03.01.2018, 00:01

Une pétition pour aider les sans-abri

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Amanda Schwander estime qu’il faut ouvrir une salle pour éviter que les sans-abri passent leurs nuits à la gare.

 03.01.2018, 00:01 Une pétition pour aider les sans-abri

Par marie-christine.fert@lacote.ch

NYON Une habitante souhaiterait la mise à disposition d’un local pour soutenir cette population marginalisée.

«Quand je parle avec eux, ils sont toujours dans l’angoisse de ne pas savoir où ils vont dormir le soir!» Amanda Schwander(1) a l’habitude de côtoyer les sans domicile fixe qui fréquentent le hall de la gare de Nyon à la recherche d’un peu de chaleur. Des déracinés aux trajectoires difficiles, qui trouvent souvent refuge dans l’alcool et...

«Quand je parle avec eux, ils sont toujours dans l’angoisse de ne pas savoir où ils vont dormir le soir!» Amanda Schwander(1) a l’habitude de côtoyer les sans domicile fixe qui fréquentent le hall de la gare de Nyon à la recherche d’un peu de chaleur. Des déracinés aux trajectoires difficiles, qui trouvent souvent refuge dans l’alcool et que la jeune femme a appris à connaître et à aider. Tout ça dans la mesure de ses moyens, puisqu’elle est à la recherche d’un emploi de coiffeuse. Sur le site Facebook de «T’es de Nyon si...», elle avait lancé l’idée d’une pétition pour demander aux autorités qu’un local soit mis à la disposition des démunis. Une idée qu’elle compte concrétiser constatant qu’une quarantaine de personnes s’étaient manifestées pour soutenir son action, en lui proposant même des habits, des couvertures, etc.

Un local pour se réchauffer et manger une soupe

«Ce qu’il faudrait, c’est un petit local où ils puissent se réchauffer, manger et dormir», précise-t-elle. Elle a autour d’elle une équipe d’amis qui seraient prêts à servir des soupes chaudes. «Il faut faire bouger les choses», martèle-t-elle.

Amanda Schwander n’est pas la seule à s’émouvoir de cette situation. Conseiller communal, Gustave Dutry était intervenu lors de la séance de l’assemblée délibérante de novembre dernier pour évoquer le cas d’un SDF qui dormait à la fontaine des Lavandières. Il avait interrogé la Municipalité sur les dispositifs qui peuvent être mis en place par les services sociaux. «Toutes les personnes sans abri, ou en besoin d’une aide sociale ou financière, ont la possibilité de s’adresser au Centre social régional où des assistants sociaux les orientent auprès des structures à même de répondre à leurs besoins vitaux. Il y a par exemple «Entrée de secours» pour les personnes dépendantes, ou «Le Relais», qui gère un foyer à Morges», répond la municipale Stéphanie Schmutz.

Ce centre régional qui s’occupe des 47 communes du District de Nyon tente d’apporter des réponses aux situations précaires. Les chiffres des demandeurs sont fluctuants d’un mois à l’autre. En octobre, une quinzaine de personnes connaissant des difficultés pour s’héberger avaient sollicité ce service social. Les profils sont variés, il peut y avoir une mère de famille qui a besoin d’un soutien en urgence comme une personne qui vit dans un camping, etc. Mais pas forcément des SDF.

Le service social de la Ville a engagé une réflexion

«Les SDF sont des personnes nomades, très mobiles, qui se déplacent de ville en ville et ne demandent aucune aide sociale sur la durée. Parfois, il s’agit d’individus sans papiers ou de requérants d’asile déboutés», observe la socialiste Stéphanie Schmutz. Laquelle rappelle, au passage, qu’il y a quelques années une étude avait démontré que la ville de Nyon n’était pas concernée par la présence de SDF, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

Visiblement, les autorités ont pris conscience de cette problématique puisque Stéphanie Schmutz mentionne qu’une réflexion est engagée entre le service de la commune en charge de l’enfance, du logement et de la cohésion sociale (Solec) et l’association Le Relais.

Toujours est-il que pour Amanda Schwander, il faut faire vite: l’hiver est encore long!

(1) Il est possible de contacter Amanda Schwander via sa messagerie personnelle sur Facebook.

Collaboration commune de Morges et armée du salut

A Morges, l’hébergement d’urgence des personnes à la rue fonctionne sur la base d’une collaboration entre la Ville de Morges et l’Armée du salut locale. La commune paie, à ce titre, 18 000 francs annuels pour la mise à disposition de deux chambres dans le nouveau centre salutiste, inauguré en 2012 sur la rue Centrale.

«Cette structure fait souvent le plein, elle accueille des Morgiens mais aussi des gens de passage», explique Sylvie Podio, municipale responsable du dossier. A noter que le dispositif, adopté par le Conseil communal en 2011, est complété par une offre de logements de transition, en partenariat avec l’association Le Relais, alors que le Centre social régional place, bon an mal an, 30 à 40 personnes dans des hôtels de la région.

Avant d’opter pour la solution que représente l’Armée du salut pour l’hébergement des SDF stricto sensu, «la Municipalité a étudié la variante de l’accueil en abri PC, écartée, au final, en raison de l’insuffisance de la demande potentielle», poursuit Sylvie Podio.

En l’attente des chiffres de l’année écoulée, les deux chambres, «certains jours suroccupées», de l’Armée du salut ont totalisé 683 nuitées en 2016, en hausse de 37% par rapport à 2015, selon le rapport de gestion de l’exécutif morgien. mr


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