Putsch en Turquie: des officiels admettent de possibles erreurs lors des purges

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sanctions Dans sa chasse aux sorcières qui a suivi le putsch manqué d'une partie de l'armée, la Turquie reconnaît que certaines personnes ont pu être accusées à tort d'avoir soutenu le coup d'Etat.

  01.08.2016, 17:46
La Turquie reconnaît que certains citoyens innocents ont pu être victimes de la purge qui a suivi le putsch manqué.

La Turquie a admis pour la première fois lundi que la purge post-coup d'Etat avait pu donner lieu à "des erreurs". Elle a par ailleurs exprimé fermement son mécontentement à l'Allemagne, qui a empêché le président Recep Tayyip Erdogan de parler à ses partisans.

Changement de ton notable à Ankara, où deux hauts responsables ont admis que la purge implacable lancée dans la foulée du putsch du 15 juillet, et très critiquée à l'étranger, avait pu donner lieu à "des erreurs".

"S'il y a eu des erreurs, nous les corrigerons", a dit le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus, tandis que "le grand ménage" des sympathisants du prédicateur exilé Fethullah Gülen - accusé par Ankara d'avoir ourdi le putsch avorté - a laminé l'Armée, la justice, l'éducation et les médias.

Les "citoyens qui n'ont pas d'affiliation avec eux (les gülenistes) devraient se détendre" car "il ne leur sera fait aucun mal", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse. Mais les autres "paieront le prix", a déclaré M. Kurtulmus, à propos des sympathisants de M. Gülen, dont Ankara a demandé l'extradition à Washington.

Critiques balayées

Le Premier ministre Binali Yildirim a évoqué lui aussi la possibilité que certaines victimes de cette chasse aux sorcières l'ont été de manière abusive. "Un travail méticuleux est en cours concernant ceux qui ont été limogés", a indiqué le chef du gouvernement, cité par l'agence de presse officielle Anadolu.

La purge en Turquie a suscité les critiques de Washington, des capitales européennes et de nombreuses organisations de défense des droits de l'Homme et de la presse. Elles l'ont perçue comme brutale et disproportionnée.

 

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier avait ainsi dénoncé des purges qui "dépassent toute mesure", ajoutant qu'"on ne pouvait se taire". De son côté, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi avait jugé qu'"un pays qui emprisonne ses propres professeurs et ses propres journalistes, met en prison (son) avenir". Pour toute réponse, M. Erdogan avait conseillé vendredi aux Occidentaux de "se mêler de leurs affaires".

Rencontre avec un général américain

Pour la première fois depuis le putsch, la Turquie a eu lundi ses premiers contacts de haut niveau avec les Etats-Unis, en recevant le chef d'état-major interarmées Joseph Dunford. Le général américain s'est entretenu à Ankara avec le chef d'état-major, le général Hulusi Akar, puis avec M. Yildirim.

Les relations des deux partenaires clés au sein de l'Otan se sont nettement dégradées depuis qu'Ankara demande à Washington d'extrader M. Gülen.

Les Etats-Unis devraient condamner de manière "claire et sans équivoque" la tentative manquée de coup d'Etat en Turquie et extrader Fethullah Gülen, a déclaré M. Yildirim lundi à l'issue d'un entretien avec M. Dunford 

Celui-ci a effectivement condamné la tentative de putsch pendant son entretien avec M. Yildirim et assuré Ankara du soutien de Washington à la démocratie turque, ont indiqué les services du Premier ministre dans un communiqué.

Différend avec l'Allemagne

Peu avant, la Turquie a convoqué le chargé d'affaires allemand, après la censure "inacceptable" du président Erdogan, empêché de parler dimanche par lien vidéo aux milliers de Turcs descendus dans les rues de Cologne (ouest) pour le soutenir.

La Cour constitutionnelle allemande avait interdit à M. Erdogan, redoutable tribun, d'intervenir devant ses sympathisants exilés, craignant des troubles parmi la diaspora turque, la plus importante du monde.

Le ministre turc des Affaires étrangères a confirmé que le chargé d'affaires avait été convoqué pour que la Turquie "exprime avec force sa déception" après l'interdiction faite à "un président élu par le peuple" de s'exprimer "de la part de l'un de nos alliés qui se fonde sur nos valeurs de démocratie et d'Etat de droit".

Arrestation de soldats

Dans l'ouest de la Turquie, la cavale de onze soldats, accusés d'avoir fait partie du commando ayant attaqué l'hôtel de Marmaris où se trouvait le président Erdogan la nuit du putsch manqué, a été stoppée net, avec leur arrestation lundi. Ils ont été placés en détention préventive après leur arrestation.

ATS

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