26.08.2016, 08:30

Saint-Cergue: un chiot tué par un congénère

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Florence Roger reconnaît qu’elle aurait du tenir son york en laisse. Elle admet sa part de responsabilité. Mais elle aurait aimé que le jeune homme qui promenait le husky fasse preuve d’un tout petit peu plus d’empathie.

SAINT-CERGUE Une bagarre de chiens fait polémique au village. Un chiot yorkshire y a laissé la vie. Rencontre avec les propriétaires.

 

 

«Charly», un petit york de quatre mois et demi et un kilo tout mouillé, a vécu sa dernière balade le 18 août. Agressé par un congénère de race husky, il a dû être euthanasié dans l’heure qui a suivi.

La scène s’est déroulée dans le quartier des Cheseaux-dessus, à Saint-Cergue, en fin d’après-midi. Florence Roger sort ses quatres petits chiens, détachés, comme à son habitude et à celle de nombreux propriétaires de la résidence. Sur son chemin, elle s’apprête à croiser un jeune homme qui tient un husky attaché. Trois de ses petits protégés prennent la tangente, mais «Charly», tout bébé qu’il est, va vers le chien polaire pour lui dire bonjour. «J’ai bien essayé de l’attraper, mais il m’a glissé entre les mains. ça a été le carnage», témoigne la propriétaire du chiot, encore sous le choc. «Alors, nous confie-t-elle, le jeune homme a ouvert la gueule de son chien pour libérer «Charly», et il l’a balancé à mes pieds avant de tourner les talons», se remémore-t-elle, émue. «Un accident, ça peut arriver. Je sais que j’aurais dû tenir mon chien en laisse. Mais ce jeune homme aurait au moins pu me le donner dans les bras au lieu de le jeter à terre», se défend Florence Roger, effondrée.

Concrètement

La Loi sur la police des chiens (LPolC) stipule que les chiens doivent être tenus en laisse, et la détentrice de «Charly» admet son tort. Cependant, cette même loi stipule également que «tout détenteur dont le chien a blessé une personne ou un animal par morsure doit porter secours à cette personne ou à cet animal et annoncer l’incident au poste de police le plus proche».

Après une courte enquête, soutenue par les habitants du quartier, Florence Roger a pu retrouver la propriétaire du husky, qui habite la même copropriété. Elle s’est rendue à son domicile. «Je me suis présentée, et cette dame m’a alors dit qu’elle ne me devait aucune excuse, parce c’est mon chien qui a attaqué le sien. Avant de me fermer la porte sur le nez», regrette la malheureuse. Le husky en question n’était pas promené par sa propriétaire, mais par l’ami de sa fille. Ce qui, aux yeux de la loi, ne change rien car «toute personne ayant la garde d’un chien est considérée comme détenteur».

Antécédents

Avant de s’en être pris mortellement à «Charly», le chien avait déja agressé à au moins deux reprises des congénères sur ce site. «Laïa», une chihuahua, a été grièvement blessée le 30 juillet dernier. Opérée en urgence pour de graves lésions à l’abdomen, elle a pu être sauvée. «J’en tremble encore quand je repense à la façon dont il s’est acharné sur ma chienne. Heureusement, mon compagnon était là et a réussi à le maîtriser à grands coups de pieds,» confie, émue, Maria Alonso, maîtresse de «Laïa». Quant au jeune homme qui promenait le husky, il explique qu’il n’a pas eu le temps de faire demi tour. De son avis, il a essayé de gérer au mieux.

Dans cette affaire, les deux parties ont leurs torts respectifs. Il n’en reste pas moins que cet accident était évitable et que «Charly» en a payé un lourd prix.

Sylvie Ruffet

L’avis de véronique andersson, éleveuse de husky

Eleveuse et éducatrice canine, Véronique Andersson est bien sûr au courant de ce drame. A son avis, le husky a eu une réaction qui correspond au caractère de sa race. «Ce sont des chiens primitifs avec un instinct de chasse très marqué. Ils peuvent considérer les petits chiens comme des proies, dit-elle. Ce sont des chiens de meute et de sport qui ont besoin de travailler quotidiennement. Ils ne devraient pas être pris comme chien de compagnie, cela revient à les dénaturer.» Selon elle, «pour leur équilibre, ils ont impérativement besoin de vivre avec au minimum un congénère. Dans ce cas précis, le chien n’a probablement pas été sociabilisé petit. En participant à des classes «chiots», cela lui aurait permis d’apprendre à ne pas les considérer comme des proies. Je regrette la psychose qui règne suite à cette affaire, et je précise que le husky n’a aucun instinct agressif envers l’humain».


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