Venezuela: Nicolas Maduro gracie plus d’une centaine d’opposants

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Réconciliation A trois mois des prochaines élections législatives, Nicolas Maduro a gracié une centaine d’opposants. Le président actuel justifie son acte par une volonté de promouvoir une réconciliation nationale. Les adversaires de Maduro estiment toutefois que ce geste a pour unique but de rendre légitime les prochaines votations.

 01.09.2020, 07:53
Nicolas Maduro dit vouloir "promouvoir la réconciliation nationale". (Keystone archive)

Nicolas Maduro a gracié plus de cent opposants, dont des députés et des proches collaborateurs du chef de file de l’opposition Juan Guaido. Le président vénézuélien veut «promouvoir la réconciliation nationale», a annoncé lundi le ministre de la Communication.

Le gouvernement utilise ces grâces «comme monnaie d’échange» pour «légitimer une farce», c’est-à-dire les élections législatives du 6 décembre que l’opposition compte boycotter, a réagi M. Guaido. «On ne gracie pas des innocents ni ceux qui ont une immunité».

«Une grâce présidentielle est accordée aux citoyens mentionnés ci-dessous», avait un peu plus tôt déclaré le ministre Jorge Rodriguez, en lisant une liste de noms lors d’une conférence de presse diffusée par la télévision d’Etat. Dans cette liste longue de 110 noms figurent des opposants détenus. D’autres sont en liberté ou en exil.

 

 

La figure la plus emblématique de cette liste est Roberto Marrero, bras droit et chef de cabinet de Juan Guaido. Il avait été arrêté pour «terrorisme» et incarcéré en mars 2019, deux mois après que M. Guaido s’est déclaré président par intérim du Venezuela, en janvier de cette année-là.

M. Marrero a été libéré lundi soir, ainsi que d’autres opposants tels les parlementaires Gilber Caro et Renzo Prieto, farouchement anti-Maduro, ou l’avocate Antonia Turbay.

Élections législatives

Cette annonce intervient trois mois avant les élections législatives du 6 décembre que Juan Guaido et les principaux partis d’opposition ont appelé à boycotter, jugeant que leur organisation par les autorités chavistes serait entachée de «fraude» quoi qu’il en soit.

Certains autres graciés ont été condamnés ou font l’objet de poursuites pénales lancées par la justice sans pour autant être incarcérés. C’est le cas par exemple de Henry Ramos Allup, une autre figure de l’opposition. D’autres sont exil, comme le député Luis Florido.

Juan Guaido, que près de soixante pays reconnaissent comme président par intérim du Venezuela, ne figure, lui, pas sur cette liste. La justice vénézuélienne, que l’opposition accuse d’être aux ordres du pouvoir, le poursuit dans plus d’une demi-douzaine d’affaires. Il est notamment accusé d’avoir voulu renverser Nicolas Maduro lors d’un appel au soulèvement de l’armée -- resté sans effet -- le 30 avril 2019, mais il est libre de ses mouvements à l’heure actuelle.

ATS

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