à Bruxelles, était de voir si les blocages les plus importants pouvaient être levés mais «pas de ficeler de manière définitive la négociation», avait souligné Bruxelles.

«Normes élevées»

L’Union européenne, qui redoute de voir surgir une économie dérégulée à sa porte, veut que Londres s’engage dans la durée à respecter une certaine convergence sur l’environnement, le droit du travail, la transparence fiscale ou les aides publiques. Les Britanniques s’y refusent, au nom de leur souveraineté retrouvée.

«Nous devons avoir des conditions équitables, non seulement pour aujourd’hui, mais aussi pour demain et après-demain», a résumé Angela Merkel.

En réponse, la porte-parole de M. Johnson a souligné que le Royaume-Uni avait  «clairement indiqué» son intention de maintenir «des normes élevées». Mais les Européens veulent des garanties.

 

 

La rencontre de Bruxelles s’est déroulée à la veille d’un sommet des Vingt-Sept, où le Brexit constituera l’un des sujets chauds. La France a averti qu’elle mettrait son veto à un accord qui sacrifierait ses pêcheurs. «Nous saurons dire non s’il faut dire non», a répété la ministre française de la Mer, Annick Girardin.

En cas d’échec, les échanges entre Londres et l’UE se feront dès le 1er janvier selon les seules règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane ou de quotas, au risque d’un nouveau choc pour des économies déjà fragilisées par le Coronavirus.

S’il est conclu, l’accord commercial, de plus de 700 pages, devra encore être ratifié par les Parlements britannique et européen avant d’entrer en vigueur, une gageure vu le peu de temps qui reste.

Trois sujets de discorde

Boris Johnson – qui a retrouvé une ville où il avait été l’ correspondant du Daily Telegraph dans les années 90 – avait estimé avant la rencontre encore possible d’arriver à un «bon accord», malgré les exigences de Bruxelles qu’ «aucun Premier ministre ne devrait accepter». Quelle que soit l’issue des négociations, il promet que son pays, qui a officiellement quitté l’UE le 31 janvier dernier,  «sera prêt» le 31 décembre, quand il quittera définitivement l’union douanière et le marché unique.

La chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays occupe la présidence tournante de l’UE, veut croire elle aussi qu’il existe «encore une chance».

Londres et Bruxelles butent toujours sur trois sujets, les mêmes depuis mars: l’accès européen aux eaux britanniques, la manière de régler les différends dans le futur accord et les garanties exigées de Londres par l’UE en matière de concurrence en échange d’un accès sans droit de douane ni quotas à son marché. La question des conditions de concurrence équitable est la plus épineuse, mais «pas la seule» à résoudre, a souligné une source européenne.

ATS

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