Expulsion d'un réfugié: Pierre Maudet estime avoir suivi la loi

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Asile Le conseiller d'Etat genevois Pierre Maudet est très critiqué depuis le renvoi d'un Erythréen et de sa famille alors qu'un arrêt du Tribunal administratif fédéral a confirmé ce renvoi. La personne avait obtenu un droit d'asile en Italie. Les conditions du renvoi vers ce pays voisin ont été jugées inhumaines par des personnalités de droite comme de gauche.

  16.03.2016, 13:32
Pierre Maudet, accusé par des personnalités de droite comme de gauche, d'avoir renvoyé une famille d'Erythréens dans des conditions inhumaines.

L'expulsion vers l'Italie d'un réfugié érythréen, vivant avec sa femme et ses deux fillettes dans un foyer à Anières (GE), a fait des vagues au bout du lac. Le conseiller d'Etat Pierre Maudet, en charge de la Sécurité, estime avoir tout fait dans les règles.

Dans un arrêt du 4 janvier, le Tribunal administratif fédéral (TAF) a confirmé le renvoi du père de famille qui avait déjà obtenu l'asile en Italie en 2009, mais qui avait rejoint sa famille en 2014 en Suisse, où elle a obtenu le statut de réfugiée. La décision du TAF était "définitive et exécutoire", explique le magistrat libéral-radical mercredi dans un entretien à la Tribune de Genève et 24 Heures.

S'il ne "commente pas de cas particuliers", le conseiller d'Etat entend rectifier "la présentation partiale et partielle des faits". Le départ "s'est passé sans heurt". "La dimension de contrainte est assumée afin d'assurer que la réadmission par l'Italie puisse se faire jusqu'au bout." L'heure, vendredi à 4 heures du matin, dépend de l'heure des réadmissions à la douane de Chiasso, soit 10h30.

M. Maudet avait rendez-vous à Berne en février. Il affirme avoir alors "esquissé précisément, mais sans citer de nom, la piste de la 'relocalisation'", un programme évoqué par la Confédération pour soulager l'Italie et la Grèce. Selon lui, la réponse a été négative. Elle l'a été aussi à la question de revenir en arrière dans un dossier sur lequel le TAF avait statué.

Sensible à l'émotion

Le canton peut proposer une demande de permis humanitaire, "mais la Confédération dispose". "Je me discréditerais en faisant une telle demande alors qu'un arrêt du TAF est en force", justifie le magistrat. Et de préciser: "Dans chaque cas, afin de garder la confiance de la population, je dois trouver un équilibre entre la protection des personnes, le respect du cadre légal, l'égalité de traitement et les valeurs humaines fondamentales."

L'épouse de l'Erythréen est enceinte de leur troisième enfant. Le Centre social protestant de Genève, qui a défendu ce réfugié, juge son renvoi inhumain. Il avait lancé une pétition contre son expulsion qui a été signée par 2500 personnes, dont des personnalités de droite comme de gauche. "Je suis conscient de l'émotion forte que cela peut provoquer et y suis moi-même sensible", relève M. Maudet.

 

ATS

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