05.12.2017, 06:30

Les bibliothèques publiques se mettent au livre électronique

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A Gland et à Nyon, il est désormais possible d'emprunter une liseuse auprès de la bibliothèque communale. A Morges, cette offre devrait voir le jour prochainement.

 05.12.2017, 06:30 Les bibliothèques publiques se mettent au livre électronique

LECTURE Le livre numérique se fait petit à petit une place dans les bibliothèques publiques. Le point sur cette offre à Gland, Nyon et Morges.

Pas d’odeur ni de bruissement de papier. A la place, un objet léger, pratique, muni d’un écran tactile qui vous permet d’avoir accès à des milliers de livres. La lecture sur tablettes et liseuses s’est répandue chez les amateurs de littérature ces dernières années. Certes, leur succès n’est pas fulgurant au sein de cette population. Leurs utilisateurs les envisagent le plus souvent comme un complément au papier. Reste que leur usage continue de se...

Pas d’odeur ni de bruissement de papier. A la place, un objet léger, pratique, muni d’un écran tactile qui vous permet d’avoir accès à des milliers de livres. La lecture sur tablettes et liseuses s’est répandue chez les amateurs de littérature ces dernières années. Certes, leur succès n’est pas fulgurant au sein de cette population. Leurs utilisateurs les envisagent le plus souvent comme un complément au papier. Reste que leur usage continue de se développer. Et avec lui l’offre d’ouvrages numériques à télécharger.

Dès lors, plus possible pour les bibliothèques publiques de faire l’impasse sur ce nouveau mode de consommation. A l’instar de celle de Gland qui, depuis le 1er décembre, inclut le livre numérique à l’offre de sa section adulte. Pour ce faire, l’établissement communal collabore avec deux plateformes en ligne: celle de la Bibliothèque cantonale universitaire - la BCU - qui propose près de 10 000 titres. Et celle de la fondation de droit public Bibliomedia, qui en détient près de 5 500. 

«Avant de lancer ce service, nous avons mené une enquête, explique Sandrine Allaman, responsable de la bibliothèque glandoise. A l’été 2016, nous avons acheté dix liseuses, que nous avons prêtées en test à des lecteurs d’âge moyen. Leur retours ont été positifs. Même si tous nous ont indiqué qu’ils ne se voyaient pas n’utiliser plus que ce type de support.» 

Liseuses à disposition

Deux options se présentent désormais aux usager de la bibliothèque de Gland. Soit ils disposent de leur propre tablette ou liseuse (ou même d’un smartphone) et peuvent dès lors télécharger des ouvrages depuis leur domicile, après avoir reçu un identifiant et un mot de passe. Soit ils ne disposent pas d’un tel outil et peuvent alors l’emprunter, pour une durée d’un mois, auprès de leur bibliothèque.

«Nous mettons à disposition dix liseuses que les lecteurs doivent charger seuls, depuis la maison, via les deux plateformes en ligne avec lesquelles nous collaborons», explique Sandrine Allaman. L’établissement propose toutefois, sur demande, des ateliers d’initiation gratuits pour ceux qui ne sont pas familiers avec cette technologie. Ils ont lieu les mercredis soirs et les samedis matins.
 


"Au mois de septembre, toutes nos liseuses étaient déjà réservées jusqu'à Noël!"

Marie-Claude Troehler, responsable de la Bibliothèque de Nyon



Marchera, marchera pas? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais l’on sait qu’à Nyon une expérience similaire est menée depuis quelques mois. Et qu’elle fonctionne plutôt bien. 
«Nous proposons depuis 2014 une offre de livres numériques à télécharger sur son propre support (ndlr: toujours via la BCU et Bibliomedia). Mais depuis le mois de mars 2017, nous prêtons quatre liseuses aux lecteurs qui en font la demande. Au mois de septembre, elles étaient déjà toutes réservées jusqu’à Noël !», explique Marie-Claude Troehler, en charge de l’établissement nyonnais. Il est ainsi envisagé d’en acheter d’avantage. Comme à Gland, des ateliers d’initiation ont été mis en place, les premiers mardis de chaque mois.

Des usagers plutôt âgés

«Ces liseuses sont beaucoup demandées par des personnes plutôt âgées, poursuit la responsable nyonnaise. Probablement parce qu’il s’agit d’un support idéal pour les gens qui ont des problèmes de vue. Il permet en effet d’agrandir facilement la police des textes. Et comme l’écran est rétroéclairé, contrairement aux tablettes, il ne génère pas de scintillements.» 

La bibliothécaire remarque encore un «pic» des emprunts de liseuses en période de vacances. «Car cela permet aux lecteurs d’économiser de la place dans leus bagages.» Sans oublier que ceux-ci n’ont plus besoin de se soucier de l’échéance du prêt: le livre est «rendu» automatiquement. Selon les estimations de Marie-Claude Troehler, ils sont actuellement une cinquantaine à emprunter chaque mois des ouvrages via l’offre en ligne de la "biblio". Qu’ils disposent ou non de leur propre support numérique.
 


"En 2016, nous avons enregistré près de 1300 prêts numériques"

Sébastien Lê, responsable de la Bibliothèque de Morges



Accord parental exigé

A Morges, la bibliothèque communale ne propose pas encore de liseuses en prêt. «Mais cela devrait être mis en place l’an prochain», indique son responsable, Sébastien Lê. En revanche, elle dispose depuis deux ans d’une offre de livres numériques à télécharger depuis chez soi, via Bibliomedia. Et là aussi, la mayonnaise prend plutôt bien. «Nous avons actuellement 160 personnes inscrites spécifiquement pour ce service. En 2016, nous avons ainsi enregistré près de 1300 prêts numériques.»

Comme à Gland ou à Nyon, la bibliothèque de Morges n’adresse cette offre qu’aux membres de sa section adulte. Pourquoi? «Parce que sur les plateformes en ligne, il est possible de télécharger de la littérature érotique et d’horreur, répond Sébastien Lê. Toutefois, si des mineurs souhaitent s’inscrire, ils doivent nous fournir une décharge de leurs parents». Celle-ci doit être dûment signée, sur du bon vieux papier. 

La réticence des éditeurs francophones

Plus besoin de se soucier de l’échéance d’un prêt, des listes d’attente, de choisir entre plusieurs œuvres au moment de partir en vacances. A première vue, le livre numérique présente de nombreux avantages. Pourtant, quelques inconvénients entravent encore son développement. 

«Contrairement aux anglo-saxons, les éditeurs francophones ne jouent forcément le jeu du numérique, explique la responsable de la bibliothèque de Nyon, Marie-Claude Troehler. Concrètement, à la sortie d’un nouveau livre, ceux-ci attendent souvent quelques mois avant de le publier en ligne. Pour favoriser en premier lieu la vente de l’édition papier et ne pas tuer ce support traditionnel. 

«Pour les bibliothèques, les licences des livres numériques sont également chères. Et puis il arrive que les droits d’exploitation des livres soient supprimés en cours de route. Tout cela freine un peu le développement de cette offre», conclut la bibliothécaire.


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