Saint-Prex: une villa romaine découverte sous les vignes

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Archéologie La construction d'une propriété a révélé des trésors en sous-sol.

Par DANIEL GONZALEZ
  29.08.2014, 06:31
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Depuis trois semaines, des archéologues s'affairent sur les hauteurs de Saint-Prex. S'il reste encore deux semaines de fouilles et de nombreuses analyses à effectuer, le site a déjà permis de mettre au jour quelques belles trouvailles. "Pour l'heure, nous savons qu'il s'agit d'une villa romaine. La présence de pilettes et de dalles en terre cuite indique que celle-ci était dotée d'un hypocauste, un local de chauffe typique des établissements romains; autrement dit, le chauffage au sol de l'époque" , détaille Nicole Pousaz, archéologue cantonale. "La villa a été construite entre le début et la fin de l'occupation romaine, soit entre les Ier et IVe siècles. Il faudra étudier le mobilier et la céramique trouvée sur le site, afin de définir une date plus précise. Malgré tout, j'avoue que nous avons été surpris par l'état de conservation des ruines, surtout lorsque l'on connaît le type de cultures qu'abritait cette parcelle." En effet, le terrain est niché au coeur du vignoble, en bordure de la Route de Lussy.

Un site archéologique connu

Si les archéologues n'imaginaient pas tomber sur des fondations aussi bien préservées, leur présence à cet endroit ne fut pas une surprise pour autant. Il faut dire que la parcelle se situe dans une zone archéologique clairement identifiée par le Canton depuis de nombreuses années.

Lorsqu'il décide d'entreprendre la construction d'une villa jumelle sur cette parcelle héritée de son père, Yves Morand s'attendait donc à ce que le sous-sol contienne quelques vestiges antiques, raison pour laquelle il a pris les devants. "Je savais que c'était une zone sensible. Avant la mise à l'enquête, j'ai donc demandé aux services archéologiques de venir réaliser des sondages. Je voulais éviter de payer des frais supplémentaires par la suite. Ce qui serait arrivé si le chantier avait démarré et qu'il avait dû être arrêté suite à l'intervention des archéologues" , explique Yves Morand.

Une fois les sondages effectués dans le courant du mois de mai, ceux-ci ont rapidement confirmé la présence de ruines très proches de la surface. Le Canton avertit donc Yves Morand qu'il faudra non seulement entreprendre des fouilles, mais qu'il devra également participer financièrement à ces dernières. De quoi le laisser quelque peu perplexe: "Je n'ai pas compris pourquoi j'étais tenu de payer des travaux de ce type, sachant que ce qui se trouve en sous-sol ne m'appartient pas." L'article 724 du Code civil stipule effectivement que tout bien matériel ou objet scientifique trouvé dans le sous-sol d'un terrain privé et n'appartenant à personne, appartient en définitive à la collectivité.

Une partie de la facture à la charge du propriétaire

Partant, pourquoi le propriétaire doit malgré tout prendre à sa charge les frais liés aux fouilles? "Parce qu'il va détruire les vestiges , répond Nicole Pousaz. C'est le principe du casseur-payeur. S'il ne creusait pas, le patrimoine ne serait pas menacé. Il ne revient pas à la collectivité de supporter le coût d'une initiative privée." Si d'autres cantons prennent en charge la totalité de ce type de frais, l'archéologue cantonale insiste sur les aspects positifs de la législation vaudoise: "En contrepartie des frais assumés par le propriétaire, l'Etat permet à ce dernier de construire sur un site archéologique. Par ailleurs, si le Canton devait financer les fouilles à lui seul, il ne pourrait pas forcément les réaliser dans un délai raisonnable, tenu qu'il est par le budget mis à sa disposition."

Néanmoins, l'Etat prévoit dans certains cas l'octroi de subventions. Un levier qu'a bien évidemment actionné Yves Morand. Ainsi, sur les quelque 120 000 francs que coûteront les cinq semaines de fouilles réalisées par la société Archéodunum sur mandat de l'Etat, il n'en paiera finalement qu'une partie, que l'archéologue cantonale préfère ne pas dévoiler. "Il s'agit à chaque fois de cas particuliers. La nature des sites, leur état de conservation ou encore l'importance des terrassements font partie des facteurs entrant en ligne de compte. Mais nous veillons à appliquer une égalité de traitement entre les différents cas. Cela dit, le propriétaire étant averti des conséquences financières dès le départ, c'est en toute connaissance de cause qu'il peut choisir de continuer ou non les travaux" , précise Nicole Pousaz.

Il est encore trop tôt pour dire si les fouilles s'étendront au-delà des cinq semaines prévues initialement. Mais, à moins que les archéologues ne dénichent un quelconque élément d'exception d'ici la fin du chantier, il est peu probable que les fondations soient conservées. Seuls seront mis de côté les fragments de type céramique, morceaux d'amphores, mosaïques ou enduits peints, dans le cas où il y en aurait. La conservation in situ des murs est un traitement habituellement réservé à de grands ouvrages, tels que l'amphithéâtre de Nyon. Toutefois, si le propriétaire en fait la demande, il peut, à sa charge, intégrer des vestiges dans la future construction qu'il projette sur son terrain.


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