12.04.2016, 06:51

Panama Papers: des fonds prêtés par la Banque mondiale pour financer des projets de développement en Afrique ont transité par des paradis fiscaux

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Des fonds destinés au développement africain ont transité par des paradis fiscaux.

PARADIS FISCAUX Trois quarts des entreprises ayant obtenu des fonds de la Banque mondiale afin de financer des projets de développement en Afrique les auraient fait transiter par des paradis fiscaux. Cette attitude serait incohérente, selon la Banque mondiale, puisque ces entités trichent dans les pays pauvres sur des recettes fiscales nécessaires pour lutter contre la pauvreté et l'inégalité.

Les trois quarts des entreprises ayant reçu des prêts de la Banque mondiale destinés à financer des projets de développement en Afrique subsaharienne ont fait transiter ces fonds par des paradis fiscaux. C'est ce que révèle lundi l'ONG britannique Oxfam.

Sur 68 entreprises qui ont obtenu en 2015 des prêts de la Société financière internationale (SFI), la branche de la BM qui accorde des prêts aux compagnies privées, 51 ont fait passer cet argent par des territoires considérés comme des paradis fiscaux, rapporte l'ONG dans un communiqué. L'Île Maurice est particulièrement concernée.

Ces entreprises ont "déguisé (ces fonds) en investissement étranger direct", leur permettant d'obtenir des allègements fiscaux et autres avantages, dénonce Oxfam. Pourtant la région la plus pauvre du monde "a désespérément besoin des impôts sur les sociétés pour investir dans les services publics et les infrastructures".

"Aucun sens"

"Cela n'a aucun sens pour la Banque mondiale de dépenser de l'argent pour inciter les entreprises à investir dans le 'développement', si elle ferme les yeux sur le fait que ces entreprises pourraient tricher dans les pays pauvres sur les recettes fiscales qui sont nécessaires pour lutter contre la pauvreté et l'inégalité", a expliqué Susana Ruiz, conseillère en matière de politique fiscale chez Oxfam.

 

 

Selon elle, la Banque mondiale "doit placer des garde-fous" pour s'assurer que l'investissement dans le développement de ces pays ne se réalise plus dans "l'opacité".

"Intermédiaires opaques"

Dans le détail, les 51 entreprises incriminées dont les noms n'ont pas été cités ont reçu 84% des financements de la SFI pour la région en 2015. Cette branche de la Banque mondiale a plus que doublé ses prêts à ces entreprises faisant transiter des fonds par des paradis fiscaux. Ceux-ci sont passés de 1,20 milliard de dollars en 2010 à 2,87 milliards en 2015, précise Oxfam.

La destination de plus de la moitié des fonds alloués par la SFI n'est pas connue du public, fustige l'ONG, "car cela est réalisé à travers des intermédiaires financiers opaques".

ATS

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