23.05.2019, 11:00

Morges: l’homme qui se cache derrière les tulipes et les dahlias

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Stanley Mathey, ici dans les tulipes, dirige un domaine de 22 hectares, où la culture voisine de plus en plus avec la nature.

En ville Stanley Mathey, le chef de l’Office des parcs et promenades de La Coquette, revient sur dix-sept années consacrées à verdir et fleurir la vie des Morgiens. Portrait.

«J’adore mon métier. Il me permet de relever des challenges passionnants, comme concevoir et concrétiser des projets. J’apprécie aussi le défi de concilier la planification et l’imprévu.» Stanley Mathey sait de quoi il parle. Il y a une semaine, il a fait mettre les bouchées doubles à son équipe de jardiniers: après l’arrachage des bulbes de tulipes, il s’agissait de remettre en état le Parc de l’Indépendance, de resemer du gazon sur les plates-bandes, le jour même, pour profiter de l’arrosage des pluies du week-end.

Engagé en 2002 par la Ville de Morges comme contremaître, accédant, par la suite, au poste de chef de l’office des Parcs et promenades, rattaché à la direction municipale Infrastructures et gestion urbaine, notre interlocuteur évoque, enthousiaste, ses fonctions à la tête d’un service de vingt-sept collaborateurs, dont six apprentis.

Des parcs aux giratoires

Le sympathique barbu souriant résume le cahier des charges de ce secteur plein air de l’administration: «Nous nous occupons du végétal; du brin d’herbe à l’arbre, y compris évidemment les fleurs, dont les grands événements que sont la Fête de la tulipe (cinquante ans en 2020) et les Quais du dahlia. Les jardiniers de la commune entretiennent, de plus, les places de jeux, y compris la sécurité des installations.

Au total, Stanley Mathey et son équipe gèrent 22 hectares dans la commune, en premier lieu les deux parcs existants, en attendant l’adjonction imminente de La Prairie, dont le statut public découle du PPA Prairie Nord-Eglantine. Pas un coin de la cité qui n’échappe à Stanley Mathey et à sa brigade verte. Laquelle a, par exemple, procédé à l’installation remarquée, sur les giratoires, de vélos expédiés en Afrique après le Tour de Romandie.

Assaut de bêtes à bon Dieu sur les pucerons

Au moment du bilan de ces dix-sept ans aux Parcs et promenades, Stanley Mathey rappelle les projets et réalisations, telles les nouvelles serres du Molliau, voisines du cimetière, entretenu lui aussi par les jardiniers de la Ville. Et surtout les importantes mutations survenues dans le même laps de temps, à savoir le grand retour de la nature en ville. «Nous ne travaillons plus comme à l’époque. Nous limitons au maximum l’usage de la chimie, à l’exception des zones touristiques. Même sur les terrains de foot, nous employons ces substances avec grande parcimonie.»

Nous limitons au maximum l’usage de la chimie, à l’exception des zones touristiques.
Stanley Mathey chef de l’Office des parcs et promenades de Morges

Des bêtes à Bon Dieu sont lâchées ici et là pour éliminer les pucerons dont elles sont le prédateur naturel. A ce titre, Stanley Mathey est heureux du prix décerné à Morges il y a quelques années, pour sa politique de retour à l’état sauvage d’une part importante du site de Beausobre, qui a permis de favoriser la biodiversité.

«Tout cela implique de se former et de se remettre en question, mais cela ne me fait pas peur. Aujourd’hui, il faut vivre le présent tout en anticipant le futur. Le climat nous préoccupe. Dans cette perspective, quand nous plantons des arbres, nous privilégions des variétés peu sensibles à la chaleur. Cela ne suffira pas, toutefois à contrer le phénomène», avoue-t-il, lucide.

Une vocation d’enfance

Né en 1971 à Yverdon, avant une enfance à Lonay, où ses parents exploitaient un domaine maraîcher, Stanley Mathey a tout naturellement étudié à l’Ecole horticole de Lullier. Un passage à la Bourse aux fleurs à Chavannes lui permet plus tard de satisfaire son goût pour le contact, qu’il renforce, sur le plan associatif, en adhérant à l’Abbaye de Lonay.

Sur le point de s’installer à Vufflens, celui qui passe une bonne partie de son temps dans un bureau, avec bonheur, certes, se réjouit de remettre les doigts dans la terre. «Il faut cultiver son jardin», conclut-il, à l’image du «Candide» de Voltaire. Un bouquin qu’il a lu il y a fort longtemps…


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