Centrafrique: Bozizé prêt aux pourparlers de paix

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Conflit Les rebelles du Séléka de République centrafricaine demandent que le départ du président François Bozizé soit discuté avec l'Union africaine ce dimanche. Le Béninois Yayi Boni est attendu à Bangui.

  30.12.2012, 19:13
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Le président centrafricain François Bozizé s'est déclaré dimanche prêt à former un gouvernement de coalition avec les rebelles. Il a accepté le principe de pourparlers de paix au Gabon sans conditions préalables.

"Je suis prêt à former un gouvernement d'unité nationale avec le Séléka pour gouverner ensemble le pays parce que je suis un démocrate", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à l'issue d'un entretien à Bangui avec son homologue béninois, Thomas Yayi Boni, président en exercice de l'Union africaine (UA).

Le président Bozizé s'est également déclaré prêt à participer à des pourparlers de paix organisés par les dirigeants de la région à Libreville, la capitale du Gabon, "sans condition et sans délai".

Accusations d'exactions

Dans un entretien accordé à France 24, le porte-parole du Séléka à Paris, Eric Massi, a réservé sa réponse, accusant le gouvernement de Bangui de commettre des "exactions" à leur endroit et, notamment, d'avoir arrêté des membres des familles et de les avoir emmenés vers des destinations inconnues.

"Je prends acte de propositions. Nous avons besoin de les étudier", a dit Eric Massi. "L'objectif de la (coalition du) Séléka n'est pas d'entrer dans un gouvernement, mais de permettre au peuple centrafricain d'assumer ses responsabilités afin de conduire le pays sur la voie du développement et de l'épanouissement de l'ensemble des citoyens", a-t-il poursuivi.

François Bozizé, dont le régime est menacé par les forces du Séléka, aux portes de Bangui, a en outre indiqué qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat en 2016 à la tête de la Centrafrique.

Garanties exigées

Assurant que "l'ensemble du territoire national est sécurisé", Eric Massi a dit suspendre l'entrée de la rébellion dans Bangui à des "garanties concrètes de la part du président Bozizé".

"Je n'ai rien entendu sur la cessation des exactions à l'encontre des membres de nos familles de la part du régime. Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées et emmenées vers des destinations inconnues", a-t-il dénoncé sur France 24. "Nous voulons des garanties sur la sécurité de nos familles".

Les insurgés du Séléka, qui veut dire "coalition" en langue vernaculaire Sango, se trouvent désormais à 75 kilomètres de Bangui.

Cette coalition hétéroclite de trois groupes armés reproche au président de ne pas avoir respecté les termes d'un accord datant de 2007 et prévoyant que les rebelles ayant déposé les armes soient indemnisés. Le Séléka, qui est passé à l'offensive le 10 décembre, réclame des pourparlers directs avec le pouvoir ainsi que des garanties pour ses chefs militaires.

D'après Nelson Ndjadder, un autre porte-parole des insurgés qui s'est exprimé depuis la France, la guérilla compte environ 3000 combattants et ses effectifs grossissent depuis le début de l'offensive partie du nord-ouest de la RCA. En 2003, une rébellion avait atteint Bangui, préfigurant l'arrivée au pouvoir du général François Bozizé, depuis réélu par les urnes.

Peur de l'assaut final

Les Banguissois ont pour leur part commencé, soit à fuir la capitale en empruntant la rivière Oubangui, soit à faire chez eux des provisions de vivres et d'eau en vue d'un assaut final des insurgés. Dimanche matin, les rues de la capitale étaient en bonne partie désertes à l'exception de patrouilles de l'armée et d'une poignée de fidèles se rendant à l'office dominical.

Des jeunes armés de "coupe-coupe" avaient érigé des barricades de fortune le long des grands axes pour le couvre-feu nocturne. "Les gens ont très peur ici pour le moment, ils cachent leurs biens et cherchent à se mettre à l'abri", a témoigné Genaël Dongonbo, un étudiant de l'université de Bangui.

Vendredi, les pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) ont convenu de dépêcher des troupes supplémentaires pour appuyer la faible Armée centrafricaine. La CEEAC dispose déjà d'un demi-millier de soldats de la paix en RCA. On ignore toutefois la taille et la date de l'arrivée des renforts attendus.


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