La disparition des scieries, symptôme d'une industrie qui sent le sapin

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Bois A la fin de l'année dernière, la scierie d'Aubonne fermait définitivement ses portes. Celle de Begnins devrait bientôt lui emboîter le pas. La concurrence étrangère, d'autant plus virulente avec le franc fort en est la cause.

Par DGO
  07.08.2015, 15:21
Le scieur de Begnins, Louis Schacher, affûte les lames de sa machine. Un geste qu'il n'effectuera plus d'ici quelques temps.

L’industrie du bois suisse se meurt lentement, mais sûrement. Dans ces circonstances, le métier le plus touché est sans nul doute celui de scieur. Les chiffres sont pour le moins éloquents. De 720 en 1991, le nombre de scieries a chuté à un peu moins de 300, soit une diminution de près de la moitié des unités en 25 ans. La faute au bois lamellé-collé, qui a envahi le marché suisse. Le secteur du bâtiment privilégie aujourd’hui ce type de produits d’assemblage, plutôt que des charpentes d’un seul tenant. Et sur ce créneau, les Allemands et les Autrichiens sont loin devant, car ils disposent de centres de production autrement plus importants que les scieries suisses. De quoi générer d’importants volumes à des prix défiant toute concurrence.

Pas étonnant donc de voir les volumes de coupe diminuer d’année en année, passant de 2,27 millions de m3 en 2008 à 1,7 millions de m3 en 2014, selon les chiffres d’Economie forestière Suisse, l’organisation faîtière des propriétaires de forêts. Une tendance qui n’est pas prête de s’infléchir, au vu du contexte économique actuel. La décision prise par la Banque nationale suisse de supprimer le taux plancher de 1,20 franc pour 1 euro fait trembler toute une filière. Ce d’autant qu’hormis un coût plus élevé, recourir à du bois issu de nos forêts tient du véritable parcours du combattant.

Pour pallier à ce genre de difficultés, l’idée serait de privilégier un circuit court. C’est précisément le projet du Conseil régional de Nyon, qui prévoit la création d’un pôle bois réunissant les différents artisans de la filière, du scieur à l’ébéniste, en passant par le charpentier. «Créer une petite unité avec un séchoir à bois, c’est dépassé. C’est une stratégie d’il y a 20 ans, réagit Stéphane Bovy, qui a dû se résigner à fermer la scierie d'Aubonne. Il faudrait créer une mégacentrale, subventionnée par la Confédération et capable de régater avec les usines étrangères.»

L'enquête complète avec les réactions des différents intervenants de la filière bois de notre région dans nos éditions payantes de mardi.


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