Le monde unanime rend éloge au "géant de l'Histoire" Mandela

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NELSON MANDELA Les superlatifs ont pris le dessus sur la pluie mardi lors de l'hommage officiel à Nelson Mandela à Soweto pour saluer un «géant de l'Histoire», une «icône mondiale» ou «un des plus grands leaders de notre temps». Après avoir échangé une poignée de main historique avec Raúl Castro, Barack Obama s'en est pris aux leaders des régimes autoritaires.

  10.12.2013, 21:27
Barack Obama serre la main de Raúl Castro sous le regard de Dilma Rouseff: un instant historique.

«Il est difficile de faire l'éloge d'un homme, encore plus difficile de faire celle d'un géant de l'Histoire, qui a conduit une nation vers la justice», a déclaré le président américain, acclamé par la foule.

Répétant son admiration pour celui «qui a montré le pouvoir de l'action», Barack Obama a dénoncé une certaine hypocrisie dans les louanges qui s'élèvent du monde entier depuis l'annonce de son décès, jeudi dernier, à l'âge de 95 ans.

«Il y a trop de dirigeants qui se disent solidaires du combat de Mandela pour la liberté, mais ne tolèrent pas l'opposition de leur propre peuple», a-t-il tonné devant un parterre sans précédent d'une centaine de chefs d'Etat et de gouvernement.

Avec Ueli Maurer

Parmi eux se trouvaient des membres du régime chinois ou le président zimbabwéen Robert Mugabe, dont les pays sont régulièrement dénoncés. La Suisse était représentée par le président de la Confédération Ueli Maurer.

En marge de l'hommage à Nelson Mandela, apôtre de la réconciliation, M. Obama a provoqué la surprise en serrant la main de son homologue cubain Raúl Castro. Selon l'un de ses conseillers, il a montré une nouvelle fois sa volonté de briser la glace, alors que leurs Etats sont en froid depuis le début des années 1960. Un geste immédiatement salué par les médias et un site officiel cubains.

Mais un responsable de la Maison Blanche a précisé plus tard que cet échange entre les deux hommes n'était pas prévu.

Barack Obama a aussi dressé un parallèle entre le «triomphe» de Nelson Mandela contre le régime d'apartheid et la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis.

50 à 60 000 personnes

Il a comparé Nelson Mandela à ses héros personnels, dont les pères fondateurs américains et le président assassiné Abraham Lincoln, qui avait libéré les esclaves noirs.

La cérémonie d'hommage a pris fin après quatre heures de discours officiels qui ont parfois semblé en décalage avec la volonté manifeste du public de célébrer Nelson Mandela de manière festive.

Dès 07h00, les premiers admirateurs de l'ancien président étaient arrivés dans le stade de Soccer City, dansant et reprenant en choeur des chants hérités des années de lutte contre l'apartheid.

Mais une forte pluie, la succession de discours officiels et une piètre sonorisation ont douché les ardeurs des 50'000 à 60'000 participants, qui ont parfois manifesté une certaine agitation.

Tutu ou Ban Ki-moon

«Je ne vous donnerai pas ma bénédiction avant que vous tous soyez silencieux», leur a lancé en riant l'ancien archevêque anglican du Cap Desmond Tutu.

«Je veux voir le monde célébrer la vie d'une icône extraordinaire», a-t-il également souligné, avant de prier dans plusieurs langues sud-africaines, dont l'afrikaans, la langue des premiers colons blancs, au pouvoir sous l'apartheid.

Lors de ses 27 années de prison, Nelson Mandela avait aussi appris la langue de ses oppresseurs, à qui il n'a cessé de tendre la main après son élection comme président en 1994.

«L'Afrique du Sud a perdu un père. Le monde a perdu un ami cher et un mentor», a lancé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon dans son éloge funèbre.

Huées pour Zuma

Les hôtes officiels étaient vêtus de keffiehs, fez, boubous, costumes sombres ou encore soutanes.

«Je suis sûr que Mandela doit sourire là-haut» en regardant cette assemblée, a affirmé le porte-parole de la famille, le général Thanduxolo Mandela. Il y a «des forts et des faibles, des riches et des pauvres, des puissants et des gens ordinaires», a-t-il noté.

Le président sud-africain Jacob Zuma, un peu chahuté par la foule, a promis en conclusion de poursuivre le travail engagé par Nelson Mandela. «Repose en paix, notre père et notre héros», a-t-il ajouté, recueillant finalement des applaudissements.

Cérémonie au gouvernement

A partir de mercredi, la dépouille du héros national sera exposée pendant trois jours au siège du gouvernement à Pretoria.

Elle sera transférée samedi vers le petit village de Qunu, dans le sud-est rural du pays, la terre des ancêtres xhosas de Nelson Mandela. Il sera enterré dimanche aux côtés de ses parents et de trois de ses enfants, lors d'une cérémonie traditionnelle, mêlant le rite xhosa et le culte chrétien.


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