L'ONU accorde le statut d'Etat non membre aux Palestiniens

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proche-orient Par 138 voix pour, dont celle de la Suisse et 9 contre dont celle d'Israël et des Etats-Unis, l'ONU a accordé le statut d'Etat observateur non membre à la Palestine.

  30.11.2012, 07:19
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La Palestine est devenue jeudi un Etat observateur aux Nations unies lors d'un vote historique à l'Assemblée générale de l'ONU. Qualifié par le président palestinien Mahmoud Abbas d'"acte de naissance", celui-ci a été accueilli par une explosion de joie à Ramallah.

Le vote de cette résolution, qui fait de "l'entité" palestinienne un "Etat observateur non membre" de l'ONU, a été acquis à une majorité confortable de 138 voix pour dont celle de la Suisse, 9 contre dont les Etats-Unis et Israël et 41 abstentions parmi les 193 pays membres.
 
Cette nouvelle stature internationale donne aux Palestiniens accès à des agences de l'ONU et à des traités internationaux et constitue une victoire diplomatique majeure. Mais elle expose l'Autorité palestinienne à des représailles financières américaines et israéliennes.
 
A Ramallah (Cisjordanie), siège de l'Autorité palestinienne, plusieurs milliers de Palestiniens ont accueilli ce vote par des acclamations, des tirs en l'air et des scènes de liesse populaire.
 
"Dernière chance"
 
Mahmoud Abbas, très applaudi à son arrivée à la tribune, a estimé qu'il s'agissait de la "dernière chance de sauver la solution à deux Etats" (Israël et un Etat palestinien). Il a promis de "tenter de ranimer les négociations" de paix avec Israël, au point mort depuis plus de deux ans, sans toutefois prendre d'engagements précis.
 
Evoquant les "droits nationaux inaliénables" des Palestiniens, il a affirmé que ceux-ci "n'accepteront rien de moins qu'un Etat de Palestine indépendant avec Jerusalem-est comme capitale, sur tout le territoire palestinien occupé en 1967, vivant en paix et en sécurité aux cotés de l'Etat d'Israël".
 
Le Hamas se félicite
 
Le mouvement islamiste palestinien Hamas s'est lui aussi félicité de cette "nouvelle victoire sur le chemin de la libération de la Palestine". "Le Hamas la considère comme un succès unitaire qui suscite la joie au sein de notre peuple", a déclaré Ahmed Youssef, un dirigeant du mouvement dans la bande de Gaza.
 
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a pour sa part dénoncé un discours "diffamatoire et venimeux". Selon lui, "la décision de l'ONU ne changera rien sur le terrain. Il n'y aura pas d'Etat palestinien sans arrangements garantissant la sécurité des citoyens d'Israël".
 
Menaces
 
"En présentant leur demande à l'ONU, les Palestiniens ont violé leurs accords avec Israël, et Israël agira en conséquence", a-t-il menacé. Parmi les mesures de rétorsion possibles, Israël pourrait bloquer les taxes qu'il perçoit pour le compte de l'Autorité palestinienne ou réduire le nombre de permis de travail pour les Palestiniens.
 
Le Congrès américain pourrait de son côté refuser de verser 200 millions de dollars d'aide promis aux Palestiniens. En compensation, la Ligue arabe a promis aux Palestiniens un "filet de sécurité" de 100 millions de dollars par mois.
 
Israéliens et Américains, qui ont voté contre la résolution, s'inquiètent de la possibilité qu'elle donnerait aux Palestiniens de poursuivre Israël devant la Cour pénale internationale, qui ne traite qu'avec les Etats.
 
Nouveaux obstacles
 
Cette résolution "met davantage d'obstacles sur le chemin de la paix", a estimé Hillary Clinton, la cheffe de la diplomatie américaine. Elle a réaffirmé que la création d'un Etat palestinien ne pouvait résulter que de négociations directes avec Israël.
 
Le vote a coïncidé avec l'anniversaire de l'adoption par l'ONU en 1947 du plan de partage de la Palestine mandataire, qui prévoyait un Etat juif et un Etat arabe.
 
Appel à négocier
 
Devant un Comité de l'ONU qui commémorait cet anniversaire, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a demandé solennellement jeudi aux dirigeants palestiniens et israéliens de "ranimer le processus de paix" en reprenant des "négociations directes".
 
La résolution appelle à une reprise de ces négociations et évoque l'objectif d'un Etat de Palestine coexistant "aux côtés d'Israël en paix et en sécurité, sur la base des frontières d'avant 1967".
 
Outre les Etats-Unis et Israël, sept autres pays ont voté contre (Canada, République tchèque, Iles Marshall, Micronésie, Nauru, Palau, Panama).
 
Les Européens ont voté en ordre dispersé: France, Italie, Espagne, Suède notamment se sont prononcés en faveur, de même que la Turquie et la Suisse. Mais le Royaume uni et l'Allemagne se sont abstenus. La Russie et la Chine ont voté pour.

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