BRNS: «Nous sommes clairement un groupe de scène»

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JVAL Openair Quatuor belge débordant d'énergie, "BRNS" jouait hier soir lors de la dixième édition du JVAL Openair de Begnins. Interview.

Par Sylvain Bolt
  30.08.2014, 12:00
Les Belges de "BNRS" ont présenté leur "live" plein d'énergie, hier soir au JVAL Openair de Begnins.

Ils sillonnent l’Europe avec une Musique difficilement qualifiable, mêlant harmonies et rythmes soutenus. Sur scène, l’énergie communicative qu’ils transmettent fait l’unanimité. Rencontre avec Tim (batterie/chant) et César (percussions/synthés), du quatuor bruxellois «BRNS». 

BRNS, ça n’est pas les quatre premières lettres de vos prénoms…Alors pourquoi ce nom?

Tim : «Brains, Brains», c’est le cri des zombies lorsqu’ils veulent manger de la cervelle. Quand on a commencé le groupe, on regardait beaucoup de séries Z, donc c’est une sorte de référence à tous ces films là. L’univers est resté, avec des paroles et un côté un peu surnaturel, en parlant de la mort, de cimetières, de la vie après la mort. C’est un peu lugubre. On a ensuite enlevé les voyelles car il y avait trop de «Brains» lors de recherches sur Internet…

Vos clips, à l’image de celui de l’un de vos derniers titres, « Void »,  sont très cinématographiques. L’importance du visuel se retrouve également sur la pochette de « Wounded », sorti en 2012. Une volonté de votre part ?

César : Oui, on collabore avec des gens dont on aime bien l’univers.

Tim : Pour ce clip là, il y avait clairement une volonté de faire une sorte de «gros court métrage» et c’est donc une sorte de «clip concept». Il est peut-être un peu indigeste, car il est difficile de se focaliser sur la musique quand il y a tellement d’images à regarder. C’est un clip qui se voit plusieurs fois, qui se digère un peu et qu’il faut presque dissocier de la musique, même si les deux fonctionnent vraiment bien ensemble. Mais comme disait César, on aime vraiment bien collaborer avec des gens et leur donner carte blanche.

Un des titres de «Wounded» s’appelle «The story of Bible», dont voici un extrait : «c’est l’histoire de la Bible, ouvre ton esprit et écoute». La religion a-t-elle une importance pour vous?

Tim: Il y a en fait une sorte de dérision dans la chanson. Elle évoque le fait d’écouter la bible, dans le sens ouvre ton cerveau, ouvre ta tête, et prend tout sans bien réfléchir. C’est l’histoire assez triste d’une personne qui est partie dans une communauté et qui s’y est retrouvée un peu emprisonnée, qui a perdu toute couleur, toute saveur. Disons que c’est inspiré de choses chrétiennes, mais tout ça est plutôt pris à sens inverse.

Un univers sombre se dégage de «Void» mais aussi "My head is into you», titres que l’on retrouvera sur votre nouvel album prévu pour octobre prochain. Cela contraste d’ailleurs avec l’énergie et la bonne humeur que vous dégagez sur scène…

César : C’est vrai qu’on est assez du genre «lâcher prise» sur scène, on passe un bon moment entre potes et c’est plutôt la rigolade qu’autre chose, tout en jouant des chansons qui ne sont pas forcément rigolotes... Les paroles sont assez sombres mais je trouve qu’il y a quand même des moments lumineux dans les morceaux. Tout n’est pas sombre non plus.

Tim : Sur le nouvel album, il est vrai que les accords et les harmonies sont assez mélancoliques. Depuis le début du groupe, on aime cette idée de contraster les choses, dans les structures des morceaux par exemple : des moments très posés et alterner cela avec un moment super «bruitiste». Les paroles, au final, personne ne les comprend vraiment (rires). Donc ça nous rend service, car ça amène peut-être plus de cohérence alors qu’en fait il y a vraiment quelque chose de plus torturé. Mais nous ne sommes pas vraiment déprimés en fait, on est de grands «Gais Lurons» plutôt (rires).  

La Suisse a appris à vous connaître suite à votre prestation au Paléo en 2013. Depuis, plusieurs dates dans notre pays. Comment jugez-vous ce public?

Tim : Au Paléo, c’est un des publics qui nous a le plus impressionné, ils étaient tellement motivés alors que c’était notre première fois, c’était surprenant ! J’ai l’impression que ce «public paléo» nous suit un peu en Suisse romande. Ils sont vraiment chouettes et très démonstratifs.

César : C’est clairement «l’effet paléo». On voit les mêmes têtes de date en date…ça devient des habitués. Mais il y a une différence entre la Suisse allemande et la Suisse romande. Les Romands sont beaucoup plus chaleureux. Les Suisses allemands sont plus attentifs et les applaudissements sont polis et courtois (rires).

Peu importe la scène et le public, vous transmettez des émotions communicatives. Vous semblez avoir du plaisir à tourner…

César : Nous sommes clairement un groupe de scène. Comme nous ne sommes pas des grands techniciens, une grande partie repose sur l’énergie et sur le plaisir de jouer ensemble. Je crois qu’en général ça se perçoit.

Tim : On va palier le manque de précision et de technique par une grande bonne humeur et limite quand on se plante, ça nous fait bien rire. Et on joue vraiment à l’énergie,  c’est vrai qu’on aime bien ça.

Vous enchaînez les dates et les festivals… comment avez-vous trouvé le temps de composer?

Tim : C’est vrai que ça n’est pas évident quand tu rentres de 2-3 semaines de tournée,  tu as quand même l’envie de te reposer quelques jours en sachant que tu vas repartir. On bloque quelques jours pour composer mais l’inspiration n’est pas forcément là. Pour les prochaines fois, on va plus se réserver de longues périodes lors desquelles on prendra le temps de composer.

Votre nouvel album, «Patine», sort en octobre prochain. Cela fait un moment que vous travaillez dessus?

Tim : Oui. Quand on a sorti «Wounded»,  il y avait trois morceaux qui étaient déjà en chantier et à chaque fois qu’on avait du temps, on a pu compléter.

César : Les chansons sont prêtes depuis pas mal de temps et l’album s’est fait sur une année environ.

En quoi le nouvel album «Patine» a-t-il évolué par rapport à «Wounded»?

César : C’est plus un album de groupe. «Wounded», c’était plus Tim et Antoine qui avaient fait un peu un album les deux. Là, on a tous travaillé ensemble, on a fait des mises au vert pendant quelques jours, des séances d’improvisation, il y avait clairement une dynamique de groupe, chacun amenant sa touche personnelle.

Tim : Disons que sur «Wounded»,  on ne s’est vraiment pas donné de frontière sur les idées, on a testé beaucoup de choses, on écoutait énormément de musique pour toucher à tout. C’est aussi ce qui fait la richesse de «BRNS», avec un petit côté post-rock, tribal ou noise. Sur le deuxième album, on s’est automatiquement orientés vers des choses qui nous plaisaient plus, en laissant tomber par exemple des refrains trop pop comme «I love you so» du titre «Deathbed». On n’a pas réitéré ce genre de refrain trop poussif sur le second album, le groupe est devenu plus mature. Mais on a gardé une certaine naïveté dans la façon dont les chansons se construisent et dans les harmonies. On ne s’est pas séparés de nos vieux instruments comme notre synthé tout pourri, nos clochettes qui sonnent à moitié faux et notre xylophone dont une touche est défoncée (rires). Ce côté bric-à-brac et naïf qu’on aime est resté entre les deux albums. L’esprit de «BRNS» est toujours là quoi !


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