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La réunion sur le budget européen au bord de l'échec

Les dirigeants européens s'orientaient vendredi vers un échec du sommet sur le budget pour 2014-2020.

23 nov. 2012, 07:03
Selon une source européenne, Mme Merkel voudrait des coupes supplémentaires de 30 milliards d'euros.

Les divergences sont profondes au sein d'une Union européenne en pleine crise minée par la défense des intérêts nationaux.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont décidé dans la nuit de jeudi à vendredi de suspendre leurs travaux jusqu'à vendredi midi, afin d'examiner une nouvelle proposition de compromis faite par le président du Conseil européen Herman Van Rompuy.
 
"Je pense que nous avancerons un peu, mais je doute que nous parvenions à un accord", a dit la chancelière allemande Angela Merkel en quittant le sommet. "Il est probable qu'il n'y aura pas d'accord à ce sommet", a estimé le président français François Hollande.
 
Donner "du temps au temps pour parvenir à un accord" sera "sans doute la position sage", a-t-il poursuivi. "Je suis pour qu'un compromis soit trouvé, c'est l'intérêt de l'Europe", mais cet élément peut "se faire en deux temps, on n'est pas dans le sommet de la dernière chance", a fait valoir M. Hollande.
 
Autre rencontre prévue
 
Dès son arrivée à Bruxelles, Mme Merkel avait jugé "possible" qu'il faille un nouveau sommet pour aboutir. Les dirigeants autrichien, italien, espagnol et polonais sont allés dans le même sens.
 
Cette nouvelle impasse intervient quelques jours après l'échec des ministres des Finances de la zone euro sur le versement d'une aide financière à la Grèce. Une nouvelle réunion de l'Eurogroupe est programmée lundi sur cette question.
 
Dans son nouveau projet de compromis sur le budget européen, M. Van Rompuy a maintenu sa proposition initiale de budget à 973 milliards d'euros, soit 1,01 % du PIB européen.
 
Mais il propose une nouvelle ventilation des fonds pour tenter d'arracher un accord. La Politique agricole commune (PAC), à laquelle la France est très attachée, se voit allouer 8 milliards d'euros supplémentaires, et 10,6 milliards de plus vont à la politique de cohésion en faveur des pays les plus pauvres. Des souhaits lancés par la France, l'Italie ou la Pologne.
 
Critique
 
Pour cette mesure, M. Van Rompuy soustrait 20,3 milliards pris sur plusieurs enveloppes, dont 13 aux budgets pour la croissance et les grandes infrastructures.
 
Il ne touche pas en revanche à l'enveloppe destinées aux dépenses de fonctionnement des institutions, notamment pour les salaires des fonctionnaires. Mais il suggère de les faire travailler 40 heures par semaine et sans augmentation.
 
Son nouveau compromis ne contente personne. "Je ne suis pas encore satisfait", a déclaré M. Hollande, en disant n'avoir été que "partiellement entendu".
 
Les Britanniques sont eux furieux. "Les chiffres qui nous sont soumis sont similaires à ceux que nous avions ce matin avant toutes ces réunions bilatérales", a commenté un diplomate britannique. "Il reste encore beaucoup à faire", a-t-il encore ajouté.
 
Souhait
 
Le Premier ministre britannique David Cameron a quitté le sommet sans faire la moindre déclaration. Soumis à une pression intense dans son pays, il aurait pu ramener une victoire à Londres avec le maintien du rabais. "Si on ne conclut pas demain, ça se dégonfle", a confié un responsable européen sous couvert de l'anonymat.
 
"Les marges de manoeuvre pour M. Cameron sont tellement minces qu'il est probable qu'il n'y ait pas d'accord", a estimé le président du Parlement européen, Martin Schulz.
 
Le sommet s'était ouvert peu après 23h00, avec trois heures de retard sur l'horaire prévu, au terme d'une journée d'entretiens entre M. Van Rompuy et chacun des dirigeants européens, et une série de rencontres entre les chefs d'Etat et de gouvernement eux-mêmes.
 
Plusieurs pays comme la Suède et les Pays-Bas souhaitent d'autres coupes budgétaires. Selon une source européenne, Mme Merkel voudrait des coupes supplémentaires de 30 milliards d'euros. M. Cameron va encore plus loin avec des coupes de l'ordre de 40 à 50 milliards, selon des responsables européens engagés dans les négociations.
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