Pluie d'hommages après l'annonce de la mort de Simone Veil

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carnet noir Les réactions en hommage à Simone Veil, décédée ce vendredi à Paris, se sont multipliées en France, en Suisse et dans toute l'Europe.

  30.06.2017, 17:49
Le décès de Simone Veil a suscité une pluie de réactions unanimes en France, mais aussi en Europe, en Belgique et en Suisse.

L'ancienne ministre française de la Santé et ex-présidente du Parlement européen Simone Veil est décédée vendredi à son domicile parisien à l'âge de 89 ans. L'annonce de la mort de cette figure du XXe siècle, incarnation du "meilleur de la France" selon Emmanuel Macron, a déclenché une pluie d'hommages en France et en Europe. Une cérémonie d'obsèques officielles, présidée par le chef d'Etat français, se tiendra mercredi dans la cour des Invalides à Paris.

"Ma mère est morte ce matin à son domicile. Elle allait avoir 90 ans le 13 juillet", a annoncé son fils, l'avocat Jean Veil.

Simone Veil s'était notamment illustrée en faisant voter en 1974 la loi portant son nom sur l'avortement. Elle était alors ministre de la santé sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing.

Son difficile combat pour faire adopter cette loi - contre une partie de la droite - a fait d'elle pour longtemps la personnalité politique la plus populaire de France.

Rescapée d'Auschwitz

Née le 13 juillet 1927 à Nice, Simone Veil est une rescapée des camps de la mort, où elle avait été déportée à 16 ans. Elle avait rencontré à Sciences Po Antoine Veil, qui deviendra son mari.

Elle a ensuite été la présidente du premier Parlement européen élu au suffrage universel, et membre du Conseil constitutionnel de 1998 à 2007.

"Le meilleur de la France"

Son décès a suscité une pluie de réactions unanimes en France, mais aussi en Europe, en Belgique et en Suisse. "Puisse son exemple inspirer nos compatriotes, qui y trouveront le meilleur de la France", a notamment tweeté Emmanuel Macron.

 

 

Son prédécesseur socialiste, François Hollande, a salué une femme qui "a incarné la dignité, le courage et la droiture". Valéry Giscard d'Estaing, âgé de 91 ans, s'est dit lui "bouleversé".

"C'était une femme exceptionnelle qui avait connu les plus grands bonheurs et les plus grands malheurs de la vie", a-t-il estimé. "Simone Veil reste immortelle", a estimé un autre ex-président, Nicolas Sarkozy, confiant son admiration et son amour pour la défunte.

Tous les partis politiques français, depuis l'extrême droite de Marine Le Pen dont le père avait pourtant violemment combattu Mme Veil, jusqu'à la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon, ont rendu hommage à celle qui "appartient au meilleur de notre Histoire", selon les mots du tribun de la France insoumise.

"Un continent de paix"

A l'étranger, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a écrit sur Twitter en hommage à celle qui présida le Parlement européen: "Elle a vécu les déchirements de l'Europe dans sa chair. Elle a contribué à bâtir un continent de paix".

 

 

La chancelière allemande Angela Merkel a salué la mémoire de Simone Veil qui "s'est engagée pendant plusieurs décennies et avec beaucoup d'énergie dans le processus d'unification européenne." Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a salué une "grande Européenne", dont la vie "embrasse à la fois l'horreur et la construction pleine d'espoir de l'Europe du XXe siècle".

Plusieurs personnalités suisses lui ont aussi rendu hommage. "On lui doit toutes quelque chose", a notamment estimé la conseillère nationale Ada Marra (PS/VD), évoquant un "monstre sacré".

 

 

"Elle a été de tous les combats du 20e siècle avec un courage, une détermination et une habileté exceptionnels", a dit à son propos l'ex-conseillère fédérale socialiste Ruth Dreifuss, qui l'avait rencontrée plusieurs fois. "Toute sa vie a été marquée par sa volonté de faire avancer les droits humains", a-t-elle souligné.

Le conseiller fédéral Didier Burkhalter et la conseillère aux Etats Géraldine Savary (VD/PS) ont utilisé le même qualificatif de "droite" pour la définir.

Présidente du Parlement européen

Après un début de carrière au ministère de la justice, Mme Veil a été la première femme à devenir secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature (1970-74).

Elle a été nommée ensuite ministre de la santé en 1974. Tête de liste du parti centriste français UDF lors des premières élections au Parlement européen au suffrage universel en 1979, elle est devenue présidente du Parlement européen (1979-1982), institution dans laquelle elle siégera jusqu'en 1993.

De 1993 à 1995, elle fut ministre d'Etat, ministre des affaires sociales, de la santé et de la ville. Avocate du "oui" au référendum de 2005 sur la Constitution européenne, elle a écrit en 2007 une autobiographie à succès "Une vie" dans laquelle Simone Veil raconte son destin de rescapée des camps, son athéisme, son féminisme.

Une année plus tard, elle a été élue à l'Académie française et, en 2012, élevée à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur, la plus haute distinction honorifique française.

ATS

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