Quel serait l'impact d'une intervention en Syrie, s'interrogent les experts

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Conflit Les Français et les Américains sont sur le point d'engager une intervention militaire en Syrie. Mais excepté un message de fermeté délivré au monde entier, celle-ci ne devrait rien changer au cours de la guerre, estiment bon nombre d'experts.

  31.08.2013, 12:07
"Je veillerai à ce que la réponse de la communauté internationale fasse cesser l'escalade de la violence", a assuré vendredi le président français François Hollande.

L'action militaire attendue en Syrie principalement des Etats-Unis et de la France modifiera-t-elle le cours de la guerre meurtrière en Syrie? Pour nombre d'experts, rien n'est moins sûr même si un message de fermeté sera délivré à Damas et au reste du monde.

"Je veillerai à ce que la réponse de la communauté internationale fasse cesser l'escalade de la violence", a assuré vendredi le président français François Hollande. Il a aussi parlé de "coup d'arrêt" aux violences.

"C'est la riposte et non l'inertie qui imposera une solution politique", a-t-il insisté. Son homologue américain Barack Obama a, lui, évoqué "une action limitée", en ne parlant que d'empêcher tout nouveau recours à l'arme chimique.

Sur le terrain, en deux ans et demi, le conflit qui n'était à ses débuts qu'une révolte pacifique contre une dictature se solde par plus de 100'000 morts et un pays ravagé par les destructions.

"Dimension humanitaire"

La région est ébranlée, les pays voisins déstabilisés et débordés par l'afflux de Réfugiés manquant de tout. Au quotidien, le recours aux armes classiques, comme les bombes incendiaires, fait des ravages tout aussi choquants que le gaz sarin.

"Il y a une dimension humanitaire" dans la riposte envisagée à l'attaque chimique du 21 août, admet un haut responsable américain sous couvert d'anonymat.

Mais sans aucune "ligne rouge" sur le massacre "conventionnel" de civils, rien ne dit que la guerre civile ne reprendra pas de plus belle et qu'une attaque ne sera pas qu'un coup d'épée dans l'eau.

D'autant que Iran et Russie, fidèles soutiens du président Bachar al-Assad, devraient probablement, sauf revirement politique, aider le régime à se rétablir et à reprendre son entreprise répressive. Face à lui, l'opposition reste divisée, en quête de crédibilité et d'armes lourdes que se refuse à lui donner jusqu'à présent l'Occident par crainte qu'elles ne soient récupérées par des islamistes radicaux.

"Punir" le régime

Un simple recours à des missiles de croisière contre des installations militaires syriennes vise "plus à punir l'utilisation d'armes chimiques que d'essayer de modifier radicalement l'équilibre des pouvoirs au profit de l'opposition", note Jeremy Binnie du magazine "IHS Jane's Defence Weekly".

Un haut responsable français s'exprimant sous couvert d'anonymat le confirme: le but à atteindre est davantage d'empêcher tout nouveau recours à l'arme chimique que "de changer le rapport de forces sur le terrain".

Des experts regrettent à cet égard que les alliés ne soient que dans la réponse "tactique" et non "stratégique" qui permettrait d'essayer de mettre un terme au sang qui coule.

Un recours à la force par les Etats-Unis manque d'une "stratégie plus large", déplore Salman Shaikh du centre de l'Institut Brookings à Doha au Qatar. Une opération devrait être "appuyée par une diplomatie solide" à l'égard des pays de la région, plaide ce spécialiste.

Impasse diplomatique

Si François Hollande juge qu'une action militaire a la capacité de relancer la recherche d'une solution politique, les efforts en ce sens sont dans une impasse totale, faute de consensus entre Moscou et Washington sur l'avenir de Bachar al-Assad.

La Maison Blanche ne cesse pourtant de répéter que les Etats-Unis "sont très engagés dans la recherche d'une résolution politique au conflit" et prend soin de souligner officiellement que l'objectif d'une possible attaque n'est pas "un changement de régime".

Une posture jugée trop prudente par l'un des alliés de Washington dans la région, la Turquie, qui s'est dit vendredi insatisfaite d'une action militaire limitée.

"Une intervention doit se faire comme ce qui s'est produit au Kosovo. Une intervention d'un jour ou deux ne suffira pas. L'objectif doit être de contraindre le régime à abandonner" le pouvoir, a déclaré le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

 
 


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