Une réforme inquiète les viticulteurs européens

chargement

Terroir Les viticulteurs européens s'interrogent sur le bien-fondé d'une réforme censée améliorer leur compétitivité, confrontés à une concurrence de plus en plus féroce du Nouveau monde. Ils craignent qu'elle leur fasse perdre leur identité.

  21.04.2012, 11:56
Les viticulteurs européens craignent que la réforme leur fasse perdre leur identité.

Au coeur du débat: la fin d'ici 2018 des «droits de plantation»,  un système de contrôle des vignobles dont la suppression a pour but  d'introduire davantage de flexibilité pour s'adapter à la demande internationale et aux effets de mode, en donnant aux vignerons le  libre choix de planter les cépages qu'ils souhaitent.

Elle fait partie d'un paquet décidé en 2008, censé améliorer la compétitivité de la filière européenne du vin, avec un plan d'arrachage des vignobles non compétitifs, la fin des aides à la  distillation des surplus, des subventions à la modernisation et à la  promotion.

Pour le moment, le secteur du vin européen peut encore se regarder la tête haute dans son miroir magique: l'Europe reste  numéro un mondial, que ce soit en quantité, en qualité, en valeur,  sur le marché européen autant que sur les marchés mondiaux. Mais  elle est aussi «le numéro un des importations», relève le commissaire européen à l'Agriculture, Dacian Ciolos.

Concurrence féroce

Et ses positions sont contestées. Sur le marché britannique,  grand importateur, les vins européens sont désormais au coude à coude avec ceux du Nouveau monde. Le Chili veut planter 100'000  hectares supplémentaires d'ici 2020 et augmenter ses exportations de  10% par an, alors que les surfaces des vignobles ont reculé de 11%  en France en 10 ans, et même de 14% en Espagne ou en Italie.

Ironie du sort, ce sont essentiellement des capitaux européens  qui investissent ailleurs dans le monde, en Chine notamment qui,  grand importateur aujourd'hui, pourrait bien devenir un jour un  acteur important du marché mondial.

Permettre à n'importe qui de planter n'importe quoi risque  toutefois de porter atteinte à l'identité même des vignobles,  redoute la Fédération européenne des vins d'origine (EFOW), un  groupe de pression qui milite contre la fin des droits de plantation.

Déjà une révision de la réforme

Les syndicats de vins d'origine français, italiens ou espagnols  regroupés dans l'EFOW ont convaincu leurs gouvernements, mais aussi  une dizaine d'autres Etats, de réclamer la révision de la réforme  qu'ils avaient pourtant entérinée quatre ans plus tôt.

Ils mettent en garde contre un risque de surproduction entraînant  une baisse des prix en cas de libéralisation des droits de  plantation. Et brandissent le risque de conséquences néfastes pour  les zones viticoles les moins productives, d'une industrialisation  excessive du secteur et d'une dévalorisation des vignobles  prestigieux à cause de l'augmentation de la surface de vigne.

Dacian Ciolos a accepté de mettre en place un «groupe de haut  niveau» qui devra évaluer d'ici à novembre l'impact de la  suppression des droits de plantation et proposer des recommandations.

«Il ne s'agit pas de faire la réforme de la réforme», a souligné  M. Ciolos en ouvrant jeudi la première réunion de cet aréopage  regroupant représentants des gouvernements et professionnels du  secteur. Tout en se disant prêt à agir si les réflexions du groupe  débouchent sur «des arguments forts et des solutions innovantes et  durables qui nécessitent des ajustements».

Il a en même temps refusé de revenir à «des outils des années  1970 qui ont montré leurs limites», relevant au passage que le  système actuel tel qu'il fonctionne «n'empêche ni la surproduction,  ni la sous-plantation».

Pour Dacian Ciolos, les vignobles européens ont besoin de  flexibilité alors que les consommateurs ont changé. «Ils sont plus  curieux, plus volatils» et les effets de mode sont devenus «plus  passagers, plus rapides, surtout sur les nouveaux grands marchés de  consommation».


Résumé du jour

Ne ratez plus rien de l'actualité locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir toutes les infos essentielles de la journée!

Recevez chaque soir les infos essentielles de la journée !

Résumé de la semaine

Ne ratez plus rien de l'actu locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque samedi toutes les infos essentielles de la semaine !

Recevez chaque samedi les infos essentielles de la semaine !

À lire aussi...

live
PandémieCoronavirus: toutes les nouvelles du dimanche 19 septembreCoronavirus: toutes les nouvelles du dimanche 19 septembre

DiplomatieEx-otages des talibans: la Suisse avait offert de verser 1,25 million de dollarsEx-otages des talibans: la Suisse avait offert de verser 1,25 million de dollars

RésultatCyclisme – Mondiaux CLM: Ganna conserve son titre, Küng 5eCyclisme – Mondiaux CLM: Ganna conserve son titre, Küng 5e

AnnulationSuisse – France: Emmanuel Macron ne recevra pas Guy Parmelin en novembreSuisse – France: Emmanuel Macron ne recevra pas Guy Parmelin en novembre

live
PandémieCoronavirus: toutes les nouvelles du samedi 18 septembreCoronavirus: toutes les nouvelles du samedi 18 septembre

Top