Un planeur se pose d'urgence dans un champ à Aubonne

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Faits divers Un Soleurois qui faisait son deuxième vol en planeur de la journée a dû se poser d'urgence dans un champ.

Par Fabienne Morand
  30.05.2012, 09:01
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"T'as un avion dans ton champ", a déclaré au téléphone un voisin de Christian Streit. Ni une, ni deux, l'Aubonnois prend sa voiture, craignant d'assister à une catastrophe. Arrivé à proximité de son champ de betteraves, il réalise qu'il s'agit d'un planeur. Le pilote est déjà sorti de son cockpit et autant lui que son avion n'ont pas une égratignure. Il est un peu plus de 17h. 

La situation inhabituelle aurait pu s'arrêter là, mais ce ne fut que le début d'une longue soirée remplie de rebondissements. Retour sur un mardi soir pas comme les autres.

Un véhicule pour le transport
Pendant que les deux fils de l'agriculteur s'amusent avec les boutons du tableau de bord, le pilote passe quelques coups de fil. Sa voiture a un crochet d'attelage pour tirer la remorque, qui est à Granges (SO), et les clefs sont avec lui, à Aubonne. Impossible de trouver un ami qui a soit une voiture adaptée ou qui n'est pas en vacances.

Voyant la situation sans issues, Christian Streit n'hésite pas à prêter sa jeep au malheureux pilote. Celui-ci prend la route pour Granges.

Vers 21h, le Soleurois est de retour avec l'équipement nécessaire pour récupérer son avion. Un ami le suit avec la jeep de Christian Streit.

Le pilote, son ami, l'agriculteur, son beau-frère et la journaliste de "La Côte" vont vivre une fin de soirée pleine de contrecoups.

Le rangement en cinq étapes
Première étape: tourner l'avion, le faire descendre le champ et le mettre dans l'alignement de la remorque. C'est la partie la plus facile.

Seconde étape: enlever l'extrêmité des ailes et les ranger dans la remorque.

Troisième phase: Enlever les ailes. Ne l'ayant pas fait depuis des années, le pilote ne sait plus où est la pièce qui bloque les ailes. Armé d'une lampe de poche et de patience, la charnière est finalement trouvée et enlevée. Mais les ailes restent bloquées. Après plusieurs minutes d'efforts et de communication trilingue (le beau-frère parle anglais, les Soleurois suisse-alemand et les deux francophones font office de traducteurs). Finalement, les ailes sont également rangées et la tête de l'avion posée dans la remorque.

Quatrième étape: Démonter l'aileron arrière. Mais le pilote ne sait pas comment faire, ni quels outils utiliser. Christian Streit prend les choses en main et rapidement trouve comment décrocher un côté de l'aileron, mais impossible de le retirer. Après de longues analyses à la lampe de poche, l'agriculteur part chercher sa boîte à outils et, avec l'accord du pilote, dévisse un boulon. L'aileron ne bouge toujours pas.

Il est passé 23 heures quand le Soleurois se décide à appeler un ami. Celui-ci lui explique comment faire et surtout où se trouve le mode d'emploi dans son cockpit. En page deux du carnet, il est écrit "ne surtout pas enlever l'écrou". L'Aubonnois le remet en place et après de longs efforts, l'aileron sort de son support. Il fallait "juste" le tirer avec force vers l'avant.

Dernière phase: Ranger l'avion dans la remorque. Il ne faut que quelques minutes aux quatres hommes pour pousser la carcasse dans son habitacle. Tout est enfin fini... ou presque. La tête de l'avion n'était pas bien positionnée sur son support, impossible de fermer la porte. Il faut ressortir l'avion, le positionner correctement et le rentrer à nouveau.

Il est près de 23h30 quand les portes sont enfin fermées.

"Rien du tout, on a bien ri. Et on a appris quelque chose", a été la réponse de Christian Streit au pilote qui lui demandait ce qu'il lui devait.

Les cinq compères ont regagné leur penate, souriant encore de la soirée improbable qui venait de se dérouler.

L'avion et son pilote

Le planeur avait déjà effectué un vol de Granges (SO) à la région lyonnaise, puis retour. L'avion atteint une vitesse d'environ 80 km/h et met, selon les vents, deux heures pour effectuer le trajet.

C'est sur le retour de son deuxième vol de la journée, que le pilote a connu quelques difficultés. Des turbulences ont fait perdre de l'altitude à l'engin. Normalement, il suffit d'actionner un petit moteur et son hélice pour redonner l'énergie nécessaire à la poursuite du trajet. C'est à ce moment là que le pilote a connu quelques problèmes techniques. Il ne lui restait plus qu'une solution: se poser.

"On regarde bien si le champ est suffisament grand, s'il semble plat et il n'y a aucun problème pour se poser", explique le Soleurois. "Le seul problème, c'est s'il y a un trou ou des cailloux qu'on ne peut pas voir depuis l'avion. Mais dans un champ cultivé, les cailloux sont retirés par l'agriculteur", continue celui qui vole depuis 1976.


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