24.01.2019, 10:27

Morges: les Mouettes changent de chef de file

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A 77 ans, Claude Gendroz estime que le moment est venu de passer la main. Il continuera néanmoins de prêter sa voix aux Mouettes.

Culture Après neuf ans à la tête de la société morgienne, le septuagénaire rentre dans le rang. Portrait d’un homme aux multiples intérêts: du chant, de l’enseignement et du service à la collectivité aux joies de la pêche en rivière.

«J’aurai 77 ans cette année. C’est le moment de m’en aller.» Après neuf ans à la présidence des Mouettes, Claude Gendroz transmettra le relais, lors de l’assemblée générale de la société, le 6 février prochain, à un successeur, dont le nom sera dévoilé à ce moment-là. Le nouveau président sera forcément l’un des six membres du comité existant. Une liste qui inclut, entre autres, l’ancien municipal et trésorier de la société, Denis Pittet. Mais, pour l’heure, c’est motus et bouche cousue…

«J’ai eu un énorme plaisir à assumer cette fonction», déclare notre interlocuteur, qui a, au début de ce mois, en cette qualité, pris part à son ultime loto. La page se tourne pour ce pilier du chœur fondé en 1944 par la cantatrice Lidia Opienska. Il était d’abord formé exclusivement de dames, avant d’être complété par un groupe de danses folkloriques, puis devenu mixte.

Claude Gendroz entre aux Mouettes dès son arrivée à Morges en 1973. Il se réjouit cependant, aujourd’hui, de continuer de donner de la voix, passion qu’il partage avec son épouse Nelly. «Le chant est une bonne manière de faire des choses ensemble en couple», avoue-t-il. Intarissable sur son goût pour le chant choral, il déplore, au passage, les difficultés liées au manque de rajeunissement des effectifs au sein des chœurs, une fatalité à laquelle les Mouettes n’échappent pas.

Une carrière dans l’enseignement

«A mes débuts à Morges, il y avait la Jeune Helvétie, 60-70 membres, l’un des meilleurs ensembles masculins du canton, et Pro Classica. Les deux n’existent plus.» Il livre ce constat un brin désabusé. L’esprit de société, tel qu’il existait alors, n’est plus là. «Maintenant, les gens suivent un chef ou sont intéressés par une œuvre. Après, on ne les revoit plus. Les jeunes organisent également différemment leurs loisirs, en comparaison avec les générations précédentes.»

De fait, Claude Gendroz est venu au chant à travers son métier d’instituteur. Ce qui n’a pas été sans mal, au premier abord. «Pour entrer à l’Ecole normale, ancêtre de la Haute école pédagogique, j’ai dû passer une audition de chant. J’ai eu la note 1 parce qu’ils ne pouvaient pas mettre zéro.» Par la suite, il fit des progrès, grâce aux cours de Jacques Burdet, auteur d’un manuel de solfège réputé pour les écoles.

Maintenant,les gens s’intéressent à un chef ou à une œuvre. Après, on ne les revoit plus!
Claude Gendroz président des Mouettes

Le natif d’Yverdon, où il voit le jour en 1942, dirigera même le chœur du village de Baulmes, son premier poste de prof remplaçant, en 1961. «J’avais tout juste 19 ans. Sans ma blouse et sans ma cravate, on aurait pu me confondre avec mes élèves. J’ai toujours eu des grandes classes.» A Morges, il réussit son brevet de maître de classe supérieure, autrement dit de prim’sup’. Il a la chance d’inaugurer le collège du Petit-Dézaley, tout neuf. Entre autres individualités marquantes il aura dans ses classes Olivier Botteron, futur commandant de la Police cantonale, et l’ophtalmologue André Mermoud, spécialiste mondial du glaucome.

Dès 1981, il troque le terrain contre l’administration et est nommé adjoint du chef de service de l’enseignement primaire, en quelque sorte à la direction des ressources humaines pour les instits vaudois. Jusqu’en 2002, année où il prend une retraite anticipée. Tenté par la politique, il entre au Conseil communal en 1989, où il siégera au parti radical, jusqu’en 2001.

Intérêt pour la chose publique

En 1997, il accède au perchoir. Sa plus grande satisfaction, comme premier citoyen, est de remettre le diplôme de bourgeois d’honneur de la ville au chef de chœur André Charlet. «J’ai adoré ce moment et cette année, même si mon agenda était démentiel, avec, en plus de mon emploi, plus de 70 représentations officielles. Heureusement que ma femme, qui avait donné son accord préalable, m’a accompagné à maintes reprises.»

Attaché aux valeurs de respect et d’élégance, il se rappelle, avec malaise, des affrontements gauche-droite entre le syndic de l’époque, Jean-Michel Pellegrino, son camarade de parti, et la municipale socialiste Francine Jeanprêtre, cristallisé autour, notamment, de la localisation du projet de nouvelle patinoire. De sa position de retrait, il continue d’observer avec intérêt la chose publique, constatant, avec regret, une ambiance ultra-politisée et radicalisée. «ça ressemble de plus en plus au Conseil de Lausanne! En ce temps-là, l’atmosphère était plus positive et constructive.»

Père de trois enfants et deux fois grand-père, Claude Gendroz, malgré quelques problèmes de santé, adore taquiner le poisson en rivière. «Il faut bien se faire une raison, la truite se fait de plus en plus rare.» Cela ne fait rien. ll apprécie la nature.


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