06.12.2017, 00:01

«Je chante comme je parle»

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Policière à Bienne pendant six ans, Fanny Diercksen a rendu son uniforme la semaine dernière pour se consacrer entièrement à la musique.

 06.12.2017, 00:01 «Je chante comme je parle»

NYON La chanteuse biennoise Phanee de Pool présentera «Hologramme», son premier album à l’univers pétillant, demain à La Parenthèse.

Elle a fait un bébé toute seule. Sorti en septembre dernier, le premier album de Phanee de Pool, «Hologramme», a été entièrement conçu par son auteure-compositrice-interprète. A l’aide d’une guitare, d’un clavier, d’une voix qui débite des textes affûtés, d’un peu de folie, et de beaucoup de talent. Depuis deux mois, son univers pétillant semble trouver son...

Elle a fait un bébé toute seule. Sorti en septembre dernier, le premier album de Phanee de Pool, «Hologramme», a été entièrement conçu par son auteure-compositrice-interprète. A l’aide d’une guitare, d’un clavier, d’une voix qui débite des textes affûtés, d’un peu de folie, et de beaucoup de talent. Depuis deux mois, son univers pétillant semble trouver son public et suscite déjà l’intérêt – voire la reconnaissance – des grands médias romands. Tout va très vite pour la Biennoise. Et pourtant, le parcours a été long.

Peu avant son concert, demain à La Parenthèse, Fanny Diercksen, son nom à la ville, décroche son téléphone. Depuis quelque temps, elle écrit déjà la suite. Une inspiration retrouvée après un «baby blues» qui a suivi la sortie du disque. «J’ai eu le sentiment qu’il m’avait échappé des mains, je ressentais un vide qui m’empêchait d’écrire.» Les batteries à présent rechargées, l’artiste de 28 ans est rassurée de coucher à nouveau des mots sur papier.

Rendre l’uniforme

Les papiers, elle avait surtout l’habitude de les demander aux citoyens. Policière à Bienne pendant six ans, Fanny a rendu son uniforme la semaine passée afin de se concentrer pleinement sur la musique. Une grande décision prise sans regrets. «Ce métier m’a beaucoup apporté, mais je voulais arrêter. Je commençais à ne plus me sentir à l’aise sur le terrain.»

Parler de sa profession, Phanee de Pool ne peut y échapper. Que ce soit dans les médias ou sur la toile, l’association chanteuse-flic fait parler d’elle. Surtout que la personnalité extravagante de l’intéressée dénote avec les préjugés courants sur le statut de policier. «C’est comme s’il était intouchable. Dans l’opinion générale, voir un flic faire quelque chose d’artistique paraît encore surprenant.»

Ce métier a d’ailleurs grandement influencé sa musique. En effet, s’ils ne prennent pas pour autant de direction politique, certains textes sortent tout droit du quotidien de la policière. Le titre «Hologramme», par exemple, qui donne son nom à l’album, parle des confessions d’une personne atteinte de schizophrénie que la jeune femme a rencontrée dans son travail.

Indépendance financière

C’est à 22 ans que Fanny s’est lancée dans l’école de police. Après avoir essayé de vivre de sa Musique pendant deux ans avec un projet en trio, elle a rangé sa guitare «afin de trouver un vrai métier et devenir indépendante financièrement». Pourquoi la police? Fanny dit avoir cherché de la discipline, un métier de contact qui ne serait pas routinier. «Rien n’était joué. Je n’étais pas très sportive mais plutôt fêtarde.»

Pourtant, la musique a toujours été présente dans la vie de cette originaire de Tavannes (BE). Une mère pianiste et un père collectionneur de disques de jazz, qui ont «obligé» la jeune enfant, à peine âgée de 7 ans, à apprendre la clarinette. «Un échec» qui l’a peu à peu amenée à trouver son instrument, la guitare, qui l’a accompagnée lors du casting du télécrochet «Nouvelle Star», en 2009.

Une expérience que Fanny n’est pas près de réitérer. «On est un peu la marionnette d’une production. On me demandait d’exagérer toutes mes émotions. J’avais une image de peste hyperactive.» Elle a tout de même été retenue parmi les 25 premiers candidats. Juste pas assez pour se retrouver sur les primes.

Jouer avec les mots

Chez Phanee de Pool, il y a un goût certain pour la langue française. Un malin plaisir à jouer avec les mots et leurs sonorités, même si la jeune artiste dit n’avoir aucune notion de littérature. «Je chante comme je parle. Je mets en musique ce qui me touche, ce que je vis.» Plus proche, selon elle, d’une chanteuse à texte que d’une chanteuse à voix, Fanny Diercksen préfère se définir comme une «slappeuse», à mi-chemin entre le rap et le slam, pour «ne pas mentir sur la marchandise».

De Pool, c’est aussi un clin d’œil à la «loop station», un générateur de boucles qui lui permet d’être seule sur scène avec sa guitare. Si elle avoue avoir passé quelques nuits blanches avant de maîtriser l’engin, c’est pour gagner en indépendance, en liberté et en flexibilité. «C’est aussi un défi. Si c’est mauvais, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même.»

INFO +

Phanee de Pool

Jeu 7 déc, 22h, La Parenthèse, Nyon

www.facebook.com/phaneedepool

www.bar-laparenthese.ch


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