Genève: le videur d'un bar pète les plombs et tue un client

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Drame En 2015, le videur d'un bar genevois, en altercation avec un client, a mortellement frappé ce dernier. Le sexagénaire revient lundi sur son acte devant la justice, ainsi que la veuve de sa victime.

  30.01.2017, 18:58
Le videur était champion du monde de full-contact.

Accusé du meurtre d'un client qu'il a frappé à plusieurs reprises au visage, un videur de bar comparaît depuis lundi devant le Tribunal correctionnel de Genève. La victime avait lourdement chuté au sol et était dans le coma jusqu'à son décès neuf mois plus tard, à 43 ans.

Le videur, âgé de 59 ans et ancien champion du monde de full-contact, ne s'explique pas pourquoi il a "pété les plombs" le 25 septembre 2015, vers 22h00. La patronne de l'établissement lui a demandé de faire sortir un client agité. "Il m'a insulté dès que je lui ai demandé de sortir. Il me poussait, me provoquait. C'est une accumulation de choses", a-t-il indiqué aux juges.

Surnommé le "papy", le prévenu travaille depuis 40 ans comme videur à Genève. Aux juges, il a dit s'être senti responsable quand ce client, qu'il décrit comme aimant faire la fête, en dérange d'autres: il l'a laissé monter dans le bar contre l'avis d'un collègue. "Je n'avais aucune intention de le frapper, je suis entré dans son jeu." Selon lui, l'homme n'était pas dans son état normal.

Il parvient à le maîtriser dans l'ascenseur. En bas, il lui assène un coup de tête entre le menton et le nez, puis deux coups de poing au visage enregistrés par des caméras de vidéo-surveillance. Mais il nie lui avoir donné un coup de poing au ventre. La victime se penche en avant puis tombe en arrière, "droit comme un bout de bois". Sa tête heure violemment le sol. "J'ai tout de suite compris que c'était grave."

"Rien de plus dramatique"

Le videur admet n'avoir jamais frappé quelqu'un comme ça en dehors d'un ring: "Je n'ai pensé à rien. Je voulais qu'il arrête de m'insulter, de me provoquer." Mais il n'a aucune explication ni excuse: "Je le dis et le redis: je n'aurais pas dû le frapper." "Il n'y a rien de plus dramatique que cela. S'excuser ne va pas le faire revenir", a-t-il regretté.

Aux questions de la procureure, il répond avoir versé l'argent gagné en travaillant en prison à sa compagne et non à la famille de la victime car on ne le lui a pas demandé. S'il n'est pas opposé à suivre une psychothérapie qui lui permettrait de comprendre la violence de sa réaction, il estime ne pas en avoir besoin. "Les deux psychiatres qui m'ont vu ont dit qu'il n'y a rien à changer en moi."

Retrait thérapeutique

Séparée du prévenu par un paravent, la veuve a décrit, dans l'après-midi, l'état dans lequel a retrouvé son mari aux soins intensifs. Il était dans le coma et n'en est plus jamais sorti. Les médecins l'ont opéré du volet crânien, à deux reprises. "Mon mari a énormément souffert de crises neurovégétatives", a-t-elle précisé. Les médecins ont constaté de graves lésions cérébrales irréversibles.

Huit mois après le drame, l'hôpital optait pour le retrait thérapeutique. Mais l'épouse a été est tenue à l'écart de cette décision, alors qu'elle rendait visite à son mari tous les jours. Selon les médecins, le quadragénaire devait mourir dans la semaine; il n'est mort que cinq semaines plus tard.

Dès le jour de l'agression, l'épouse a dû apprendre à tout gérer et à s'occuper seule de leurs deux filles. "Je suis brisée, très fatiguée. J'ai dû changer de vie, chaque jour est un combat", a-t-elle déclaré. Son mari, qu'elle connaissait depuis 23 ans, lui manque "terriblement". Selon le parrain des deux filles, le drame a détruit beaucoup de vies, à commencer par celle de son ami.

 
ATS

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