Election birmanes: Aung San Suu Kyi prisonnière, puis éligible

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Birmanie Marginalisée fin 2010, Aung San Sus Kyi est sur le point d'entrer au parlement, avec la bénédiction du pouvoir.

Par ats/afp
  30.03.2012, 07:03
Depuis qu'elle est entrée en campagne, Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix, 66 ans, attire des foules en délire, dont les regards trahissent un espoir immense.

Icône magnifique détenue par la junte birmane, Aung San Suu Kyi était apparue marginalisée fin 2010 à sa libération. Les réformes l'ont depuis transformée en un acteur politique majeur, à deux doigts d'entrer au parlement avec la bénédiction du pouvoir.

Depuis qu'elle est entrée en campagne, la lauréate du prix Nobel de la paix, 66 ans, attire des foules en délire, dont les regards trahissent un espoir immense.

"Nous pensons qu'elle peut vraiment tout changer, plus que quiconque", a admis à l'AFP Ashin Munida, moine bouddhiste, en l'écoutant à Kawhmu près de Rangoun, où elle brigue un siège de députée aux partielles de dimanche.

Peu auraient parié sur un tel scénario en novembre 2010, lorsque la frêle et altière silhouette, qui symbolise depuis plus de vingt ans la résistance à la junte, était apparue à la tombée de la nuit, au-dessus des grilles de sa résidence décatie de Rangoun.

Libérée après plus 15 ans de privation de liberté, dont sept consécutifs, celle qui fut parfois comparée à Nelson Mandela, au pouvoir après 27 ans dans les geôles sud-africaines, semblait bien loin d'un destin politique.

Euphorie

Mais à la faveur de la dissolution de la junte en mars 2011 et de l'arrivée au pouvoir d'anciens généraux réformateurs, sa Ligue nationale pour la démocratie (LND), un temps dissoute, est redevenue légale et briguera 44 des 45 sièges en jeu.

"Il n'y a pas de doute qu'Aung San Suu Kyi sera élue, à moins d'une fraude majeure qui semble improbable", assure Richard Horsey, expert indépendant de la Birmanie.

Dans les chancelleries occidentales, l'heure est à l'euphorie sur les chances de réussite, sans un coup de feu, d'un "printemps birman". Mais selon les analystes, c'est Suu Kyi elle même qui décidera du moment opportun de lever les sanctions.

Depuis vingt ans, la fille du héros assassiné de l'indépendance, le général Aung San, incarne seule la résistance à l'oppression. Quitte à en faire oublier les autres franges de l'opposition, pourtant bien vivantes, et la fondamentale impasse dans laquelle sont enfermées les minorités ethniques.

Adoubement officiel

En 1990, la LND avait remporté 392 des 485 sièges en compétition. Mais les généraux avaient refusé de s'incliner. Celle que les Birmans surnomment la "Dame" était alors déjà privée de liberté.

En septembre 2007, la figure gandhienne était sortie en pleurs de sa maison délabrée pour saluer des moines manifestant contre l'oppression. En novembre 2010, elle était réapparue rayonnante et libre, mais sans marge de manoeuvre.

Depuis, elle a été invitée dans la capitale Naypyidaw pour s'entretenir avec le président Thein Sein. Rien moins qu'un adoubement officiel, une invitation à tourner la page d'une confrontation stérile, pour revenir au premier plan.

"C'est bon pour leur image", résume Toe Zaw Latt, directeur du bureau de Bangkok de la Democratic Voice of Burma, groupe de médias birman en exil. "Aung San Suu Kyi peut convaincre la communauté internationale (...) qu'ils font des réformes".

Des réformes attendues

Née le 19 juin 1945, Suu Kyi a été élevée dans les meilleures écoles de Rangoun avant de poursuivre ses études en Inde - où sa mère était ambassadrice - puis à Oxford. Elle épouse en 1972 un universitaire britannique, Michael Aris, avec qui elle aura deux enfants.

Elle revient en Birmanie en avril 1988 au chevet de sa mère malade et n'en repartira plus. En plein soulèvement populaire, elle prononce un premier discours public en août, qui transperce le coeur des Birmans par une force et une dignité qui ne se démentiront pas dans l'épreuve.

La répression fera quelque 3000 morts. Mais l'icône était née. Soutenue par un Occident sous le charme, elle restera en Birmanie en 1999, tandis que son mari mourait d'un cancer en Grande-Bretagne, de crainte de ne jamais pouvoir revenir.

Si elle est élue dimanche, elle devra changer les choses de l'intérieur. "Elle sera en mesure de pousser pour les réformes probablement plus ouvertement que jamais en Birmanie", estime Trevor Wilson, un ancien ambassadeur australien en Birmanie.


 

 Aung Suu Kyi ne compte pas entrer dans l'actuel gouvernement
 

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi a indiqué vendredi ne pas avoir pour projet de rejoindre le gouvernement d'anciens militaires qui est actuellement au pouvoir en Birmanie, répondant à des rumeurs qui circulaient en ce sens à Rangoun.

"Je n'ai aucune intention de quitter le parlement après avoir tant lutté pour l'intégrer", a expliqué l'opposante lors d'une conférence de presse, à deux jours d'élections partielles où elle brigue un poste de députée.

La lauréate du prix Nobel de la paix répondait à un journaliste qui l'interrogeait sur la possibilité qu'elle rejoigne le gouvernement du président Thein Sein, un ancien général et Premier ministre de la junte devenu l'artisan de réformes très importantes depuis son arrivée au pouvoir il y a un an.

La Constitution birmane, adoptée en 2008 dans des conditions controversées, stipule que nul ne peut entrer au gouvernement sans abandonner au préalable son poste de parlementaire.

Un certain nombre de rumeurs avaient circulé sur la possibilité que Suu Kyi, invitée par le pouvoir actuel à se présenter aux élections après avoir été pendant 20 ans l'ennemie numéro un de la junte, se voit offrir une fonction de premier plan.

Un total de 45 sièges sont en jeu lors des législatives partielles de dimanche, dont 44 brigués par la LND. L'opposante brigue un siège de députée pour la première fois de sa vie, dans la circonscription rurale de Kawhmu, près de Rangoun.


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