22.05.2019, 08:46

Affaire S3: légèreté du Conseil d’Etat vaudois fustigée

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Pascal Jaussi, fondateur et CEO de la société Swiss Space Systems, n'aura pas réussi à éviter la faillite de son entreprise, qui avait bénéficié d'aides cantonales.

Vaud L’affaire Swiss Space Systems (S3) a suscité un début de polémique mardi au Grand Conseil vaudois. La gauche a critiqué l’absence de Philippe Leuba et s’est interrogée sur le travail de la commission de gestion. Le débat reprendra le 25 juin.

Fait rare, la Commission de gestion (COGES) a consacré un rapport séparé à S3 dans lequel elle fustige la légèreté du Conseil d’Etat dans l’affaire. Pour rappel, la société basée à Payerne ambitionnait de lancer des minisatellites et d’organiser des vols en apesanteur. Peu avant de faire faillite, elle avait obtenu un montant de 500 000 francs prélevés sur le fonds de lutte contre le chômage.

Les députés se sont interrogés sur la manière dont cet argent avait été accordé. «Je retiens que l’argent est bien arrivé dans la poche des employés», a relevé Jessica Jaccoud (PS), Mais celle-ci conserve «un goût amer» sur la «légèreté» avec laquelle le sujet a été traité par le Département de l’économie de Philippe Leuba.

Philippe Leuba absent

Plusieurs élus se sont demandé s’il était judicieux de discuter de ce sujet en l’absence du conseiller d’Etat. Espérant couper court à toute polémique, la présidente du gouvernement, Nuria Gorrite, a rappelé qu’il n’est pas d’usage que les conseillers d’Etat participent au débat à ce stade, mais qu’ils seront présents, in corpore, lors des discussions agendées le 25 juin.

L’annonce n’a pas calmé les esprits. Pour Jean-Michel Dolivo (Ensemble à Gauche), ce cas est un exemple du «réseau de copinage» au sein du PLR. «On relève un certain laxisme dans le traitement de ce dossier. J’aimerais pouvoir entendre le chef de Département», a insisté Vassilis Venizelos (Verts).

La droite (PLR et UDC) a refusé de reporter le débat d’une ou deux semaines, pour permettre un examen serein. Le débat aura lieu le 25 juin et concernera l’ensemble des observations de la commission.

Coges sur le gril

Quelques députés, comme Jérôme Christen (Alliance du Centre), se sont ensuite demandé si la Coges avait réellement pu faire son travail correctement: «A-t-elle pu avoir l’entier des documents entre les mains ? A-t-elle pu aller au bout de sa réflexion ?», a lancé, dubitatif, Yves Ferrari (Verts).

Hugues Gander (PS), le président de la commission, a reconnu qu’il n’avait pas eu connaissance du mail qui résume les raisons pour lesquelles la Banque cantonale Vaudoise (BCV) a refusé de soutenir S3. «Pourquoi la Coges n’a pas tout reçu ?», a insisté M. Ferrari. «Est-ce que des choses sont cachées ?».

La somme en jeu n’est pas énorme, a reconnu Didier Lohri (Verts), mais ce sont des questions de principe. Par 67 voix (PLR et UDC principalement) contre 39 et 12 abstentions, le plénum a voté une motion d’ordre émanant du PLR et qui demandait d’arrêter là ce débat. Nul doute qu’il reprendra de plus belle le 25 juin.

ATS

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