Deal de rue: Vaud mise sur une nouvelle approche

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Drogues Le canton de Vaud veut intensifier et mieux coordonner sa lutte contre la consommation et le trafic de drogues. Trois conseillères d’Etat ont présenté mardi à Lausanne une stratégie globale et transversale contre le deal de rue, axée sur la prévention, le sociosanitaire et la formation pour accompagner le volet répressif.

 14.09.2021, 14:51
"La répression seule ne suffit pas", a déclaré devant la presse la ministre chargée de la sécurité Béatrice Métraux.

«La répression seule ne suffit pas», a déclaré devant la presse la ministre chargée de la sécurité Béatrice Métraux. «C’est pourquoi nous mettons en place un plan d’action dont le maître-mot est la pluridisciplinarité», a-t-elle annoncé.

Le canton veut mettre davantage l’accent sur la demande, soit la consommation, tout en continuant à agir sur l’offre, soit la vente et le trafic de drogue.

Le Conseil d’Etat est persuadé qu’il est «illusoire d’espérer une diminution accrue de l’offre si l’on ne parvient pas à agir sur la demande».

Trois départements vont donc mieux se coordonner pour prendre encore plus à bras-le-corps cette problématique de santé publique qu’est l’addiction à des produits stupéfiants: ceux de la sécurité (DES), de la santé (DSAS) et de la formation (DFJC).

Coût de 10 millions sur cinq ans

Après deux ans de travaux, cette nouvelle politique publique de lutte contre le deal de rue se veut «ambitieuse et fédératrice», ont dit les trois membres du gouvernement vaudois. 

Cette stratégie s’inspire d’expériences «positives» dans d’autres cantons, notamment Berne et Zurich. Elle s’intègre dans la politique des quatre piliers de la Confédération (prévention, thérapie, réduction des risques et répression), ont-elles rappelé plusieurs fois.

Ce plan d’action est prévu sur cinq ans (2022-2026) pour un coût total de 10 millions de francs (2 millions par an).

Parmi la douzaine de mesures, une des plus emblématiques est un dispositif de surveillance du marché des stupéfiants, appelé «Drug Checking». Il s’agit d’un projet-pilote d’analyse des substances des drogues (qualité, composition, coupage, etc), notamment sur celles de synthèse, pour évaluer leur dangerosité et informer sur les risques.

«Laboratoire de poche»

L’idée est de cibler des lieux de fêtes – festivals, rave-party, etc – afin de proposer aux consommateurs d’analyser sur place les produits qu’ils s’apprêtent à utiliser avec un «laboratoire de poche» composé d’une lampe de poche high-tech connectée à une tablette de la taille d’un smartphone.

Cet appareil «NIRLab», développé par l’Ecole des sciences criminelles de l’Université de Lausanne, doit permettre d’augmenter le nombre d’analyses des produits stupéfiants et livrer rapidement leurs résultats à des fins préventives (dangerosité des produits) ou policière (remontée des filières).

Cette surveillance des drogues doit également permettre d’accélérer les enquêtes judiciaires en identifiant immédiatement l’ensemble des produits stupéfiants saisis sur les lieux, de faire des comparaisons avec d’autres produits séquestrés dans d’autres villes ou cantons.

«Ce monitoring à long terme va nous aider à mieux suivre l’évolution de l’organisation et de la structure du marché de la drogue», a expliqué Mme Métraux.

Interdiction de périmètre

Parmi les autres mesures phares figurent le renforcement de la prévention en milieu scolaire, la création d’une plateforme cantonale permettant de repérer les jeunes en situation de vulnérabilité, une collaboration renforcée entre la police cantonale et l’Office du médecin cantonal (OMC) ou encore le renforcement des effectifs de la Division flagrant délit de la police cantonale avec deux nouveaux postes.

Le canton va aussi introduire une interdiction de périmètre pour les dealers arrêtés afin de réduire leur présence dans l’espace public. Dans un premier temps, elle sera signifiée verbalement pour 24h puis, si elle n’est pas respectée, par écrit jusqu’à trois mois au maximum avant une dénonciation et une amende.

Le marché vaudois de la drogue est «extrêmement lucratif», a rappelé Mme Métraux. Son chiffre d’affaires annuel se monte à 80 millions de francs en moyenne.

Quelque 3,5 à 5 tonnes de cannabis sont consommées chaque année par 25 000 à 35 000 individus. La cocaïne suit avec 500 kg par an (14 000 consommateurs) et l’héroïne avec 200 kg par an (2000 consommateurs).

ATS

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