04.10.2017, 23:22  

Morges abrite un prix Nobel

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Installé à Morges depuis 1997, Jacques Dubochet a décroché le prix Nobel de chimie avec deux autres scientifiques, hier.

 04.10.2017, 23:22   Morges abrite un prix Nobel

PRIX Jacques Dubochet, professeur honoraire de l’Unil et citoyen de La Coquette, a décroché le Graal de la chimie, hier, avec deux autres lauréats.

samantha lunder et caroline gebhard, avec l’ats

morges@lacote.ch

Ila beau être «discret et modeste», selon l’ancien syndic de Morges Eric Voruz, Jacques Dubochet faisait la Une de tous les médias. Et pour cause: à 76 ans, le Morgien a...

samantha lunder et caroline gebhard, avec l’ats

morges@lacote.ch

Ila beau être «discret et modeste», selon l’ancien syndic de Morges Eric Voruz, Jacques Dubochet faisait la Une de tous les médias. Et pour cause: à 76 ans, le Morgien a décroché le prix Nobel de chimie aux côtés de Joachim Frank (Etats-Unis) et de Richard Henderson (Grande-Bretagne). Le trio a été récompensé pour ses travaux en cryo-microscopie électronique, une méthode révolutionnaire d’observation des molécules couplée à l’imagerie 3D. Malgré le tapage médiatique, Jacques Dubochet n’en était pas moins souriant et hyperdisponible, hier, lors d’une conférence de presse à l’Université de Lausanne (Unil) qui a suivi l’annonce des résultats.

Lorsque la nouvelle est tombée, la région a immédiatement laissé éclater sa fierté. Réunis à bord du «Rhône» pour la croisière du 125e anniversaire du «Quotidien de La Côte», Eric Voruz et Vincent Jaques, actuel syndic de Morges, étaient aux anges. Ce prix, c’est non seulement un honneur qui rejaillit sur leur ville mais également la consécration d’un camarade de parti.

Effort collectif

Installé à Morges depuis 1997, Jacques Dubochet est en effet conseiller communal socialiste depuis deux législatures. «C’est un vrai humaniste, toujours à la recherche du bien commun», souligne Vincent Jaques. Très sensible aux questions environnementales, le scientifique est très attentif aux aspects énergétiques des projets soumis au Conseil communal. «C’est un peu l’écologiste du PS», commente l’actuel syndic.

La députée Aline Dupontet, qui siège avec le lauréat dans les rangs du délibérant morgien, le décrit comme «une personne magnifique». Surtout, Jacques Dubochet est très attaché à la valeur collective de son travail: «Il ne dira jamais qu’il fait quelque chose tout seul», poursuit Aline Dupontet. Hier, à l’Unil, où il a officié comme professeur jusqu’en 2007, le Morgien a d’ailleurs tenu à rendre hommage à ceux qui ont rendu possible sa consécration: «Je déteste la compétition personnelle et, dans ce travail, il était absolument nécessaire de collaborer avec les autres. Je suis très reconnaissant, mais on n’obtient pas un prix Nobel tout seul. Les deux moments-clés sont l’œuvre de mes ingénieurs.»

«Professeur Tournesol»

Attachée à ce personnage «hyperenjoué», Aline Dupontet le qualifie affectueusement de «Professeur Tournesol». Il faut dire que Jacques Dubochet n’a jamais laissé ses étudiants indifférents. Pierrick Buri, de Pampigny, se souvient de cet enseignant «extraordinaire» qui ne ménageait pas son enthousiasme lors du cours «Biologie et société» à l’Unil, en 2004-2005. Cet enseignement «avait pour but de contextualiser le domaine de la recherche par rapport à ses impacts sur notre société», explique le trentenaire, qui travaille aujourd’hui comme assistant de recherche en agronomie à la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève. «Ces cours, c’est très vite barbant, mais lui avait le don de les rendre vivants. Il a un talent assez unique pour captiver son auditoire.» Aujourd’hui, Pierrick Buri est fier de se dire qu’il a été l’élève d’un prix Nobel: «C’est assez incroyable! Dans une carrière, c’est le Graal. C’est une consécration qui n’est de loin pas à la portée de tout le monde et c’est amplement mérité!»

Retraité depuis dix ans, le lauréat a toujours évoqué son travail avec ses proches, mais sans les bassiner. «Mon père a beaucoup d’intérêt pour plein de domaines, confie Gilles Dubochet. A la maison, on parle aussi beaucoup de sujets politiques morgiens et on a passé des soirées à discuter du plan partiel d’affectation! Ma mère et moi avons aussi été membres du Conseil communal.» Surtout, Jacques Dubochet, qui «a toujours vu la recherche comme rattachée à tout ce qui l’entoure», selon son fils, a l’habitude de s’épancher sur le sujet lors de moments très particuliers: «C’est souvent en montagne, lorsque l’on monte dans une cabane, ou autour de la table familiale.»


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