12.01.2018, 19:24

Suite à des vidéos choc, l'abattoir de Rolle a été fermé provisoirement

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L’abattoir a été fermé durant trois semaines en novembre. Le comité de la coopérative a préféré se séparer du gérant responsable des faits incriminés. Un nouveau a débuté en janvier.

 12.01.2018, 19:24 Suite à des vidéos choc, l'abattoir de Rolle a été fermé provisoirement

Cause animale Le gérant de l’abattoir a été licencié à la suite d’images volées publiées sur les réseaux sociaux par une militante antispéciste. Le Service de la consommation et des affaires vétérinaires a ordonné des mesures.

Un cabri égorgé alors qu’il est encore conscient, un agneau pendu par une patte avant sa mise à mort. Ces images choc ont été obtenues de façon illégale et remontent à la période pascale. Les vidéos clandestines, publiées le 31 octobre 2017 sur les réseaux sociaux par Virginia Markus, ont créé une véritable onde de choc.

La militante...

Un cabri égorgé alors qu’il est encore conscient, un agneau pendu par une patte avant sa mise à mort. Ces images choc ont été obtenues de façon illégale et remontent à la période pascale. Les vidéos clandestines, publiées le 31 octobre 2017 sur les réseaux sociaux par Virginia Markus, ont créé une véritable onde de choc.

La militante antispéciste les a obtenues en filmant en caméra cachée dans l’abattoir de Rolle. La Genevoise les a ensuite fait parvenir au Service de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV) qui a aussitôt pris des mesures.

«Ces images ont provoqué une décision à notre avis totalement disproportionnée de la part du vétérinaire cantonal Monsieur Giovanni Peduto, à savoir la fermeture provisoire des installations rolloises», relève Henri Bourgeois, président de la Coopérative de l’abattoir de Rolle et environs (CARRE) qui gère l’établissement rollois. L’abattoir a ainsi été fermé du 7 au 21 novembre le temps de mener des investigations.

Législation bafouée

Ce qui n’a pas été le cas de celui d’Avenches où des pratiques d’abattage ont aussi été dénoncées par l’association Pour l’égalité animale via une vidéo, argue Henri Bourgeois. Le CARRE a donc dû trouver des solutions alternatives afin de respecter ses engagements durant cette interruption.

En cause, pour l’essentiel, des pratiques d’abattage non conformes aux normes en vigueur. On voit notamment sur les vidéos un agneau pendu par une patte et qui se débat avant d’être abattu, ainsi que la mise à mort d’un cabri qui se passe mal. L’animal, avant d’être saigné, doit être étourdi par l’entremise d’une pince électrique. Or ce jour-là, le processus a dysfonctionné, la tenaille était défaillante et la décharge électrique insuffisante pour étourdir l’animal. Il a fini par être égorgé malgré tout, après plusieurs tentatives infructueuses avec la pince.

"La vidéo ne montre pas qu’après ce seul cas, nous avons réparé la pince défectueuse avant de poursuivre notre travail"

«Le 17 novembre, le SCAV a donné son autorisation pour la reprise des activités sous le contrôle d’un vétérinaire délégué et à la condition d’un changement de personnel d’abattage», précise Henri Bourgeois. Par conséquent, le comité du CARRE a pris la décision de licencier fin novembre le gérant «pour faute grave», qui est sous le coup d’une interdiction provisoire de pratiquer. «Le comité a pris connaissance des faits incriminés qu’après la diffusion des images sur les réseaux sociaux», assure le président du CARRE, également syndic de Saint-Livres. Un nouveau gérant, en la personne de Raphaël Krebs, a pris ses fonctions le 1er janvier.  

«Un seul cas»

Le gérant incriminé ne nie évidemment pas la réalité des images et ne remet pas en question la sanction du SCAV. Pour sa défense, il tient à préciser que l’erreur ne concerne qu’un seul cabri sur environ 400 abattus durant la période pascale. «Et la vidéo ne montre pas qu’après ce seul cas, nous avons réparé la pince défectueuse avant de poursuivre notre travail», explique-t-il.

Son avenir est en suspens. Depuis les faits, il est sous le coup d’une mesure provisoire d’interdiction de pratiquer sur tout le territoire suisse. Il avait jusqu’au 15 décembre pour faire recours, ce qu’il n’a pas fait. «Je suis dans l’attente de la décision définitive du SCAV», explique-t-il. Il ne conçoit toutefois pas que l’interdiction puisse être définitive.

Pas un point final

L’affaire n’est pas terminée ni pour lui ni pour l’abattoir d’ailleurs. Le SCAV n’a pas achevé son instruction, la procédure se poursuit. «J’ai pris des mesures provisoires et agi sur les éléments urgents, là où il y avait péril en la demeure, où le bien-être animal était mis à mal, explique Giovanni Peduto, chef du Service de la consommation et des affaires vétérinaires et vétérinaire cantonal. Lorsque tous les éléments auront été recueillis, des mesures définitives seront imposées tant pour l’abattoir que pour les personnes impliquées».

Jusqu’à présent, le SCAV a effectué plusieurs contrôles afin de s’assurer que les dispositions en matière de protection de l’animal étaient respectées, notamment en ce qui concerne l’étourdissement des animaux. Pour ce qui est des mesures définitives de correction, le vétérinaire cantonal évoque trois pistes, sans que rien ne soit définitif. Elles ont trait à l’aménagement structurel de l’abattoir, aux processus d’abattage ou à la formation des intervenants.

Plainte contre la militante

Le comité du CARRE a déposé plainte contre Virginia Markus pour violation de domicile et pour pose illégale de caméras de vidéosurveillance. La jeune femme, interrogée par Esther Mamarbachi lors de l’émission d’Infrarouge du 1er novembre consacrée au droit des animaux, est revenue sur son procédé.

"L’idée, c’est de choquer les consciences. J’espère ainsi questionner le consommateur sur sa responsabilité"

«Sur cinq minutes de vidéoreportage, j’ai dû sélectionner certaines images, reconnaît-elle. Mais c’est la réalité. L’idée, c’est de choquer les consciences. J’espère ainsi questionner le consommateur sur sa responsabilité».


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