Lausanne: migrants à Saint-Laurent, le Collectif R n'obtempérera pas à l'ultimatum

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Les membres du Collectif R et les six migrants, qui occupent depuis huit mois la salle paroissiale de l'Eglise de Saint-Laurent à Lausanne, ne quitteront pas les lieux, malgré l'ultimatum qui tombe samedi 8 heures.

  30.10.2015, 15:52
Cela fait plus de 8 mois que le Collectif R et les six migrants occupent la salle paroissiale de l'Eglise de Saint-Laurent à Lausanne.

Le Collectif R et les six migrants, qui occupent depuis huit mois la salle paroissiale de l'Eglise de Saint-Laurent à Lausanne, refusent de quitter les lieux. Ils n'obtempéreront pas à l'ultimatum lancé par le Conseil synodal de l'Eglise réformée vaudoise pour samedi 8 heures.

"Nous retournons l'ultimatum à son expéditeur", a déclaré vendredi Michaël Rodriguez, membre du Collectif R. "Nous restons cependant ouverts à toute proposition constructive, nous sommes prêts à l'étudier."

Menaces évidentes

Contrairement à ce que prétend le Conseil synodal, les migrants "sont plus menacés que jamais", a poursuivi le responsable. Le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) a refusé les demandes de réexamen des dossiers qui ont été soumises. Et "l'on sait que les recours seraient voués à l'échec."

Alors que l'Eglise protestante propose de mettre à disposition des cures pour accueillir des Réfugiés et demande l'aval de l'Etat, elle nous intime dans le même temps l'ordre de quitter une salle paroissiale, a dénoncé Michaël Rodriguez. Il a appelé l'Eglise "à plus de courage et moins d'à-plat-ventrisme" en se demandant si les résultats des élections fédérales sonnaient désormais "jusqu'au sommet des clochers".

Ultimatum hypocrite

A ses côtés, le député Jean-Michel Dolivo (La Gauche), membre du collectif, a fustigé un ultimatum "hypocrite" qui permet à l'Eglise de se "défausser" de ses responsabilités. La manoeuvre vise, selon l'avocat, "à offrir sur un plateau au Conseil d'Etat la possibilité de pratiquer des renvois forcés". Les migrants seront mis à l'EVAM sur "un lit éjectable, c'est ça qui est en jeu avec cet ultimatum."

Jean-Michel Dolivo a appelé le Conseil d'Etat "à ne pas mettre en oeuvre de mesures de contrainte". Selon le collectif, la situation des migrants est plus dramatique que jamais et les permanences d'accueil sont "débordées". "Les cantons se taisent sur l'asile et le SEM se moque éperdument des cantons", a affirmé Michaël Rodriguez en dénonçant avec force les menaces de renvois en Hongrie où les conditions sont "terribles."

Occupation plus tolérable

Le centre paroissial sert de refuge à six migrants. Deux d'entre eux sont sortis de la procédure Dublin après avoir dépassé le délai imparti et sont au régime ordinaire, ce qui ne signifie pas qu'ils ont été admis. Ces deux personnes restent néanmoins à Saint-Laurent, refusant d'aller dans "les bunkers" de l'Etablissement vaudois d'accueil des migrants (EVAM).

Lundi dernier, le Conseil synodal de l'Eglise évangélique réformée du canton de Vaud a lancé l'ultimatum, faute de quoi plainte serait déposée. "L'occupation n'est plus tolérable", affirme-t-il, en soulignant notamment que chaque réfugié pourrait disposer d'une place à l'EVAM.

ATS

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