Le tandem Medvedev-Poutine, «c'est pour longtemps»

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Russie Dmitri Medvedev a averti les Russes que son tandem avec Vladimir Poutine était là «pour longtemps», lors de sa dernière interview télévisée de président avant de permuter les rôles avec le Premier ministre et ex-agent du KGB. Celui-ci revient au Kremlin pour 6 ou même 12 ans.

  26.04.2012, 19:27
Dimanche, le 4 mars 2012: Vladimir Poutine a été élu dès le premier tour de l'élection présidentielle russe.

«Il me semble qu'il faut se détendre. Tout ça, c'est pour  longtemps», a déclaré le président Medvedev, interrogé sur sa  permutation avec M. Poutine, déjà président de 2000 à 2008, lors de  cet entretien avec cinq chaînes de télévision.

M. Medvedev, un ancien subordonné de M. Poutine à la mairie de  Saint-Pétersbourg puis au Kremlin, propulsé à la présidence russe en  2008 par son mentor qui ne pouvait légalement enchaîner plus de deux  mandats consécutifs, doit à son tour prendre le poste de Premier  ministre début mai après avoir quitté le Kremlin.

Il a affirmé y voir un progrès démocratique qui permet que «le  destin du pays, les processus politiques ne dépendent pas de la  volonté d'un seul homme». «Il me semble que c'est normal, c'est bien  ça la progression vers la démocratie: deux personnes comme celles- là, trois, cinq, sept, dix», a-t-il dit.

«Nous sommes liés avec Vladimir Poutine non seulement par notre  coopération politique, mais aussi par une amitié de vingt ans», a  encore souligné Dmitri Medvedev.

Jusqu'en 2024?

Vladimir Poutine a été réélu à la présidence au premier tour le 4  mars pour un troisième mandat porté cette fois à six ans, et a  laissé entendre récemment qu'il pourrait enchaîner au moins deux  termes, soit jusqu'en 2024. Son investiture à la présidence est  prévue le 7 mai.

M. Medvedev n'a jamais réellement réussi à sortir de l'ombre de  son puissant aîné, de l'avis de nombreux observateurs et de la  presse indépendante. Certains ont même envisagé une répartition  délibérée des rôles entre le «bon» et le «méchant», selon une  tactique réputée.

Interrogé sur le cas de l'ex-magnat du pétrole et critique du  Kremlin Mikhaïl Khodorkovski, emprisonné depuis 2003 et à l'égard  duquel Vladimir Poutine a exprimé à plusieurs reprises son hostilité  personnelle, Dmitri Medvedev s'est d'ailleurs justifié de ne pas  avoir donné suite à l'intention un jour affirmée de revenir sur  l'affaire.

Il a déclaré qu'il ne pouvait être question de le gracier sans  qu'il en fasse la demande, une éventualité que M. Khodorkovski a  toujours exclue tout comme la reconnaissance de sa culpabilité.

Des irrégularités «mineures»

Le président russe, qui a incarné un temps des espoirs de  libéralisation du pays, douchés lors de l'annonce en septembre qu'il  renonçait à se représenter pour laisser la place à M. Poutine, a  néanmoins affirmé avoir été l'homme de la démocratisation du pays.

«Le printemps est arrivé, au sens propre comme au sens figuré», a- t-il assuré. «La société a mûri, l'actuelle accélération vers la  démocratie ne va pas amener le chaos, parce que la société a  changé», a-t-il ajouté.

«Si l'on parle des gens qui manifestaient contre le pouvoir ou  quelque chose d'autre, je respecte leurs droits, c'est absolument  normal», a-t-il dit, à propos des manifestations de dizaines de  milliers de personnes hostiles au pouvoir après les législatives de  décembre.

Celles-ci, remportées avec près de 50% des voix par le parti au  pouvoir Russie unie, avaient été dénoncées comme frauduleuses par  l'opposition, tout comme l'élection de Vladimir Poutine au premier  tour de la présidentielle le 4 mars.

M. Medvedev a cependant écarté toute remise en cause des  élections, assurant que les irrégularités n'avaient pu être que  mineures et ne pouvaient avoir influé sur le résultat final.


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