08.12.2017, 00:01

Gros paquebot à la dérive

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L’auberge communale est un sujet récurrent de l’assemblée du délibérant.

 08.12.2017, 00:01 Gros paquebot à la dérive

GIMEL L’hôtel de l’Union ne fait pas l’unanimité. La Municipalité a dû réagir.

Depuis le début de l’année, l’auberge communale est au menu de pratiquement tous les conseils communaux à l’heure des divers. La dernière assemblée de décembre n’a pas fait exception. Le conseiller communal Pierre-Yves Correvon a demandé où en était le dossier. L’hôtel café-restaurant de l’Union ne cesse en effet d’alimenter les conversations: on y déplore une qualité de la...

Depuis le début de l’année, l’auberge communale est au menu de pratiquement tous les conseils communaux à l’heure des divers. La dernière assemblée de décembre n’a pas fait exception. Le conseiller communal Pierre-Yves Correvon a demandé où en était le dossier. L’hôtel café-restaurant de l’Union ne cesse en effet d’alimenter les conversations: on y déplore une qualité de la nourriture inégale. Il semblerait que les cuisiniers ne restent pas longtemps au service de l’auberge, d’où des oscillations dans l’offre qualitative. Récemment, c’est le Service de la consommation et des affaires vétérinaires qui a fait plusieurs contrôles. «Tout semble en ordre», a informé la syndique Sylvie Judas, lors de la séance du 1er décembre.

Chambres aménagées sans autorisation

On évoque aussi des problèmes de salubrité. D’ailleurs, le service d’hygiène du canton s’est déplacé au printemps à la suite de diverses plaintes.

Lors de la dernière assemblée, la syndique a révélé qu’une autre problématique s’était ajoutée au dossier. La commune a dû se saisir d’un avocat afin de défendre ses intérêts. «Le gérant a aménagé, sans autorisation, des chambres qui ne font pas partie du bail initial et il les a louées au service social», a indiqué Sylvie Judas. Une visite a dès lors été organisée avec un ingénieur incendie qui a conclu que 6 chambres supplémentaires sans confort avaient été aménagées en sus des 11 chambres prévues dans le bail.

Bail non reconduit

L’aménagement de ces mansardes supplémentaires implique des normes de sécurité plus importantes qui engendreraien t de gros frais pour la commune. «Nous devons encore déterminer quelles seraient les implications de tout ceci», a informé la syndique.

La cheffe de l’exécutif a fait savoir que, quoi qu’il en soit de la suite, le bail ne serait pas renouvelé en octobre 2019. Le gérant est au courant.

Malgré les critiques qui fusent de toutes parts, sur insistance de la commission des finances (Cofin), la traditionnelle fondue qui suit le dernier Conseil a eu lieu à l’Union, le 1er décembre. La Municipalité avait proposé de changer de cadre, vu la problématique. «La discussion de la Cofin a porté sur le fait que pour une antépénultième fois, on voulait leur donner une chance et qu’il étaitimportant de faire marcher notre auberge», explique Pierre-Yves Correvon, président de la Cofin. Le Gimelan ajoute par ailleurs, à titre personnel: «Très franchement, je n’y retournerai pas. La nourriture n’y est pas bonne, la qualité est irrégulière et le service laisse à désirer. Et pourtant je suis un enfant de Gimel et j’ai toujours défendu l’Union. Cette situation me fait mal au cœur».

«Rien à déclarer»

Abdel Mourak, le gérant de l’auberge, contacté par téléphone, déclare d’emblée: «Je ne réagirai pas» et répète à plusieurs reprises: «Je n’ai rien à dire». On insiste un peu et on évoque le cas des aménagements illicites. «Je n’ai jamais reçu de courriers officiels à ce propos de la commune ni l’information écrite que le bail ne serait pas renouvelé.»

Ayant compris que les informations émanaient essentiellement du Conseil communal, il lâche tout de même: «Ils étaient tous là vendredi soir, personne ne m’a parlé de quoi que ce soit». La conversation s’interrompt assez rapidement, le gérant déclare qu’un client l’attend.

Avenir compliqué

Le sort futur de l’auberge communale semble pour le moins problématique. Sa rénovation s’annonce d’ores et déjà comme compliquée et très coûteuse. «On ne peut pas maintenir cet établissement dans cet état», a conclu la syndique. Ce à quoi a répondu le conseiller communal Michel Monod: «Les anciens disaient déjà que l’auberge était une toupine (ndlr, un gros pot sans fond, à l’image des gros investissements qui ont été faits dans le bâtiment, sans n’avoir jamais eu de retours positifs). Elle ne permet de retourner ni beurre ni fromage aux citoyens».

Reprise de bail, pas un vrai choix communal

Abdel Mourak avait repris les rênes de l’auberge communale en octobre 2015. Les précédents gérants avaient quitté prématurément pour cause de maladie. Il s’agissait donc d’une reprise de bail avec un candidat proposé par ces derniers. Du moment qu’il était solvable et qu’il avait une patente, les autorités ont validé cette unique candidature, car elles n’avaient pas d’autre choix.


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