26.04.2019, 22:11

L’océan Arctique, une «pépinière» de virus marins

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Entre 2009 et 2013, la goélette  de l'expédition Tara Oceans a parcouru 140'000 km sur tous les océans de la planète, pour percer les mystères de l'écosystème planctonique.

Biologie L’analyse de prélèvements effectués par l’expédition Tara Oceans révèle que l’océan Arctique cache une très riche biodiversité, notamment de très nombreux virus «nécessaires au bon fonctionnement des écosystèmes».

L’océan Arctique est une véritable «pépinière» de virus marins, ont révélé des échantillons prélevés lors de l’expédition Tara Oceans. Cette découverte est surprenante tant biodiversité foisonnante rime davantage avec tropiques qu’avec pôles, dans le monde animal et végétal.

«L’échantillonnage fait par Tara en 2013 en Arctique a permis de mettre en évidence une énorme diversité des virus», explique à l’AFP Chris Bowler, biologiste qui compare cette région polaire à «une pépinière» de virus. «Et le changement climatique va clairement modifier cela», ajoute le chercheur coordinateur scientifique de l’expédition Tara Oceans.

La goélette avait parcouru, entre 2009 et 2013, 140’000 km sur tous les océans de la planète, pour percer les mystères de l’écosystème planctonique qui constitue 90% de la biomasse des océans et produit 50% de l’oxygène.

 

 

35’000 échantillons de plancton

«De plus, les océans absorbent la moitié du dioxyde de carbone de l’atmosphère», explique Matthew Sullivan de l’université d’Ohio aux États-Unis, coauteur de l’étude qui sera publiée en couverture de la revue américaine Cell le 16 mai. Au cours de leur périple, les chercheurs avaient prélevé 35’000 échantillons de plancton marin.

Dirigés par l’université d’Ohio, ces nouveaux travaux ont permis de porter le nombre de populations virales océaniques connues de 16’000 à près de 200’000. Selon Chris Bowler, les océans pourraient en contenir jusqu’à un milliard.

«Les virus sont des petites choses qu’on ne peut pas voir, mais comme ils sont présents en très grand nombre, ils sont vraiment importants», juge Matthew Sullivan.

 

 

«Bon fonctionnement des écosystèmes»

Ces virus infectent les organismes. Chaque virus a une cible spécifique. Certains infectent les poissons, d’autres des micro-organismes du plancton (d’origine végétale, phytoplancton, ou animale, zooplancton, des bactéries), qui dérivent dans les océans au gré des courants.

«Nous percevons les virus comme quelque chose de méchant mais ils sont là pour assurer le bon fonctionnement des écosystèmes», explique Chris Bowler. «Si un organisme commence à dominer, à être trop abondant, ils permettent le retour à l’équilibre».

Reste encore à comprendre qui infecte qui, dans quelle proportion tel ou tel virus est présent et où, quels facteurs déterminent leur abondance ou encore quel rôle ils jouent dans la séquestration du carbone de l’atmosphère par les océans…

ATS

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