La nouvelle Constitution égyptienne sous le sceau des islamistes

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Egypte La commission constituante égyptienne, dominée par les islamistes, a adopté vendredi un projet de Constitution. L'opposition, qui a entamé de nouvelles manifestations contre le président Mohamed Morsi, l'a rejeté.

  30.11.2012, 19:33
Le projet accorde à l'Etat un rôle de "protection de l'éthique et de la morale" et interdit "l'insulte des hommes".

La commission constituante égyptienne, dominée par les islamistes, a adopté vendredi un projet de Constitution. L'opposition, qui a entamé de nouvelles manifestations contre le président Mohamed Morsi, l'a rejeté.

"Nous avons achevé notre travail sur la constitution de l'Egypte. Nous appellerons aujourd'hui le président à une heure raisonnable pour l'informer que l'assemblée a terminé son travail et que le projet de constitution est achevé", a déclaré le président de la constituante, Hossam el Gheriani, au terme d'une séance qui aura duré dix-neuf heures.
 
Les 234 articles ont été adoptés un à un lors d'une séance-marathon entamée jeudi après-midi et qui s'est poursuivie toute la nuit, par une commission convoquée d'urgence mercredi pour passer au vote.
 
Le texte doit être remis samedi à M. Morsi, pour qu'un référendum soit en principe organisé dans les quinze jours sur ce projet qui doit remplacer la loi fondamentale suspendue après la chute de Hosni Moubarak début 2011.
 
La charia comme source
 
Comme dans l'ancienne Constitution, le projet fait des "principes de la charia" la "source principale de la législation", une formulation assez consensuelle en Egypte, qui ne fait pas des préceptes de la loi islamique la source unique du droit.
 
Mais le projet ajoute une nouvelle disposition selon laquelle les principes de la charia doivent être interprétés selon la doctrine sunnite, une clause critiquée par les églises chrétiennes et les opposants non-islamistes.
 
Le projet accorde également à l'Etat un rôle de "protection de l'éthique et de la morale" et interdit "l'insulte des hommes", une disposition dont certains redoutent qu'elle n'ouvre la voie à la censure.
 
Boycott des travaux
 
L'opposition libérale et laïque, de même que les Eglises chrétiennes coptes, ont boycotté les travaux de la commission, l'accusant de faire la part belle aux vues des islamistes dont est issu le président Morsi.
 
"Cette Constitution n'a pas de valeur, pas d'avenir, elle sera à jeter dans les poubelles de l'Histoire", a déclaré à la télévision l'une des figures de l'opposition, Mohamed ElBaradei, ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
 
Une coalition de dirigeants de l'opposition a prévenu M. Morsi que l'actuelle grève des juges pourrait s'étendre et entraîner un mouvement de désobéissance civile à grande échelle. La fronde des magistrats, chargés de surveiller les scrutins, pourrait également menacer le fonctionnement du référendum.
 
Droits bafoués
 
L'ONG Human Rights Watch (HRW) estime que le projet "protège certains droits mais en sape d'autres" et déplore l'adoption "précipitée" du projet.
 
Selon Amnesty International, il "ignore les droits des femmes, restreint la liberté d'expression au nom de la protection de la religion, et permet aux militaires de juger des civils".
 
Par ailleurs, des journaux privés ont décidé de ne pas paraître mardi prochain pour dénoncer un manque de garanties pour la liberté de la presse.
 
Opposition continue
 
De nouvelles manifestations ont été organisées vendredi au Caire, à Alexandrie et dans plusieurs autres villes dans le delta du Nil et le long du canal de Suez.
 
A la mosquée où Mohamed Morsi est venu assister à la prière, des opposants ont commencé à crier des slogans hostiles au chef de l'Etat, qui a été aussitôt entouré par ses partisans et acclamé.
 
Les partisans de M. Morsi estiment que les dernières décisions prises vont permettre à l'Egypte, qui connaît une difficile transition politique, de se stabiliser et de consolider sa démocratisation.
 
Ils ont appelé à des manifestations de masse samedi pour soutenir le premier président égyptien islamiste et non issu de l'armée, élu en juin dernier.
 
Le chef de l'Etat espère que le mouvement de contestation auquel il fait face depuis une semaine s'éteindra de lui-même une fois promulgué le nouveau texte fondamental, préalable indispensable à de nouvelles élections l'an prochain.
 
Dans une allocution télévisée jeudi soir, le président a déclaré que son décret, qui protège ses décisions de tout recours en justice, ne s'appliquerait que pour une période "exceptionnelle".

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