09.05.2017, 17:16

«Grâce à cette étude, nous pourrons convaincre»

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Gérard Produit.

Étude Selon les résultats d’une récente enquête, les institutions culturelles rapportent 14 millions à l’économie locale. Interview avec Gérald Produit, Monsieur Culture au Conseil régional du district de Nyon qui a initié cette enquête.

Quelle a été l’impulsion de départ de cette enquête?
En 2011, le Conseil régional s’est doté d’une politique culturelle, pour soutenir les différents acteurs de ce domaine. Il nous a paru logique, à la fin de la législature précédente, de faire une évaluation de cette politique, pour voir si celle-ci portait ses fruits.

>> Lire aussi: La région multi-millionnaire grâce à la culture

Et c’est le cas?
Oui, nous sommes dans la cible. Mais nous nous rendons compte qu’il va notamment falloir donner un coup de pouce particulier à la ville de Gland, plus particulièrement au Théâtre de Grand-Champ, qui démontre une  vraie volonté de se développer mais qui n’y parvient pas encore totalement.   

L’étude prend en compte deux institutions du District de Morges, qui est hors du champ d’action du Conseil régional. Pourquoi?
Tout d’abord pour une raison financière. En élargissant le périmètre, nous avons pu notamment demander une participation à l’Arcam (ndlr: L’Association de la région Cossonay-Aubonne-Morges) pour réaliser cette enquête. Mais il nous semblait également intéressant d’étudier toute la région de La Côte plutôt que le District de Nyon uniquement.

Il y a en revanche un grand d’absent: le festival Caribana de Crans-près-Céligny...
Oui, pour la simple et bonne raison que cette commune ne fait pas partie du Conseil régional. Aujourd’hui, avant de penser à aller chercher de nouveaux adhérents, nous devons nous concentrer sur nos membres. Bien sûr, Caribana est un événement important. Nous collaborons d’ailleurs avec ce festival en matière de mobilité. Mais nous devons en priorité nous occuper des communes qui se situent dans notre giron.


«Nous pouvons expliquer que la culture est un levier, qu’elle participe activement au dynamisme de la région et qu’elle pousse même certaines personnes à s’y installer.»


On connaît désormais l’impact économique de la culture locale, il est important. Mais en quoi ces données vont-elles être utiles au Conseil régional?
Pour pouvoir communiquer. C’est-à-dire expliquer aux autorités des différentes communes que la culture est un levier, notamment pour attirer des touristes. Qu’elle participe activement au dynamisme de la région et qu’elle pousse même certaines personnes à s’y installer. Actuellement, je ressens un repli au niveau politique. Dans ce contexte, les institutions qui fonctionnent sur la base de la solidarité ont de la peine à fonctionner. Au sein du Conseil régional, au moment de réviser nos status, il y a d’ailleurs eu des demandes de conseillers pour que nous abandonnions le soutien à la culture et au sport. Cette étude va nous permettre de convaincre qu’il est important de continuer d’investir dans ces domaines. Elle va aussi nous permettre d’approcher des fondations.

>> Voir aussi: les 12 institutions qui rapportent des millions

Et d’aller demander des moyens supplémentaires au Canton?
Oui. Le Canton joue déjà un rôle de soutien important mais j’ai l’impression qu’il pourrait en faire plus pour notre région. Je n’ai pas encore tous les chiffres précis pour l’affirmer mais c’est mon ressenti. Par exemple, je ne trouve pas logique qu’il ne soutienne pas les Variations Musicales de Tannay.  Je vais rencontrer prochainement des représentants de l’Etat de Vaud pour en discuter et tenter de comprendre pourquoi certains dossiers provenant de nos institutions ne sont pas acceptés. 

L’étude a-t-elle également été pensée comme un outil destiné aux salles et festivals?
Oui car c’est aux salles de faire le premier pas pour obtenir du soutien, en sensibilisant leur commune. Chaque institution doit commencer par chercher elle-même des fonds dans sa localité. Car si la commune n’entre pas en matière il est alors difficile d’aller demander de l’aide plus haut.

L’enquête analyse également l’attractivité des différentes institutions. Y-a-t-il de la part du Conseil régional une volonté d’inciter certaines salles ou festivals à se remettre en question?
Pas directement mais cela reste une question qu’on ne peut pas ignorer. Lorsque le Conseil régional décide de soutenir une institution, cette dernière doit remplir certains engagements en échange. Nous devons donc nous assurer régulièrement que ceux-ci sont tenus. Il m’est déjà arrivé de devoir attirer l’attention de certains responsables qui ne jouaient pas tout à fait le jeu. Dans certains cas, cela pourrait déboucher sur une réévaluation du soutien alloué. Mais ce problème ne s’est pas encore présenté.


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