Syrie: sans négociations, le pays est promis à l'enfer, déclare Brahimi

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Conflit Achevant à Moscou une semaine d'intenses consultations, l'émissaire de l'ONU Lakhdar Brahimi a déclaré que la Syrie connaîtra "l'enfer".

  29.12.2012, 18:42
L'émissaire de l'ONU, Lakhdar Brahimi a promis "l'enfer" à la Syrie sans négociations de paix, ce samedi à Moscou, en conclusion d'une semaine intense de discussions sur la situation de la Syrie.

La Syrie connaîtra "l'enfer" faute d'une solution négociée au conflit qui fait rage depuis 21 mois, a averti samedi Lakhdar Brahimi. L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe achevait à Moscou une semaine d'intenses consultations, infructueuses pour le moment.

Le diplomate algérien et son hôte le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov ont tous deux estimé que cette solution pouvait encore être trouvée. Le chef de la diplomatie russe a toutefois à nouveau souligné que le départ du président Bachar al-Assad ne pouvait être une condition à l'ouverture des négociations.

Exiger ce départ est une erreur et refuser le dialogue avec l'administration syrienne ne peut conduire qu'à une impasse, a-t-il ajouté.

"Si nous n'avons le choix qu'entre l'enfer et une solution politique, chacun de nous doit travailler d'arrache-pied au processus politique. C'est difficile, c'est très compliqué, mais il n'y a pas d'alternative", a quant à lui insisté Lakhdar Brahimi.

La capitale russe est devenue récemment la plaque tournante des initiatives diplomatiques en cours pour tenter de trouver une issue à un conflit qui a fait plus de 44'000 morts depuis mars 2011.

Les rebelles syriens gagnent régulièrement du terrain depuis quelques mois et les chancelleries occidentales et arabes espéraient voir Moscou prendre peu à peu ses distances avec Damas. Mais le gouvernement russe, principal appui de Bachar al-Assad sur la scène international, campe sur ses positions.

"Nous n'y pouvons rien"

"Quand l'opposition dit que seul le départ d'Assad lui permettra d'entamer le dialogue sur l'avenir de son propre pays, nous pensons que c'est contre-productif. Cette condition coûte des vies aux citoyens syriens", a déploré Sergueï Lavrov.

Le chef de la diplomatie a rappelé que le président syrien refusait catégoriquement de démissionner et a expliqué que Moscou "ne pouvait rien y changer".

Le gouvernement russe a proposé à l'opposition syrienne de se rendre à Moscou, mais Moaz al Khatib, président de la Coalition nationale syrienne (CNS), a décliné l'invitation vendredi. La plupart des pays arabes et occidentaux, notamment les Etats-Unis, ont reconnu la CNS en tant que représentante légitime du peuple syrien.

Accord de Genève en jeu

Avec l'appui de Moscou et de Washington, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe s'efforce de relancer la déclaration de Genève, un plan de sortie de crise négociée par son prédécesseur Kofi Annan. Adoptée en juin par le Groupe de contact sur la Syrie, elle prône la formation d'un gouvernement de transition mais ne dit rien du rôle d'Assad et des membres de son administration.

"Le coeur de ce processus politique est et doit être l'accord de Genève. Il pourrait y avoir un ou deux ajustements à faire ici et là, mais c'est une base raisonnable pour le processus politique qui aidera le peuple syrien", a ajouté Lakhdar Brahimi sans plus de précisions.

Jeudi à Damas, il avait plaidé pour la formation d'un gouvernement doté de "tous les pouvoirs". L'opposition y voit un feu vert au maintien d'Assad à un poste honorifique, point d'autant moins acceptable que les rebelles semblent désormais convaincus de pouvoir l'emporter militairement.

Arsenal plus important

Après les fêtes, William Burns, sous-secrétaire d'Etat américain chargé du Moyen-Orient, devrait à son tour se rendre dans la capitale russe pour une nouvelle rencontre avec son homologue Mikhaïl Bogdanov et M.Brahimi.

Malgré la progression des rebelles, les forces gouvernementales possèdent un arsenal beaucoup plus important et disposent toujours de la maîtrise du ciel. Elles tiennent encore le sud-ouest, densément peuplé, ainsi que la côte et le principal axe routier nord-sud.

L'opposition a d'ailleurs annoncé samedi que l'armée avait repris le quartier de Deir Ba'alba, à Homs, ville du centre du pays où se sont déroulés les plus violents combats de la guerre civile, début 2012.

Des informations non confirmées font état de dizaines de morts parmi les rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, proche de l'opposition.


 


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