09.08.2019, 14:11

Genève: des temples pour les sans-abri

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Des lits de camp sont installés dans le temple de la Fusterie, à Genève.

Précarité A Genève, un collectif d’associations a mis en place un dispositif d’accueil des sans-abri la nuit qui fonctionne toute au long de l’année. Trois dortoirs sont pour le moment proposés aux SDF, dont deux dans des temples appartenant à l’Eglise protestante.

Le temple de la Fusterie, à quelques encablures du quartier des banques, a ainsi été équipé de 30 lits de camp. Il en a été de même du temple de Châtelaine, à Vernier (GE). «Il s’agit de tendre la main aux plus démunis», a expliqué vendredi Valérie Chausse, la codirectrice des finances de l’Eglise protestante de Genève.

D’autres temples prendront ensuite le relais. Le dispositif sera en effet itinérant, avec l’idée de protéger le voisinage des nuisances et d’éviter de possibles oppositions dans les quartiers. L’Armée du Salut, de son côté, met à disposition dans ses locaux quinze lits qui sont réservés uniquement aux femmes.

Le dispositif sera complété, en septembre, par l’ouverture d’un «sleep-in» de quinze places pour les sans-abri consommant des drogues. Une halte de nuit pouvant accueillir 80 personnes sera aussi créée. Elle offrira aux SDF, une fois l’obscurité tombée, un havre sécurisé. Ils pourront aussi se confier à des oreilles attentives.

Accueil inconditionnel

Les «sleep-in» à l’année qui ont été mis en place ne doivent pas être confondus avec des hébergements d’urgence. Les prestations sont basiques. Il n’y a pas de petits-déjeuners, de repas ou d’accompagnement social. Le cadre est souple et les règles peu nombreuses. L’accueil est inconditionnel.

On estime que le nombre de sans-abri à Genève s’élève entre 400 et 1000 personnes, a rappelé Alain Bolle, le directeur du Centre social protestant. La Ville de Genève s’est bien saisie du problème. Elle ouvre depuis des années des locaux de la protection civile pour les plus précarisés, mais cette aide n’est proposée que durant l’hiver.

Lorsque les températures sont plus clémentes, les sans-abri se retrouvent souvent livrés à eux-mêmes. Une situation que les associations caritatives dénoncent depuis longtemps. Réunies en collectif depuis peu, elles ont décidé d’agir, notamment en faisant pression sur le monde politique.

En avril, elles avaient, au cours d’une action spectaculaire, installé 200 tentes sur la plaine de Plainpalais, au cœur de la cité, pour sensibiliser la population à la question. Elles avaient ensuite ouvert, dans l’urgence, une halte de nuit provisoire qui avait très vite accueilli une centaine de personnes chaque soir.

La Ville de Genève avait répondu en débloquant des fonds pour financer des places d’accueil nocturne pour les sans-abri. Jusqu’à la fin de l’année, «nous disposons ainsi d’un million de francs», a relevé M. Bolle, qui, outre la direction du Centre social protestant, assure la présidence du collectif d’associations.

Recherche d’argent

Pour pouvoir faire fonctionner le dispositif, il faudra toutefois encore trouver 600 000 francs. «Nous avons approché le canton, les autres communes, et des fondations privées», a noté M. Bolle. Ce dernier a déploré que jusqu’à aujourd’hui, seule la Ville de Genève se soit vraiment mobilisée pour venir en aide aux sans-abri.

Les besoins sont pourtant grands. Le Temple de la Fusterie a ouvert il y a une semaine et il affiche complet depuis trois jours. Il a accueilli 70 personnes différentes. Le dispositif d’accueil à l’année sera loin d’être suffisant, mais il permettra au moins d’identifier les besoins quartier par quartier.

Le collectif d’associations à l’origine du dispositif d’accueil est composé du Bateau Genève, du CARE, de Caritas Genève, du Centre la Roseraie, du Centre social protestant, d’Espace Solidaire Pâquis, de Première Ligne et de l’Armée du Salut.

ATS

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