25.04.2019, 18:55

«Gilets jaunes»: Macron a entendu les "inquiétudes" des Français mais gardera le cap

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Devant l'ensemble de la presse française et étrangère, le chef de l'Etat s'est longuement exprimé avant de se prêter au jeu des questions.

france Dans une conférence de presse, le président Emmanuel Macron a salué jeudi les «justes revendications à l’origine du mouvement» des «Gilets jaunes» mais a prévenu qu'il maintiendrait le cap de ses réformes.

Emmanuel Macron a salué les «justes revendications» portées par le mouvement des «gilets jaunes» dont il a entendu les «inquiétudes». Mais le président français a prévenu qu’il maintiendrait le cap de ses réformes, en ouverture de son intervention devant la presse.

Près de six mois après le début du mouvement de protestation qui prend tous les samedis d’assaut les rues des grandes villes depuis la mi-novembre, la parole présidentielle devait permettre d’éteindre cette contestation.

Sentiment de relégation, d'"abandon", "manque de considération, "déclassement"… M. Macron a pris acte des blessures du pays profond qu’ont traduites les défilés des "gilets jaunes", sans s’exonérer du "manque de confiance dans les élites – votre serviteur, au premier chef". "J’ai entendu, compris, senti dans ma chair ce qu’ils vivent", a-t-il dit.

Mais «les transformations indispensables à faire dans notre pays ne doivent pas être arrêtées» pour autant «parce qu’elles répondent profondément à l’aspiration de nos concitoyens», a-t-il martelé. Pour lui, «les orientations prises durant ces deux premières années à bien des égards ont été justes» même si elles n’étaient pas forcément «suffisamment rapides», ni «radicales» ou «humaines».

 

 

Devant l’ensemble de la presse française et étrangère, réunie pour la première fois depuis le début de son mandat dans la salle des fêtes de l’Elysée, le chef de l’Etat s’est longuement exprimé avant de se prêter au jeu des questions.

Baisse d’impôts

Pour montrer qu’il a entendu les inquiétudes et l’exaspération manifestées par les foules, qui dénonçaient une perte de pouvoir d’achat et une «injustice fiscale», il a promis «une baisse significative de l’impôt sur le revenu» et une réindexation sur l’inflation des retraites de moins de 2000 euros par mois dès le 1er janvier 2020.

Il s’est également engagé à une "réorganisation profonde" de l’administration" pour renforcer les services publics hors des grandes agglomérations, déplorant qu’il n’y ait "plus assez de monde sur le terrain" pour répondre aux besoins d’une population qui vieillit.

 

 

Concernant le manque de démocratie dénoncé par les manifestants, le président a proposé de faciliter la mise en oeuvre d’un référendum à l’initiative du peuple qui pourrait saisir le Parlement dès lors qu’un million de signatures seraient réunies, contre 10% du corps électoral auparavant, soit plusieurs millions de personnes.

Nombreuses attentes

Avec le pouvoir d’achat, les retraites, la décentralisation, l’implication populaire dans la vie démocratique du pays figurait au coeur des revendications des «gilets jaunes» : mais en écartant le «référendum d’initiative citoyenne» voulu par ces derniers, pas sûr qu’Emmanuel Macron ait répondu à leurs attentes.

De même, il n’a pas précisé s’il gardait en l’état l’Ecole nationale d’Adminstration (ENA) qui forme les membres des grands corps de l’Etat, souvent décriée pour son élitisme.

Ce rendez-vous et les annonces qui l’accompagnent, dont une partie avait fuité dans la presse la semaine dernière, était initialement prévu pour le 15 avril. Mais il avait été annulé in extremis en raison de l’incendie qui dévastait la cathédrale Notre-Dame de Paris à l’heure prévue.

Entouré de tous les membres du gouvernement pour accentuer le caractère solennel du moment, le président était attendu sur du concret et son entourage a laissé entendre que le gouvernement devrait «très rapidement se mettre en ordre de bataille pour définir un calendrier» de mise en oeuvre des mesures annoncées.

Conseil de défense écologique

Sur la transition écologique et le changement climatique, Emmanuel Macron a annoncé, sans détails, la création d’un «conseil de défense écologique» qui réunira les ministres dédiés, dont le chef du gouvernement, chargé des «choix stratégiques et de mettre au coeur de toutes nos politiques cette urgence climatique».

 

 

Emmanuel Macron avait fort à faire pour convaincre les Français, qui ne sont que 24% à penser que le «grand débat» entamé fin janvier a permis d’améliorer la situation politique, économique et sociale de leur pays.

ATS

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