07.12.2017, 00:01  

Oui frileux à l’étude sur la fusion

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Luc-Etienne Rossier, à gauche, et Claude Ioset, à droite.

 06.12.2017, 22:57   Oui frileux à l’étude sur la fusion

MONTHEROD Les conseillers généraux ont donné leur feu vert mardi soir à l’étude sur le projet de fusion avec Aubonne, mais les rangs sont très divisés au sein du Conseil.

Tué dans l’œuf? Est-ce le destin du projet de rapprochement entre Aubonne et Montherod? Le 28 novembre, Aubonne avait approuvé à une très large majorité le préavis d’intention relatif à l’étude d’un projet de fusion entre les deux communes (5 abstentions sur les 47 membres, aucun vote négatif). Ce mardi soir, c’était au tour des conseillers montherolis de se...

Tué dans l’œuf? Est-ce le destin du projet de rapprochement entre Aubonne et Montherod? Le 28 novembre, Aubonne avait approuvé à une très large majorité le préavis d’intention relatif à l’étude d’un projet de fusion entre les deux communes (5 abstentions sur les 47 membres, aucun vote négatif). Ce mardi soir, c’était au tour des conseillers montherolis de se prononcer. Ils ont accepté d’entrer en matière sur l’étude, à bulletins secrets. Mais le résultat montre clairement que les rangs sont divisés: 19 ont dit oui contre 12 non.

Une telle issue était toutefois prévisible. La commission chargée d’examiner le préavis recommandait de refuser le préavis et «de renvoyer à plus tard leprojet de fusion, à un moment plus favorable». «Il y a deux incertitudes majeures: la première est relative aux impacts financiers de la réforme de la fiscalité des entreprises et la seconde à la mise en œuvre de la Loi sur l’aménagement du territoire, a relevé Etienne von Streng, président de la commission. Et elles ne pourront pas être clarifiées de façon satisfaisante par les groupes de travail d’ici au printemps prochain.»

Ne toucher ni aux impôts ni au territoire

Dans le détail, la commission craint que la réforme sur la fiscalité des entreprises ait un impact sur les finances d’Aubonne et entraîne une hausse d’impôt, arguant que Montherod, au contraire, «ne sera pas frappée par cette révision.» Une affirmation aussitôt contredite par le syndic Claude Ioset: «Avec la nouvelle péréquation de 2021, tout le monde passera à la caisse.»

Autre argument déjà avancé lors du précédent projet: la crainte qu’Aubonne n’empêche le développement de Montherod en termes de nouveaux habitants. Etienne von Streng était alors déjà un opposant déclaré lors du projet «Objectif ensemble» qui avait avorté, en 2015, entre les communes d’Aubonne, Montherod, Saint-Oyens et Saubraz. Là aussi, le syndic a répété ce qui avait déjà été affirmé alors: «Chacun garde ses zones à bâtir, il n’y a pas de vases communicants entre les plans généraux d’affectation des deux communes.»

Processus stoppé?

Enfin, à l’image de certains conseillers aubonnois, la commission et quelques conseillers montherolis ont pointé du doigt la précipitation avec laquelle le projet semble être mené. «Le calendrier est idéal, mais il est indicatif et non contraignant», a souligné Claude Ioset comme son homologue à Aubonne la semaine dernière. La nouvelle commune fusionnée pourrait entrer en fonction dès 2019.

Si le préavis a passé la rampe, la séance de mardi a révélé des tensions palpables entre la commission et la Municipalité, ainsi qu’entre certains citoyens et le président rapporteur de la commission. Claude Ioset a affirmé que «le rapport consommait unerupture avec la tradition de consensus» qui prévalait jusque-là. «La Municipalité l’a ressenti comme un coup de poignard dans le dos, une façon de quasiment saboter le projet». Le chef de l’exécutif et un conseiller se sont emportés en utilisant les mêmes mots. «C’est un déni total de démocratie, a tonné Rémy Duflon. Si on dit non, la population n’aura plus son mot à dire. Et ce soir, nous ne représentons que 6% des citoyens. Donnons la parole au peuple!». «Le rôle de la commission était d’éclairer le Conseil sur des éléments que nous avons considérés comme essentiels», a plaidé Etienne von Streng.

Même si le vote a été positif, la suite du processus pourrait être remise en question. Au lendemain du scrutin, Claude Ioset relevait: «Ce vote n’est pas un bon signal, on attendait un résultat plus tranché. On avait besoin d’un Conseil quasi unanime derrière nous. La question de continuer dans ces conditions doit se poser.» Les deux syndics vont se rencontrer pour en parler.


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